‹ Traité élémentaire d'hygiène, privée et publique (volume 2)Chapitre 58 sur 134 · EAUX DOUCES · texte numérisé non relu

EAUX DOUCES

L'eau douce à l'état liquide existe sous deux états : celui d'eaux vives ou d'eaux courantes, et celui d'eaux stagnantes. Nous nous sommes occupé de ces dernières, et il est inutile d'y revenir ici.

Les eaux courantes prennent leur origine dans les pluies qui tombent à la surface du sol, dans les sources qui sortent du sein de la terre, dans les torrents descendus des lianes des montagnes, etc., et prennent le nom de fleuves, rivières, ruisseaux, suivant leur volume et leur quantité.

Les eaux courantes qui traversent un pays peuvent influer d'une manière différente sur les maladies qui s'y développent.

Tantôt, en effet, ce sont des eaux vives, qui présentent une grande inégalité dans leur quantité et, par conséquent, dans leur niveau , aux diverses époques de l'année. Semblables à un torrent et tout à fait courantes dans la saison des

pluies, elles diminuent et sont presque à sec en été, et elles laissent sur leurs bords des plaines à demi couvertes d'eau , à demi desséchées, et qui sont autant de foyers d'effluves marécageux. Pour soustraire une contrée à de telles inlluences , il faut ou creuser le lit du fleuve ou du torrent, ce qui est la plupart du temps impossible, ou l'endiguer. C'est ce dernier moyen, employé sur une large échelle, qui a permis par exemple d'assainir les localités riveraines de la Loire , jadis si marécageuses , et qui actuellement le sont infiniment moins. A l'embouchure des grands fleuves, tels que ceux des Indes, de l'Amérique, etc., on ne peut éviter ces plaines marécageuses ; il faudrait des travaux surhumains, et sacrifier des milliers d'ouvriers pour aboutir à bien peu de chose, et ces plaines seront bien longtemps encore l'origine d'accidents paludéens variés et très-graves.

D'autres fois ce sont des courants d'eaux vives, endigués ou contenus dans un lit naturel, avec des bords plus ou moins escarpés et s'opposant aux débordements annuels : ces eaux sont, en général, très-favorables à la salubrité d'un pays; elles y entretiennent une fraîcheur convenable, favorisent la végétation, permettent les progrès de la culture et contribuent à son aisance. C'est, en général, sur le bord des fleuves, des rivières, des ruisseaux que sont placées les grandes et les petites villes, les villages, et toute espèce d'habitations agglomérées ,• les habitants y trouvent un climat plus constant, des moyens de transport plus faciles, de l'eau à profusion pour les besoins delà vie. Il n'y a qu'une seule chose sur laquelle le médecin puisse être appelé à donner son avis : c'est de savoir si les habitations placées tout à fait dans le voisinage de l'eau ou sur l'eau même, sont beaucoup plus humides que celles situées à une certaine distance. L'influence de cette humidité est incontestable sur le développement et les récidives des affections rhumatismales, et, en pareil cas, elle doit engager à éviter la trop grande proximité des eaux.

Les eaux peuvent s'accumuler dans des réservoirs plus ou moins vastes, et former des lacs ou desétangs. La plupart du temps, ces lacs, ces étangs sont entourés de marécages, et il a déjà été longuement question de leur influence; il ne reste donc plus que peu de chose à dire de ces réservoirs plus ou moins considérables, lorsqu'ils ne sont pas entourés de marais , ce qui, du reste, est le cas le moins fréquent.

Lorsque ces réservoirs sont profonds et sans marécages à l'entour, la conséquence pour une localité est une humidité et une fraîcheur habituelles ; les étés sont moins chauds, les hivers moins rudes ; il n'y a pas des extrêmes de température aussi caractérisés. L'influence est donc bonne sur la santé générale de l'homme ; elle favorise toutefois la production des rhumatismes.

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