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CHAPITRE XIT

Bains.

L'usage des bains remonte à une haute antiquité, et semble la conséquence d'un instinct naturel à l'homme et qui le pousse à se plonger dans l'eau pour débarrasser la peau des impuretés qui ont pu s'y accumuler. Les premiers habitants du globe paraissent avoir occupé les pays chauds; aussi l'usage des bains a-t-il dû s'établir plus facilement dans des contrées où la haute température augmente la sécrétion cutanée et où le besoin de s'en débarrasser se faisait plus fréquemment sentir. Les bains sont tellement indispensables, que la plupart des religions antiques les ont recommandés comme obligatoires et qu'ils font partie de l'hygiène de tous les peuples.

Les bains dont on a d'abord fait usage consistaient dans de simples immersions dans les eaux naturelles. Plus tard on employa l'eau tiède.

Ainsi à Rome, au temps de la république, le peuple se baignait dans l'eau du Tibre, les bains tiédes étant seuls employés chez les riches. — Les grands personnages seuls, tels que Gicéron, Pline, avaient organisé des bains domestiques.

Les premiers bains publics sont dus à Mécène. Après lui, ils se multiplièrent, et le luxe le plus grand y fut déployé.

La disposition intérieure des bains des Grecs et des Romains était fort compliquée ; la voici d'après M. Motard :

« Le bâtiment se composait d'une suite de portiques entourant une cour par trois de ses faces ; la quatrième était complétée par un bassin destiné aux bains froids , baptisterium , assez grand pour permettre la natation ; un second bain froid, frigidarium, formé d'un second bassin placé dans une pièce fermée, formait l'entrée des autres bains. En quittant les autres bains, on se rendait toujours dans cette pièce pour y respirer un air frais. La salle des bains chauds, tepidarium, venait ensuite. Parmi les bassins qu'elle contenait, il s'en trouvait un fort grand, suffisant

pour recevoir plusieurs personnes, et dans lequel on descendait par des degrés de marbre; un de ses côtés offrait une série de gradins et un corridor, places destinées à ceux qui, ayant quitté le bain, venaient s'y livrer à la conversation. On trouvait plus loin les étuves : l'étuve humide d'abord, caliddm ou sudatorium, salle circulaire, semblable ô. nos bains de vapeur. Celle-ci s'élançait parle centre, et le pourtour était garni de gradins de marbre, tout le sol était chauffé , enfin, l'étuve sèche ou laconicum, renfermait un air sec, chauffé au moyen d'un grand poêle; une sorte de large bouclier d'airain, en s'éîevant ou en s'abaissant, diminuait ou concentrait la chaleur. A portée de tous ces bains, dans lesquels on passait successivement, se trouvait Yapodypter ou vestiaire; dans quelques gymnases grecs, la pièce destinée aux onctions huileuses et à garder le sable destiné aux athlètes, complétait cet ensemble. Enfin, venait Yhijpocaustum, ou la salle des fourneaux, où Ton faisait bouillir l'eau dans des vases d'airain, et d'où la chaleur se répandait par des conduits ménagés dans la construction même de l'édifice. Enfin, une foule d'esclaves étaient affectés au service de ces établissements; c'étaient les fricatores, qui frictionnaient la peau et la grattaient avec des spatules d'ivoire, appelées strigiles; les tractatores, qui pétrissaient les muscles ; lei alipilarii, qui épilaient le corps ; les unctores qui frottaient d'huile ou d'essences. »

L'usage des bains régna clans toute l'antiquité, et, de nos jours, les peuples de l'Orient ou du Midi ont conservé dans la construction de leurs bains des habitudes qui rappellent celles des Romains.— Les Egyptiens, les Arabes, les Mahométans des divers pays ont toujours donné un grand soin aux bains et aux établissements dans lesquels on les prenait.

Les peuples du Nord et des climats froids ont souvent recours a l'emploi des bains, mais ceux-ci sont fondés sur d'autres principes. Ils se placent d'abord dans des étuves chaudes, dont on porte quelquefois la température jusqu'à 50 ou 55°. Une fois que la sueur ruisselle de toute la surface du corps, on l'entretient quelque temps avec des frictions rudes ou des flagellations avec des branches de bouleau. La peau, une fois rouge, est aspergée d'eau froide ou même de neige ; après quoi on s'expose de nouveau à la chaleur; on repasse quelquefois ainsi plusieurs fois de suite de l'une à l'autre.

Dans nos climats tempérés, pendant le moyen âge, qui vit se perdre tant de bonnes coutumes et pendant lequel la civilisation recula, l'usage des bains se perdit en partie. A l'époque de la renaissance, il ne prit jamais nn développement considérable; et les pratiques si fréquentes, et si générales autrefois des bains tièdes et chauds, des étuves sèches et humides, ne reprirent jamais grande faveur; mais aussi un grand changement était survenu ; l'usage du linge de corps commençait à se répandre et remplissait une des fonctions dévolues au bain, celle d'absorber les produits de l'exhalation cutanée. — Depuis deux à trois siècles, l'usage des bains devient de plus en plus général, et le nombre des établissements publics qui y sont consacrés augmente d'année en année. C'est ainsi qu'à Paris, en 4832, il existait 78 bains publics, 2,374 baignoires fixes et 3,778 baignoires mobiles destinées aux bains à domicile. Il y avait, en outre, 22 bains froids sur la Seine.

Action des bains sur l'homme.

Pour bien apprécier l'influence des bains, il est utile de se reporter aux fonctions principales que la peau est destinée à remplir.

La première est l'exhalation cutanée, dont la quantité peut être évaluée en moyenne à 4,447 grammes par vingt-quatre heures.

Cette sécrétion se déposant à la surface de la peau s'évapore et laisse sur cette membrane un résidu solide formé par les sels et une matière animale. Ce sont ces produits que le linge de corps absorbe en partie, mais dont il reste toujours une petite quantité que les ablutions et les bains sont destinés à enlever. Dans beaucoup de maladies, ce résidu contient des matières morbifiques qu'il est également important de faire disparaître, ce que l'on ne peut encore effectuer qu'à l'aide des mêmes moyens.

La seconde fonction de la peau est la sensibilité tactile qui lui est départie, et qu'il est important de-conserver intacte en la préservant des souillures que le produit de l'exhalation cutanée laisse à sa surface, ainsi que des corps étrangers de toute nature qui peuvent s'y être attachés. C'est encore une fonction que remplissent les bains.

Nous pouvons maintenant examiner les effets des bains sur l'organisme, et, pour mettre un peu d'ordre dans cet exposé, nous diviseronsl'étudedeces effets en plusieurs catégories, que voici :

4° Suppression des effets physiologiques de l'air atmosphérique sur la peau ;

2° Contactd'un nouvel agent avec la peau, et modifications qui peuvent en résulter dans les fonctions d'exhalation et d'absorption de cette membrane ;

5° Effets de la température de ce nouvel agent;

4° Circonstances de pression, de densité, de composition qui sont exercées par ce nouvel agent.

I. Suppression de l'action de l'air atmosphérique sur la peau. On ne connaît pas bien les lois qui régissent l'absorption et

l'exhalation gazeuses qui se font à la surface de la peau, et l'espèce de respiration supplémentaire dont cette membrane est le siège. Il est incontestable cependant que cette fonction joue un rôle important dans l'organisme ; les expériences de M. Edwards sur les animaux inférieurs, et les accidents qui résultent de l'application sur la peau de plusieurs mammifères d'un vernis imperméable le prouvent suffisamment. On est donc en droit de se demander si un séjour trop prolongé dans l'eau, venant à modifier cette fonction, il ne peut en résulter quelque trouble pour la santé. C'est une question à examiner.

II. Contact d'un nouvel agent avec la peau et modifications qui peuvent en résulter dans les fonctions d'exhalation et d'absorption.

L'eau avec laquelle la surface cutanée est en contact est-elle absorbée par la peau, et vient-elle augmenter le poids du corps?

La quantité du produit de l'exhalation cutanée est-elle plus considérable que celle de Peau qui est absolue, et, au sortir de l'immersion dans l'eau, le poids de l'homme qui y était plongé a-t-il diminué ?

Enfin, l'absorption et l'exhalation se balancent-elles de manière que le poids du corps ne varie pas à la sortie du bain et qu'il reste ce qu'il était à l'entrée?

Ce sont des questions qu'il est important d'examiner, et à l'égard desquelles les opinions les plus divergentes ont été émises.

D'après Séguin, l'exhalation et l'absorption se balancent , de sorte que, dans le bain, le corps de l'homme ne gagne rien et ne perd rien.

D'après Lemonnier, Cruischank, Berger, etc., etc., l'homme plongé dans un bain y perd de son poids, de sorte que l'exhalation cutanée l'emporte sur l'absorption.

Selon Buchan, Falconner, Berthold, etc., il y a, pendant le bain, augmentation du poids du corps, et, par conséquent, prédominance de l'absorption sur l'exhalation cutanée.

Comment concilier des opinions si différente? Si on se rappelle les résultats auxquels est arrivé M. Edwards dans ses expériences sur les batraciens, on peut, par analogie, arriver à quelque conclusions utiles.

D'après Edwards, à 0°, l'absorption est active et l'emporte sur la transpiration ; le poids de l'animal augmente donc jusqu'à ce qu'il ait atteint une limite maximum, c^u'il appelle point de saturation. — A mesure que la température du liquide s'élève, l'absorption effectuée par l'animal diminue, et cette diminution est proportionnelle à l'élévation de la température. — A 50°, il y a déperdition et prédominance de la transpiration sur l'absorption. C'est ce qui est indiqué parle nuage qui se forme dans l'eau où l'on expérimente; nuage qui est produit par la précipitation de la matière animale exhalée.

Edwards a déduit de ces expériences et de quelques autres effectuées sur des animaux plus élevés dans l'échelle des êtres, qu'on pouvait admettre, par analogie, des effets semblables chez l'homme. D'après ce savant, le point d'équilibre des deux fonctions doit être fixé à 22°. C'est donc au-dessous de cette température que le poids du corps de l'homme augmenterait dans l'eau, et, c'est au-dessus qu'il diminuerait.

Les expériences nombreuses auxquelles on s'est livré depuis, et que nous ne pouvons rapporter ici , ont conduit à établir les propositions suivantes, qui doivent être considérées comme vraies dans la majorité des cas et peuvent aider à régler l'emploi des bains.

1° Il y a un point d'équilibre, un peu variable chez les différents individus, et qui se trouve à quelques degrés au-dessous de celui de la température normale du sang ; ce point peut être fixé de 32" à 53°. A ce degré, l'exhalation cutanée et l'absorption de l'eau se balancent, et l'homme plongé dans un bain ne gagne ni ne perd rien de son poids.

2° Au-dessus de ce degré la production de l'exhalation cutanée augmente et l'emporte sur le poids de l'eau absorbée ; l'homme plongé dans un tel bain y perd donc de son poids. 3° Au-dessous, l'absorption de l'eau l'emporte sur l'exhalation

cutanée, et le poids de l'homme, plongé dans un tel milieu, augmente.

III. Effets de la température de l'eau sur les corps qui y sont plongés.

Cette température doit être étudiée au point d'équilibre qui vient d'être établi, ainsi qu'au-dessus et au-dessous de lui.

1° Au-dessus du point d'équilibre, c'est-à-dire de 30° à 32°, ce sont les bains chauds.

Voici les effets de ces bains sur l'organisme, effets qui sont d'autant plus caractérisés que la température est plus élevée. La peau s'échauffe, l'organisme entier participe à cet accroissement de température , qui, bien que peu considérable, n'en est pas moins réel. Le pouls s'accélère* et devient plus fort; les mouvements respiratoires sont plus précipités, le sang afflue à la périphérie, l'exhalation pulmonaire augmente ; il en est de même de l'exhalation cutanée. Dans la partie plongée dans l'eau, le produit de cette sécrétion est aussitôt dissous qu'exhalé; mais dans les parties situées au dehors, comme à la face, la peau est couverte d'une sueur abondante; la soif est augmentée; quelquefois un véritable état fébrile se prononce. Si cet état se prolonge, ou bien s'il est porté au maximum, il peut se produire des congestions ou même des hémorrhagies cérébrales.

2° Au point d'équilibre, c'est-à-dire vers 30° ou 32°, aucun effet particulier ne se produit; l'équilibre des fonctions se maintient et le corps plongé dans l'eau n'absorbe rien et ne perd rien.

3° Au-dessous de ce point d'équilibre, les effets qui se manifestent sont dus à l'abaissement de température, et, sous ce rapport, on a à parcourir une échelle beaucoup plus étendue que pour l'élévation.

Le corps plongé dans l'eau froide éprouve un spasme général, la peau se contracte et les glandes sébacées font saillie, la température de la peau s'abaisse, et la totalité de l'organisme participe à ce refroidissement. —La soustraction de calorique qui a lieu en pareil cas est d'autant plus rapide que le corps était primitivement plus échauffé. C'est ce qui explique la sensation agréable de fraîcheur que l'on éprouve en passant d'un bain chaud dans un bain froid. Lorsque l'action de l'eau froide est trop prolongée, il y a d'abord un frisson de la peau, auquel participe l'ensemble de l'organisme; bientôt se manifestent un trem-

556 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE i/HYGIÈNE.

blement musculaire , le claquement des mâchoires et, parfois, des crampes et un sentiment de raideur générale. En même temps les battements du cœur deviennent plus petits , moins fréquents, et le refroidissement de la peau chasse le sang des vaisseaux capillaires de cette membrane ; c'est ce qui explique sa coloration violacée. En même temps que le sang est chassé delà périphérie, il s'accumule dans les parties internes et y détermine des congestions qui sont la conséquence du refoulement du sang. Les congestions sanguines, la diarrhée, les hémorrhagies diverses, qu'on peut observer en pareil cas, trouvent leur explication dans ce refoulement. Si les effets du froid n'ont pas été trop prolongés, la réaction s'établit, le pouls reprend sa force et sa fréquence normales, la peau se réchauffe, les congestions dues à la concentration cessent de se manifester et l'expansion extérieure reprend son cours. — Si on soumet de nouveau le corps à l'action de l'eau froide, les mêmes phénomènes reviennent et la réaction s'établit une seconde fois. On doit observer, cependant, qu'en la développant ainsi plusieurs fois de suite, on produit de moins en moins facilement les phénomènes réactionnels.

Dans le cas où le froid est très* intense, les phénomènes du refroidissement de la peau et du refoulement du sang à l'intérieur se présentent avec une intensité plus grande et plus caractéristique. Si le froid intense est peu prolongé, la réaction peut encore s'établir, et son intensité est proportionnelle au degré de froid auquel le corps a été soumis. Si, au contraire, il se prolonge, la mort finit par arriver par suite de la paralysie des fonctions respiratoires et de l'innervation.

IV. Circonstances de pression, de mouvement, de densité et de composition de Veau.

Le corps plongé dans l'eau est soumis à une pression plus considérable que dans l'air, car le poids du liquide qui l'entoure vient s'ajouter au poids de la colonne d'air atmosphérique ; doit-on attribuer à cette augmentation dépression la dyspnée qu'on observe souvent dans l'eau, et la liberté moins grande des mouvements respiratoires qui en résulte ? Cela est probable.

L'augmentation de la densité de l'eau rend ce liquide meilleur conducteur du calorique. C'est ce qui a lieu, par exemple, pour l'eau de mer qui, à température égale, et à l'état de repos, paraît plus froide que l'eau de rivière.

Le mouvement de l'eau n'est pas non plus sans influence. Le courant plus ou moins violent d'un ileuve, les vagues agitées de la mer, en frappant sur la surface du corps, la stimulent davantage, et l'empêchent de se refroidir aussi facilement. A température égale, un bain dans une baignoire paraît plus froid que s'il est pris dans une rivière où règne un courant plus ou moins fort. Il est vrai qu'il faut aussi tenir compte des mouvements que l'homme qui prend un bain froid exécute presque toujours pour s'y réchauffer, même quand il ne sait pas nager.

La composition de l'eau et les matières salines qu'elle tient souvent en dissolution la rendent plus stimulante. Telle est l'eau de la mer. Ajoutons, en outre, qu'une certaine quantité de particules salines en dissolution est absorbée en même temps que l'eau, et que cette absorption contribue à augmenter les qualités stimulantes de l'eau de mer.

§ 2. Des différentes espèces de bains.

\° Bains dans les eaux naturelles.

Bains froids. — De 25 à 30° dans les climats chauds , les bains sont généralement considérés comme froids. Ils ont pour résultat de soustraire une certaine quantité de calorique au corps de l'homme échauffé, de ralentir la circulation, de diminuer l'abondance de la transpiration cutanée et d'être suivis d'une réaction franche, même quand le bain a été prolongé. Ce n'est, en effet, qu'à la condition d'une certaine durée que ces bains peuvent donner la sensation de fraîcheur et même celle de froid.

L' influence définitive de tels bains sur la santé est la suivante : ils calment la chaleur générale, diminuent la transpiration, et, conséquemraent, donnent du ton à l'organisme. Mais, pour produire ces effets, il est nécessaire que celui qui est plongé dans l'eau exécute des mouvements, et, à cet égard, ceux qui constituent la natation sont excellents. Les bains froids, pris à cette même température, et sans que l'individu qui est y plongé exécute des mouvements, déterminent une sensation de froid, l'abaissement du pouls, un certain degré de ralentissement dans les divers actes de la vie organique, et leur résultat définitif est la sédation du système nerveux.

De 20 à 25° , les bains froids agissent encore dans le même sens, surtout dans la saison chaude de nos climats tempérés. Ils déterminent la soustraction du calorique et la sensation de fraîcheur, ou, s'ils sont prolongés, celle de froid. Ils sont suivis d'une réaction qui s'établit d'autant plus facilement que les mouvements exécutés dans l'eau ont été plus nombreux. De tels bains dans nos contrées sont très-salutaires ; ils rafraîchissent, diminuent la transpiration et sont légèrement stimulants.

Les bains plus froids, de 10 à 20° par exemple, ou même au-dessous, déterminent des effets de concentration énergiques et une réaction proportionnelle. Le refoulement de sang, qu'ils produisent alors, peut être l'origine de congestions, d'hémorrhagies, et de phlegmasies internes de diverse nature. La diarrhée, la dyssenterie en sont souvent encore la conséquence.

Lorsque le corps en sueur est plongé dans une eau froide et à basse température, le refoulement interne du sang est instantané ; assez souvent il est suivi d'une réaction très-énergique, et les choses en restent là. Dans d'autres cas, cette réaction se prolonge et donne naissance à une fièvre continue simple, éphémère, prolongée de 24 heures à 4 ou S jours de durée ; d'autres fois, elle conduit à des phlegmasies plus ou moins graves.

Ablutions. — Les ablutions froides consistent dans le lavage simple à l'eau froide, ou bien encore dans la projection d'une certaine quantité d'eau sur le corps, de manière à produire une aspersion plus ou moins complète ; les ablutions agissent dans le même sens que les bains froids. Elles sont excellentes, en ce sens qu'étant de courte durée, on peut les arrêter à volonté et être certain de faire naître facilement la réaction. Rarement elles déterminent des accidents, et ce n'est guère que dans le cas où on fait usage d'eau très-froide, le corps étant en sueur, et chez les sujets faibles, débiles et peu susceptibles de résistance et de réaction, que des maladies peuvent se développer. En dehors de ces cas exceptionnels , les ablutions froides , employées avec précaution, et surtout dans la saison chaude, sont un excellent moyen tonique et dont on ne saurait trop recommander l'usage.

Bains de mer. — La température de l'eau de mer s'éloigne peu de la température moyenne de chaque climat, et par conséquent de la contrée où on la considère ; elle agit par le mouve-

ment des vagues et la stimulation cutanée qui en résulte, ainsi que par les sels qu'elle tient en dissolution et dont une partie est absorbée par la peau en même temps que l'eau. Elle est, en outre, beaucoup plus tonique et stimulante que l'eau de rivière, en raison du degré de froid qu'elle détermine et de la réaction qui en est la conséquence. Cette sensation plus forte de froid est due, ainsi que j'ai eu occasion de le dire, à la densité plus élevée de l'eau et à sa conductibilité plus grande pour le calorique. La mer agit, enfin, par son atmosphère saline, sur laquelle j'ai déjà appelé l'attention du lecteur. 2° Bains artificiels.

Bains chauds ou tièdes. — On doit en distinguer trois espèces. Les bains frais de 25 à 30° ; les bains tièdes de 30 à 35° ; les bains chauds de 35 à 40°. La première espèce est un peu audessous du point d'équilibre entre la transpiration et l'absorption. La deuxième est à ce point d'équilibre même. La troisième espèce est au-dessus, c'est-à-dire que l'exhalation cutanée l'emporte sur l'absorption aqueuse.

Bains frais. — Les bains frais pris dans une baignoire, le corps en repos ou n'exécutant que des mouvements insignifiants, constituent un moyen essentiellement débilitant. Le maximum de son effet est de 28 à 29°. A cette température, il rétablit l'équilibre entre chacune des fonctions, diminue l'excitabilité de celles qui s'exécutent avec trop d'énergie ou qui sont au-dessus de leur type normal. Ce sont ces bains qu'on emploie dans le cas de surexcitabilité nerveuse, ou de fièvre intense, à la condition que cette fièvre n'est pas le symptôme d'une phlegmasie aiguë des voies respiratoires. Plus le bain froid est prolongé, plus la débilité qu'il produit est caractéristique.

Le bain tiède, compris entre 30 et 35», correspond au point de neutralité entre l'absorption et l'exhalation cutanée. Lorsqu'il n'est pas trop prolongé, il est calmant, et peut être considéré comme régulateur : prolongé, il est débilitant.

Bains chauds de 55 à 40° et au-dessus. — Ils déterminent l'accroissement de la chaleur du corps, qui de la peau se propage à la plupart des organes internes. Sous leur influence, la peau rougit, la transpiration cutanée augmente, ainsi que l'exhalation pulmonaire ; les liquides aflluent à la périphérie. Les bains

chauds sont essentiellement stimulants, ils excitent et stimulent la peau et les divers organes de l'économie, ils accélèrent le pouls et les mouvements respiratoires. Lorsque leurs effets sont prolongés, ils peuvent déterminer dans divers organes , soit des congestions, soit même des hémorrhagies. En pareil cas, ce sont spécialement des congestions ou des hémorrhagies pulmonaires et cérébrales qu'on observe. Les bains chauds et courts sont quelquefois employés pour procurer une stimulation énergique. Tel est, par exemple, l'effet qu'ils produisent chez des individus épuisés , débilités , auxquels ils rendent momentanément le calorique qui leur manque. Ils rétablissent ainsi pour quelque temps leurs forces, en agissant comme toniques et stimulants.

Bains cïétuve sèche. — L'emploi de ces bains a pour conséquence d'élever au maximum la quantité d'exhalations pulmonaire et cutanée, sans pour cela déterminer une grande perturbation dans l'organisme. C'est dans ces bains, en effet, que l'homme supporte la chaleur la plus élevée, et qu'on a vu des expérimentateurs rester exposés pendant quelques instants à une température voisine de 100°. La facilité que Ton éprouve à supporter ce degré de chaleur tient à ce qu'une partie de l'exhalation cutanée produite se volatilisant, rend latente une grande quantité de calorique, et empêche ainsi le corps de se mettre en équilibre de température avec le milieu ambiant. Ces bains sont essentiellement stimulants; ils peuvent toutefois perdre ce caractère et en prendre de tout opposés, lorsque la quantité d'exhalation cutanée produite, devenant considérable et se renouvelant plusieurs fois, finit par constituer une véritable perte de liquide pour l'organisme.

Bains dïétuve humide. Bains de vapeur. — Les bains de vapeur se trouvent dans des conditions tout opposées aux précédents, et lorsque leur température est trop élevée , on les supporte bien difficilement. En voici la raison : l'air, au sein duquel se trouve l'individu qui y est exposé, étant saturé de vapeur, ne peut recevoir celle qui provient de la transpiration cutanée. Or, celle-ci est au maximum par suite de la haute température à laquelle la peau est soumise ; il en résulte une sensation de gène, de malaise et d'anxiété , qui ne permet pas d'en subir longtemps l'influence. Les effets des bains de vapeur, en raison

de cette dernière circonstance, sont moins avantageux que ceux des étuves sèches. Ce sont donc ces derniers qu'on doit toujours préférer lorsqu'on en a besoin.

Bains russes. — L'usage des bains russes commence à se répandre ; et il est probable , en raison des bons effets qu'ils produisent, qu'ils sont destinés à se généraliser encore davantage. Ils sont fondés sur les principes suivants : 1° élévation de température de la peau par suite de l'exposition du corps à une chaleur élevée dans une étuve ; 2° soustraction du calorique en excès, effectuée à l'aide d'une pluie d'eau fraîche sur le corps en sueur ; 5° réchauffement opéré soit à l'aide d'une nouvelle élévation de température de l'étuve , soit au moyen de frictions, continuées dans des lieux convenables, pour que la réaction s'établisse d'une manière complète et satisfaisante. Le résultat final des bains russes est une stimulation générale modérée de l'organisme ; ils sont toniques en même temps qu'ils déterminent une révulsion cutanée, qui a des avantages dans certains cas où l'on veut faire disparaître des lésions de diverse nature des organes intérieurs. C'est, je le répète, un moyen excellent qui peut rendre de grands services dans une foule de maladies, et dont on ne saurait trop préconiser l'emploi.

Règles hygiéniques relatives aux bains. — On ne saurait trop recommander l'usage des bains, comme moyen de propreté . Ils sont destinés à dépouiller le corps du résidu de l'exhalation cutanée et des souillures diverses qu'il peut avoir à sa surface. Sans être aussi indispensables qu'ils l'étaient dans l'antiquité et avant l'invention du linge de corps, il n'est pas moins utile d'y avoir souvent recours ; on doit en préconiser l'emploi et en favoriser l'extension le plus possible, en tenant compte toutefois des règles qui vont être développées, et qui sont relatives aux modifications, qui résultent des climats, des âges, du sexe, etc.

En l'absence de bains, l'usage des ablutions multipliées autant que possible, et effectuées soit avec de l'eau tiède, soit avec de l'eau froide, doit être conseillé comme un excellent moyen hygiénique. Chez les adultes, l'eau froide, en toutes saisons, n'a pas d'inconvénients. Chez les enfants, les ablutions froides sur toute la surface du corps doivent être rejetées , en raison de l'énergie avec laquelle le froid les impressionne et de la

facilité avec laquelle les jeunes sujets contractent les diverses espèces de phlegmasies. C'est à l'eau tiède seule qu'il faut avoir recours chez eux, surtout en hiver.

De l'emploi des bains dans les divers climats.

1 « Climats chauds et saisons chaudes des climats tempérés.

Les bains froids sont extrêmement avantageux. Ils enlèvent la quantité de calorique surabondant, rendent aux fonctions leur activité et leur régularité normales, en diminuant l'exhalation cutanée, dont l'abondance est précisément la cause du trouble et de la rupture du balancement normal des fonctions organiques. Envisagés sous ce rapport, les bains froids peuvent être considérés véritablement comme prophylactiques des maladies nombreuses qui régnent dans les climats chauds.

Pour réunir toutes les conditions de salubrité et de prophylaxie désirables, la température de l'eau doit être d'un froid modéré et le bain accompagné de l'exercice de la natation. De plus, la réaction ne doit pas se faire attendre trop longtemps, et la période de frisson doit être courte et peu intense. Le froid très-grand dans les climats chauds et les saisons chaudes ne convient pas ; il détermine une soustraction de calorique trop considérable, une concentration interne trop énergique, et quelquefois une réaction trop violente; la conséquence, dans ces derniers cas, peut être le développement de phlegmasies aiguës.

2° Climats froids et saiso?is froides.

L'action de la peau est réduite à son minimum, et la transpiration à peine sensible; il faut en pareil cas des bains très-chauds ou des bains très-froids. Les bains très-chauds agissent en stimulant énergiquement la surface de la peau et en augmentant la sécrétion cutanée. Les bains froids produisent une action analogue, en vertu de la réaction qui se développe à la suite de leur emploi. L'habitude, dans les pays septentrionaux, permet aux habitants de supporter les uns et les autres ; de se plonger dans la neige en sortant d'un bain de vapeur pour se soumettre ensuite de nouveau à l'action d'une étuve chaude. Ces brusques transitions du chaud au froid ne paraissent avoir aucun inconvénient pour les individus qui s'y soumettent, et une stimulation favorable de la peau en est la conséquence.

Climats tempérés. — Dans les climats tempérés, on emploie, en général, les bains chauds ou tièdes dans la saison froide et les saisons intermédiaires, et des bains froids dans la saison chaude. Dans les climats essentiellement humides, l'usage général est celui des bains chauds ou tièdes, et celui des étuves et en particulier des étuves sèches.

Influence de Vâge.

Dans l'enfance, et en particulier dans les premiers moié qui suivent la naissance , l'usage des ablutions et des bains est très-utile pour le jeune être. Mais quelle espèce doit-on préférer? Des médecins, et il en est un nombre assez grand, conseillent d'habituer de bonne heure les enfants aux bains, et surtout aux ablutions froides, afin de donner du ton à leur constitution, et de leur en préparer une bonne et solide pour l'avenir. Telle n'est pas mon opinion. Chez les jeunes sujets, les bains et les ablutions froides réussissent quelquefois, cela est vrai, mais fréquemment aussi leur usage est suivi de résultats opposés à ceux qu'on en attend. La grande susceptibilité des enfants pour le froid doit faire préférer pour eux l'usage de l'eau chaude ou plutôt de l'eau tiède. L'eau froide ne devra être employée que pendant la saison chaude. L'usage habituel et fréquent des bains tièdes chez les jeunes enfants ne saurait être trop fortement recommandé. Ils n'ont aucun inconvénient, s'ils sont pris avec précaution, et de manière à ne pas être suivis de refroidissement. On obtient ce résultat en essuyant avec des linges chauds les enfants à la sortie du bain et en les recouchant ensuite pendant quelques instants : on dessèche ainsi plus complètement la surface cutanée, et on la soustrait d'une manière plus certaine aux variations atmosphériques.

Dans l'âge adulte, les bains doivent être employés le plus souvent possible ; on peut admettre, comme termes convenables, en hiver tous les quinze jours à peuplés, et tous les huit jours dans les saisons intermédiaires. Dans ces deux saisons, il faut préférer les bains à domicile et l'emploi du linge chaud; on doit toujours, si cela est possible, se recoucher après, ne fût-ce qu'une demi -heure, afin de dessécher plus complètement le corps et de lé rendre moins impressionnable aux agents extérieurs. En été, les

bains froids accompagnés de l'exercice de la natation, et pris deux à trois fois par semaine, n'ont aucun inconvénient, à la condition que leur durée ne dépassera pas dix à quinze minutes, et que la réaction sera franche et complète : il y a en effet des individus débiles, d'une faible constitution, et chez lesquels cette réaction ne se produit que d'une manière incomplète ; il est convenable de ne pas leur conseiller l'emploi des bains froids.

Dans la vieillesse, les bains tiédes sont les seuls qui doivent être mis en usage. Les bains froids ont en effet chez les gens âgés plusieurs inconvénients : dans quelques cas, la réaction ne s'établit pas, ou bien elle est incomplète; dans d'autres cas, elle se produit avec une trop grande énergie, et c'est alors qu'on doit redouter des congestions, des hémorrhagies, ou des phlegmasies internes de diverse nature; en pareil cas, ces affections sont la conséquence du refoulement du sang à l'intérieur. Les bains trop chauds ainsi que les bains d'étuve ne doivent pas être conseillés aux vieillards ; ils sont capables, par la stimulation trop vive qu'ils déterminent, surtout chez les sujets qui y sont prédisposés, de produire des congestions ou des hémorrhagies cérébrales.

Sexes. — Les femmes sont dans l'usage d'avoir plus fréquemment recours aux bains que les hommes. C'est une affaire d'habitude, qui n'existe toutefois que pour les bains tiédes.

Quant aux bains froids, ce n'est guère que depuis une vingtaine d'années que l'usage a commencé à s'en répandre parmi les femmes, et encore est-il loin d'être général, et est-il borné à quel]ues localités où ils peuvent être pris avec facilité. C'est une habitude qu'on ne saurait trop encourager, et que les médecins doivent surtout chercher à généraliser. Les bains froids sont d'une grande utilité pour donner du ton et de la force à beaucoup de femmes d'une constitution faible, débile et délicate. Employés à l'époque de la puberté, ils favorisent quelquefois son établissement, et peuvent même dans certains cas prévenir la chlorose. Chez les femmes bien réglées, il est presque inutile d'ajouter qu'elles doivent s'en abstenir pendant la durée de la menstruation. En même temps qu'on conseille aux femmes et aux jeunes filles les bains froids, il faut les engager à se livrer à l'exercice de la natation, dont les mouvements sont pour quelque chose dans Taction salutaire qu'ils produisent.

CHÀP. XII. — BAINS. 365

Température.

V Tempérament nerveux. — Chez les individus nerveux, ce sont surtout les bains tiédes et frais qui conviennent; ils doivent être médiocrement prolongés et à une température agréable, pour ne pas être trop débilitants.

2° Tempérament sanguin. — Les caractères mêmes du tempérament sanguin indiquent l'emploi des bains froids chez les sujets qui le présentent. Ces bains leur enlèvent une partie de leur calorique et les débilitent un peu, mais dans un sens favorable au jeu de leurs fonctions. Les bains chauds, au contraire, par la stimulation qu'ils déterminent, doivent autant que possible être évités, dans la crainte des congestions auxquelles les sujets sanguins ne sont déjà que trop prédisposés. En hiver, c'est aux bains tiédes et frais qu'ils doivent avoir recours.

5° Tempérament lymphatique. — Le but que l'on doit se proposer à l'aide des bains est de tonifier les individus qui présentent les attributs de ce tempérament. Les bains froids, à la condition que les individus présenteront une réaction convenable, sont très-bons sous ce rapport : on doit éviter toutefois que la température ne soit trop basse et le bain trop prolongé ; dix minutes sont suffisantes. C'est chez les individus lymphatiques que les bains de mer réussissent surtout très-bien. Ils doivent également être courts et pris dans une saison convenable. En hiver et dans les saisons intermédiaires, les bains qui conviennent le mieux aux individus lymphatiques et faibles de constitution sont les bains salés artificiels (5 kilogr. de sel commun pour un bain), les bains savonneux (500 gr. à 1,000 gr. de savon commun pour un bain), et les bains sulfureux.

Convalescence.

Dans la convalescence des maladies autres que celles de l'appareil respiratoire, il est utile d'avoir recours à l'emploi de un ou deux bains tiédes; ils débarrassent le corps des produits de l'exhalation cutanée accumulés pendant la maladie, et ils enlèvent en même temps les miasmes que cette même affection a pu développer.

Les bains froids doivent, en général, être défendus aux convalescents ; leur état de faiblesse les rend plus susceptibles au froid, et chez eux la réaction est plus difficile.

Professions. — Les individus qui travaillent à des professions dans lesquelles des poussières métalliques sont susceptibles de s'attacher à la surface de la peau, ou ceux qui sont en contact journalier avec des matières organiques en décomposition, devraient, dans les régies d'une bonne hygiène, faire un usage fréquent des bains. Malheureusement il s'agit, la plupart du temps, d'ouvriers dont la position peu aisée s'oppose à ce qu'ils y aient recours aussi fréquemment que cela serait nécessaire. L'extension des bains publics à bas prix est le seul remède à un pareil état de choses.

Les détails nombreux contenus dans ce chapitre peuvent se résumer dans les propositions suivantes :

Bains chauds, bains d'étuve, bains russes. — On les emploie pour donner du calorique à l'économie, relever les forces d'une manière rapide, exercer une action stimulante, énergique et courte; enfin, pour rappeler une transpiration cutanée supprimée ou trop faible; ils doivent être courts, pour ne pas exposer aux congestions pulmonaires ou cérébrales. La transpiration cutanée qui couvre le corps des personnes qui sortent de ces bains, doit être respectée pendant quelque temps; aussi doit-on les entourer de couvertures, les étendre sur un lit en attendant que la sécrétion de la sueur s'éteigne doucement. Les bains russes conviennent bien aux personnes épuisées et surtout aux hypocondriaques.

Bains tièdes ou frais. — On les prend surtout dans les baignoires; ils sont destinés à des soins de propreté : prolongés il sont débilitants et sédatifs du système nerveux. Les personnes qui en font usage doivent, en les quittant, éviter le refroidissement à l'air libre. Dans le bain, il faut couvrir les parties qui ne sont pas plongées dans l'eau. Dans la saison froide, ces bains doivent, autant que possible, être pris à domicile; on doit se recoucher un instant, après s'être essuyé avec des linges chauds, afin de sécher plus complètement la surface du corps et delà rendre moins impressionnable au froid extérieur.

Bains froids.— On y a recours dans l'été de nos contrées et pendant la plus grande partie de l'année des climats chauds ; ils doi-

vent être courts, accompagnés de l'exercice de la natation, et ne jamais être assez prolongés pour déterminer la sensation de frisson. L'immersion dans l'eau froide, après de violents exercices qui ont produit une transpiration abondante , doit être évitée avec soin , car elle peut déterminer un refoulement énergique du sang à l'intérieur, et toutes les conséquences qui résultent de cette concentration et de la réaction très-énergique dont elle est suivie. Le travail de la digestion doit être terminé quand un individu se plonge dans un bain quelconque; l'omission de cette précaution est, chaque année, la cause d'accidents nombreux. Des indigestions violentes, des syncopes quelquefois mortelles, des congestions cérébrales qui peuvent amener un résultat analogue, telles sont les conséquences d'une pareille imprudence; il faut au moins trois heures d'intervalle entre la fin d'un repas et un bain.

Bains publics. — Il est à désirer que l'administration favorise la multiplication des bains publics à bon marché, afin que leur prix peu élevé les mette à la portée de la classe ouvrière, qui malheureusement néglige beaucoup trop d'avoir recours aux bains comme soin de propreté.

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