TEMPÉRATURE MOYENNE
OJ
LIEUX
Ile Melville....
Port- Franklin.
Stockholm ... .
Varsovie
Copenhague...
Edimbourg.. ..
Genève
Bruxelles
Londres
Paris
Venise
Marseille
JVaples
Gap de Bonne- Espérance.. .
Canton
Macao
S. -Louis (Sénégal)
Calcutta
Batavia
Madras
Masfaona ( Abyssinie ). ...
ta
Ce second tableau donne quelques maxima et quelques minima de température observés dans divers lieux de la terre. Maxima de température. Minima de température.
LIEUX
Esné (Egypte)
Bassora ^Mésopotamie)
Moscou
Pétersbourg
Port-Élisabeth
Amérique du Nord..
Ile Melville
LIEUX
Montpellier
Paris
Pétersbourg
Fort-Entreprise
Fort-Beliance
Bosckop (Laponie) .
Port-Élisabeth
M. de Humboldt, près les cataractes de l'Orénoque, a vu un sable granitique à gros grains couvert d'une belle végétation de graminées qui avait une température de 65°,2, tandis que celle de l'air n'était que de 29\6.
On a vu, en Egypte, la température du sol monter à 67°,5.
L'examen de ces tableaux donne une idée de la température moyenne d'un grand nombre de points du globe, situés à diverses latitudes ; ils prouvent encore un fait qui pourrait être appuyé sur un beaucoup plus grand nombre d'exemples, c'est qu'à latitude égale, les points situés dans le voisinage de la mer ont une température moyenne annuelle moins élevée.
Le tableau des maxima et des minima donne également une idée des extrêmes de température auxquels l'homme peut être soumis dans les lieux qu'il habite.
La plus haute température à laquelle il ait pu être exposé est celle d'Esné, indiquant +47°,4, et la plus basse constatée au Fort-Reliance par le capitaine Hach, lorsqu'il allait rejoindre Ross, fut de—56°,7. Il y a entre ces extrêmes 104° degrés de différence.
Il est un fait digne de remarque, c'est que dans les diverses localités du globe, les maxima de température diffèrent beaucoup moins entre eux que les minima. Il y a une grande analogie entre les premiers et beaucoup de différence entre les seconds.
A mesure qu'on s'élève dans l'atmosphère, l'air devenant de moins en moins dense, il y a moins de calorique rayonnant absorbé par ce fluide, et la température s'abaisse. Aux limites de l'atmosphère, le degré de chaleur doit peu différer de celui des espaces planétaires.
La température ne diminue pas régulièrement avec la hauteur : un certain nombre d'autres causes influent sur sa décroissance; telles sont en particulier la saison, le vent régnant et l'heure de la journée où on fait l'observation. La diminution de température ne suit donc nulle part une loi parfaitement uniforme. M. de Humboldt a donné les résultats suivants pour la décroissance sous l'équateur.
Iauteur.
Température moyenne.
Différence.
Température de l'homme.
La température de l'homme, prise avec grand soin à l'aide d'un thermomètre placé sous l'aisselle, peut être représentée par une moyenne de 57°, 50. — Celle de la bouche est un peu inférieure; elle est de 57° seulement. Les expériences beaucoup plus précises de MM. Becquerel et Breschet, faites à l'aide d'un appareil thermo-électrique, ont donné pour moyenne de la température intérieure des muscles 36°,75. — La température du tissu cellulaire sous-cutané voisin était de 4°,50 à 1°,25 en moyenne au-dessous de ce chiffre.
La température du biceps d'un homme, placé quelques minutes dans un bain à une température de -f- 49, s'est élevée seulement de 4/5 de degré.
Influence de la chaleur artificielle sur les animaux. — Avant d'exposer l'histoire de l'influence de la chaleur artificielle sur l'homme, il est utile de parler de quelques résultats curieux de physiologie comparée obtenus par M. Magendie.
Les animaux, soumis à une haute température, éprouvent : 4° une accélération notable de la circulation et de la respiration ; 2° une diminution trés-sensible du poids total du corps, diminution qui est plutôt le résultat de l'abondante perspiration pulmonaire que de celle de la peau ; 5° si la chaleur est prolongée, ils ressentent d'abord de la lassitude, se couchent, sont dans un état de souffrance et d'angoisse, et finissent par succomber au bout d'un temps variable, et qui dépend de la durée de l'expérience, du degré de la température et de la force de réaction des animaux.
Un autre résultat bien curieux, c'est que les animaux vivants, placés dans une haute température, s'échauffent dans tous leurs tissus à la fois, il est vrai, mais dans des limites assez restreintes et qui ne dépassent jamais 5 à 6° sans danger pour leur existence, tandis que les êtres privés de vie s'échauffent à la manière des corps inertes, c'est-à-dire de proche en proche, et dans une limite indéfinie.
Dans quelque température qu'ils soient placés, les mammifères ne peuvent dépasser 45 à 46°, et ils meurent tous avec les mêmes symptômes et les mêmes lésions anatomiques.
Ces lésions consistent dans une altération particulière du sang; ce fluide contenu dans les veines et les artères est devenu noir foncé, en partie incoagulable, plus liquide, la fibrine qu'il renferme est moins consistante et moins tenace qu'à l'état normal. Le résultat de cette altération du sang est de permettre à ce liquide de s'infiltrer dans les divers tissus. On trouve, en effet, à l'autopsie, le sang suintant à la surface des intestins, ou infiltrant les poumons, le foie et les reins.
Tous ces effets, obtenus dans une étuve disposée convenablement, et sous l'influence de la chaleur sèche, sont beaucoup plus caractérisés lorsqu'on agit avec la chaleur humide.
Influence du froid sur les animaux. — Lorsque les animaux sont soumis à l'influence d'un froid considérable, leur température peut s'abaisser, et cet abaissement est même possible dans des limites beaucoup plus étendues que l'élévation de température chez les mêmes animaux. Les conclusions auxquelles M. Magendie a été conduit à cet égard sont les suivantes :
1° Un animal plongé dans un milieu, dont la température est de 0 à 8°, pendant un temps qui ne peut excéder 5 minutes, subit un refroidissement qui peut descendre aux deux tiers de sa température normale ;
2° Cet abaissement de température continue de s'opérer d'une manière spontanée, après que l'animal a été retiré d'un milieu réfrigérant ;
3° Quand l'animal est abandonné à lui-même, sa température continue de s'abaisser jusqu'à, ce qu'on atteigne à peu près la moitié de sa température normale, et il succombe ensuite ;
4° Que si, au contraire, il est rechauffé, il peut être ramené à sa température propre, pourvu que son refroidissement n'ait pas atteint tout à fait la moitié de sa température normale.
MM. Becquerel et Breschet ont prouvé, par une expérience curieuse, que la suppression absolue des fonctions de la peau détermine rapidement un abaissement de la température intérieure et la mort. Dans une expérience faite sur un chien, dont la peau avait été couverte d'un enduit résineux, ils ont vu la mort survenir au bout de quelques heures, après un abaissement de température de 6° au-dessous du degré de chaleur normale.
-M 8 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE l'h\GIÈNE.
Influence de la chaleur sur l'homme.
Chaleur artificielle sèche. — Les phénomènes que détermine l'action de la chaleur sèche sur l'homme sont les suivants :
4° La circulation s'accélère, le pouls bat plus vite et plus fortement; la peau, d'abord sèche, rugueuse et comme parcheminée, ne tarde pas à se couvrir d'une sueur abondante ;
2° La respiration devient plus fréquente et finit même quelquefois par être anxieuse; il survient en même temps une augmentation notable de l'exhalation pulmonaire, qui proportionnellement est plus considérable que celle de la peau.
3° A ces phénomènes ne tarde pas à se joindre un certain degré d'excitation cérébrale, d'agitation, de malaise et de gêne.
L'équilibre de température, rompu par l'action de la chaleur, est rétabli par la perspiration cutanée et pulmonaire, de telle sorte que la température intérieure de l'homme ne s'élève que dans une proportion très-restreinte. J. Davy, dans ses expériences, a trouvé que la température des Européens, habitant l'île de Ceylan, dépassait à peine de 4° celle de l'homme habitant dans les régions tempérées.
La température des matelots, prise après le passage de la ligne (12° latitude S.), s'est trouvée de 4°,4> au-dessus de ce qu'elle était chez les mêmes sujets à l'instant du départ.
Chaleur humide. — La présence d'une certaine quantité d'humidité dans un air chaud réduit au minimum ou anéantit même presque complètement la sécrétion de la peau et celle de la muqueuse pulmonaire. Aussi l'homme supporte-t-il la chaleur humide beaucoup moins bien que la chaleur sèche, et est-il obligé de s'y soustraire, s'il ne veut voir des accidents graves se développer. M. Delaroche n'a pu supporter que 40 minutes un bain de vapeur porté de 37° à 54°. M. Berger a pu rester 42 minutes dans un bain de vapeur élevé de 44° à 53°.
Plus loin la respiration devient pénible, l'hématose est incomplète et l'asphyxie commence.
Influence du froid sur l'homme. — Le froid sec, et il l'est presque toujours dès qu'il est un peu intense, est bien supporté par l'homme, pourvu que l'abaissement de température ne soit
pas trop considérable. La perspiration cutanée est réduite au minimum; mais la muqueuse pulmonaire, par son abondante sécrétion, vient rétablir l'équilibre. L'hématose devient très-active, et il en résulte la production d'une quantité supplémentaire de chaleur animale, destinée à permettre à l'individu exposé à une basse température de résister au froid qui l'entoure. Malgré la production abondante de calorique, le degré de la température extérieure de l'homme ne varie pas sensiblement; l'excès est employé tout entier à neutraliser l'action du froid.