‹ Traité élémentaire d'hygiène, privée et publique (volume 2)Chapitre 56 sur 134 · NATURE, COMPOSITION DU SOL · texte numérisé non relu

NATURE, COMPOSITION DU SOL

La nature du sol et la composition des terrains qui le constituent rendent un compte suffisant des propriétés qu'il présente. On explique ainsi le pouvoir qu'il à d'absorber, de réfléchir ou d'émettre une quantité plus ou moins considérable de calorique, son humidité, la faculté qu'il a d'être couvert de végétation, la nature des plantes qui s'y développent, enfin la possibilité où il est d'être livré à la culture.

Nous ne pouvons entrer dans tous les détails géologiques que comporte cette question, et nous présenterons seulement le tableau des diverses espèces de terrains qui constituent le sol.

Tableau des terrains.

Alluvîons modernes.

Alluvïons anciennes.

Dépôts de la Bresse. Collines sub-apennines. ] Terrajn Sub-apennin

Gypse . . . j

Falhuns, molasse et nagelfue. Gypse d'Aix. . . | Terrain de molasse. Gypse parisien. Calcaire grossier. Argile plas- } Terrajn parisien.

tique j v

Craie blanche. Craie marneuse. . | Terrain crétacé supérieur.

Craie tuffeau. Craie verte- Grès vert. Dépôts . ét é inférieur<

néocomiens J

Groupe portlandien. Groupe corallien. Groupe ) nAnAta waseinupsi

oxlordien. Grande oolithe. Lias } Dépôts jurassiques.

Marnes irisées. Calcaires conchyliens. Grès ) Terrajn de trias.

Grès vosgien. Calcaire pénéen. Grès rouge . . | Terrain pénéen.

Grès houiller. Calcaire carbonifère. | Terrain houiller.

Vieux grès rouge. Grès divers. Schiste an- j Terrain siiuvien et cambrîen. thracieux y

Schistes micacés, Calcaires gneiss | Terrain stratifié et cristallin.

Terrains anciens inconnus.

Pour que la végétation puisse se produire , ces terrains divers ont besoin d'être couverts d'une couche de terre végétale dite humus, et qui est une combinaison de matières organiques avec un ou plusieurs de ces terrains, car tous ne sont pas aptes à être fertilisés.

La division la plus simple qu'on puisse admettre pour les terres arables et susceptibles de produire une végétation > est la suivante :

!Sols d'argile pure.

Argilo-sableux.

Sols de sable pur.

Sols sablo-argileux.

o» <mU .mMput ) Sols quartz™x > graveleux et granitiques.

'ux < Sols volcaniques.

Sols sablo-argilo-ferrugineux.

.Sols sablo-humifères (terre de bruyère). f Sables calcaires.

V Sols ra'raire* 1 Sols craYeux-

3 bois ca.caires < Solg tuffeux

\Sols marneux.

A" Sols magnésiens.

*• Sols humifères l Terrains tourbeux.

* bols numueres \ Terrains marécageux.

L'humus , ou produit de la décomposition des végétaux , se forme continuellement à la surface de la terre; il se mélange aux ■matières terreuses qui constituent le sol, et il est la cause principale de leur fertilité. Le sol des forêts est celui qui en contient le plus.

Telle est la composition du sol ; nous aurons plus d'une fois occasion de l'invoquer dans l'étude de l'hygiène et dans celle des règles hygiéniques. Un mot toutefois sur l'influence' que cette composition peut exercer sur le développement de certaines maladies.

Les contrées dans lesquelles régnent endémiquement les fièvres intermittentes se font distinguer par la nature argileuse de leur sol. C'est du reste cette nature argileuse qui contribue à déterminer la stagnation des eaux. La superposition de l'argile à

(0 Éléments principaux des sols :

l° Sable. Souvent c'est de la silice pure.

2° Argile. C'est un silicate d'alumine.

3° Calcaire. Carbonate de chaux.

4° Humus. Matière végétale décomposée, et surtout acide ulmique.

un terrain volcanique semble renfermer encore les conditions les plus favorables à la production des fièvres intermittentes. (Brocchi, etc.)

Dans les terrains calcaires, on ne remarque pas en général des maladies d'origine paludéenne. Ne jouent-ils pas ici un rôle autre que celui de s'opposer à la stagnation des eaux? L'Egypte est un vaste bloc calcaire , sur plusieurs points duquel les inondations du Nil viennent déposer des marnes argileuses» Or, d'après M. Boudin, c'est précisément dans les points où sont déposés par le fleuve ces marnes argileuses que sévissent les fièvres intermittentes simples, pernicieuses et la peste.

D'après le même auteur, c'est encore dans les localités dont le sol est argileux que se montre la fièvre jaune. Dans tous ces exemples, ce sont des maladies dues aux effluves marécageux des divers climats , et on est toujours en droit de se demander si ces masses argileuses n'agissent pas en favorisant la stagnation des eaux et en s'opposant à leur écoulement ou à leur filtration dans le sol.

D'après le docteur John M. Clelland , la fréquence du goitre dans l'Inde coïncide avec une constitution géologique spéciale du sol. Selon cet auteur, les lieux qui en sont affectés avoisinent les roches de calcaire disposées parallèlement le long des chaînes de schiste argileux. Les habitants de ces chaînes ne deviennent goitreux qu'autant que l'eau dont ils font usage provient desrochers calcaires.

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