EAUX DE MER
A l'époque actuelle, il existe à la surface du globe deux grands continents et de nombreuses îles. Les terres en forment à peu près le quart, les mers et les lacs intérieurs les trois quarts. Il existe une beaucoup plus grande quantité de terres au Nord qu'au Midi; pour les mers, c'est l'inverse.
Profondeur des mers. — La profondeur des mers est très-variable. On donne, en général, à l'Océan atlantique une profondeur moyenne de 4,000 mètres, et à l'Océan pacifique de 4,000 mètres. Ces mesures sont approximatives, car le fond de la mer présente autant d'inégalités que la surfaee de la terre. La profondeur des mers intérieures est beaucoup moindre.
La masse totale des eaux , à la surface de la terre , n'excède pas en moyenne une couche liquide qui aurait 1,000 mètres d'ér paisseur et qui couvrirait tout le globe. C'est tout au plus le 4/40 de l'écorce consolidée, ou bien le 4/6000 du rayon terrestre.
Température des mers. — La température de la mer est loin d'être toujours semblable, et il existe à sa surface une cause incessante de refroidissement, qui est due à l'évaporation continuelle qui s'y opère. En comparant la température de l'air à celle de la mer, à sa surface, on trouve qu'entre les tropiques la température de l'air est, en général, moins élevée que celle de la mer. Dans les régions tempérées, l'air est rarement plus chaud que la surface de l'eau. Dans les régions polaires enfin, on n'a pas d'exemple que l'air soit plus chaud que la mer; il est toujours plus froid.
(i) La superficie de la terre est évaluée à 5,100,000 myriamètres carrés. Celle des mers et des lacs , — à 3,700,O0(> —
Celle des terres et des îles , <- à i,4oo,ooo —
La température de l'eau de la mer diminue à mesure que la sonde qui porte le thermomètre à minima pénètre à une plus grande profondeur. Cette loi, que l'on n'avait pas cru jusqu'à ces derniers temps applicable aux régions polaires, est reconnue maintenant comme sans exception.
On peut attribuer cet abaissement de température du fond de la mer dans les régions tropicales à des courants sous-marins, qui portent l'eau froide des pôles vers l'équateur, et égalisent ainsi en quelque sorte la température des couches marines les plus profondes. Dans les régions polaires, la mer descend à 0° et au-dessous.
La température de la surface de la mer diminue de l'équateur aux pôles; il en résulte que dans les régions polaires, où les rayons solaires sont obliques et où régne une longue nuit de six mois, il existe une température inférieure à celle de la congélation de l'eau, et qu'il y régne un froid intense qui s'étend à une certaine distance autour des pôles. — Dans l'hémisphère nord, îa limite des glaces permet d'avancer vers le 79e ou 80e degré de latitude. Il n'en est pas de même dans l'hémisphère sud, et on a estimé approximativement que l'étendue des glaces australes était à peu prés de six fois plus considérable que celle des glaces du Nord. On ne peut, toutefois, donner ici un rapport parfaitement exact.
Composition de Veau de mer.— L'eau de mer, qui est colorée de diverses manières lorsqu'elle est en masse considérable, a une saveur salée, acre et saumàtre, due à des sels de différentes natures qu'elle tient en dissolution, et à la présence de matières organiques.
A sa surface, l'eau de mer contient, sur 4 litres 45 cent, en moyenne, à peu près 92 centilitres cubes de gaz à la pression de 76° degrés. Ce gaz est, en moyenne, un mélange de 14 centil. cubes d'acide carbonique, 26 d'oxygène et 52 d'azote, plus, un peu d'hydrogène sulfuré.
Les sels sont le chlorure de sodium, le chlorure de magnésium, qui rend l'eau amère, des sulfates de soude et de magnésie, et une petite quantité de carbonate de chaux et de magnésie. Parmi des analyses nombreuses que l'on possède, nous choisirons la suivante, duc à Marcel, et faite sur de l'eau de mer recueillie au milieu de l'Océan atlantique du Nord.
Eau, l kil. Sels dissous.
Chlorure de sodium 26,600 26,60
— de magnésium.. . 5,134 9,91
— de calcium 1,232 1,95
Suifate de soude 4,G60 4,66
Marcet y reconnut, en outre, du sel ammoniac, des iodures et des bromures de sodium et de magnésium, et une petite quantité de matières organiques.
La salure de la mer n'est pas, du reste, la même dans toutes les contrées. Ainsi, l'Océan atlantique est plus salé que l'Océan Pacifique. Elle varie, du reste, dans les divers points de l'étendue de ces vastes mers.
La salure diminue à mesure qu'on s'approche des régions polaires. Les glaces polaires sont de deux espèces ; les unes ne contiennent pas sensiblement de sels, les autres sont salées..
Marées.— Dans toute l'étendue des côles de l'Océan, en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique, la mer s'élève et s'abaisse audessus et au-dessous de son niveau moyen deux fois par jour. Ce même effet se renouvelle dans la mer des Indes, dans l'Océan Pacifique, dans l'Océan austral, et il constitue le flux et le rellux de la mer, qui s'effectue dans la courte période de douze heures en général. Ce grand phénomène physique est une des conséquences de la gravitation universelle, et provient de l'attraction delà lune et du soleil sur la masse des eaux qui recouvrent notre globe. Cette attraction change en quelques heures la figure de la mer et donne lieu aux mouvements réguliers et périodiques des flux et des reflux.
Atmosphère maritime. — L'atmosphère maritime se présente dans des conditions particulières. La pression barométrique qui existe à la surface de la mer varie, il est vrai, mais dans des limites moins considérables qu'à la surface de la terre ; la pesanteur de l'air y est un peu plus grande, et la raison en est que la plupart des localités habitées du globe sont à une hauteur plus grande que celle de la surface' des eaux. La température de l'atmosphère maritime , est, en général, beaucoup plus constante que celle des continents, et les saisons tendent bien davantage à s'égaliser; il y régne habituellement une certaine humidité, provenant de Tévaporation de Veau, et qui sature presque constamment l'air. C'est l'existence
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de cette évaporation incessante et de cette humidité habituelle, qui fait qu'à la surface de la mer les étés sont moins chauds et les hivers moins froids, effets qui s'observent surtout dans les climats tempérés.
La composition de l'air est sensiblement la même qu'à la surface de la terre; il existe toutefois quelques analyses, desquelles il résulterait que l'air, au-dessus de la mer, contiendrait un peu moins d'oxygène. Ce résultat s'explique par la solubilité de l'oxygène dans l'eau. Cette légère diminution , si elle est constante, est bien largement compensée par la pression plus considérable de l'air, et par son renouvellement facile et incessant, qui fait que l'atmosphère de la mer est, en général, d'une pureté parfaite, et qu'il n'y est jamais altéré par les causes nombreuses qui le modifient à la surface de la terre.
L'atmosphère maritime est continuellement imprégnée d'une certaine quantité d'humidité, chargée elle-même de particules salines. On s'explique facilement ce double résultat par le mouvement incessant des vagues , les courants d'air continuels qui agitent la surface de la mer ; enfin, par le mouvement des vaisseaux sur lesquels sont placés les observateurs, mouvement qui contribue encore à augmenter cette salure de l'atmosphère maritime qui existe alors surtout autour du. bâtiment.
Effets de l'atmosphère maritime. — Sur mer, la respiratioii s'effectue avec facilité et liberté. La pression assez considérable de l'atmosphère, la présence de courants d'air, qui déterminent un renouvellement plus facile et plus rapide de l'air, et par conséquent de l'oxygène, concourent à ce résultat. De plus, l'inspiration continuelle d'une humidité saline, qui est absorbée sans déterminer aucune action irritante sur les surfaces cutanée, pulmonaire et digestive, et sans qu'on en ait la conscience, peut modifier certaines constitutions, et contribuer, sinon à guérir, du moins à améliorer un certain nombre de maladies.
L'atmosphère maritime convient parfaitement aux individus à constitution faible, à chairs molles, à peau blanche et fine, â tempérament lymphatique ; souvent on voit, sous son influence, surtout si elle est longtemps prolongée, ces constitutions, ceé tempéraments s'améliorer, se modifier et finir quelquefois par présenter des conditions opposées. L'atmosphère maritime confient également très-bien aux tuberculeux et aux scrofuleux. Il