CUAP. I. — DE LA CHALEUR
la diarrhée, elc. Ces dernières maladies se produisent plutôt dans les pays froids et humides que dans les localités sèches et froides. (Pour quelques particularités très-remarquables, voir plus bas Climats froids.)
C’est encore dans les climats froids et humides que l’on observe la tendance à la production de maladies générales, auxquelles on pourrait presque donner le nom d’atoniques. Le rachitisme, les scrofules, les tubercules y sont certainement plus fréquents que dans les pays chauds.
Les phlegmasies aiguës des organes respiratoires, et, en particulier, la pneumonie et la pleurésie, sont fréquentes dans ces contrées. Il en est de môme des rhumatismes aigu et chronique et de la goutte.
Règles hygiéniques. — La première règle à suivre est de se soustraire à l’action générale et locale du froid. On y parvient à l’aide d’une habitation convenable, d’un chauffage approprié, et de vêtements en rapport avec cette nécessité.
2° L’alimentation doit être substantielle, assez abondante, et souvent un peu stimulante. Les boissons alcooliques prises avec modération sont utiles aux habitants de ces contrées, que leurs occupations obligent de rester exposés au froid. Ces boissons sont mieux supportées que dans les pays chauds. Un grand nombre d’individus en font abus et en prennent des quantités énormes. C’est certainement dans les pays froids que l’ivresse est le plus répandue (1).
3° On doit conseiller l’exercice et le mouvement aux individus exposés à l’action du froid. Ils contribuent à développer la chaleur animale et permettent de résister plus facilement au froid.
Nous venons d’étudier les effets des températures chaude et froide; entre ces deux degrés, c’est-à-dire des tropiques au cercle polaire, sont placés les pays les plus peuplés et les plus civilisés, et dont la température est dite tempérée. C’est à cette classé de contrées que s’applique spécialement toute notre hygiène; aussi, tout en nous, réservant d’en dire quelques mots,
(i) M. Hayes, dans la relation d’un voyage aux terres polaires, a présenté quelques remarques pleines d’intérêt sur le régime qu’il convient de suivre dans les zones glacées. Il a reconnu : 1° l’indispensable nécessité d’une alimentation animale très-abondante, mais surtout composée de matières grasses. Les Européens s’accoutument très-aisément à l’usage de la graisse et de l’huile de phoque et de baleine. Cette alimentation respiratoire est le seul moyen de lutter avec avantage contre les effets déprimants que produit l’action combinée d’un froid continu et des ténèbres profondes ; 2° les inconvénients des alcooliques dont l’action excitante passagère est bientôt suivie d’une réaction en sens inverse ; 3° enfin, la grande supériorité, comme stimulants, du thé et du café. E. Bgd.
1 fi 8 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE L’HYGIÈNE.
en traitant de l’hygiène des divers climats, nous n’insistejrons pas davantage sur ces particularités.
Variations de la température atmosphérique. — Les variations de la température atmosphérique doivent être étudiées à part, attendu qu’elles constituent une source féconde de maladies.
Leur influence diffère suivant qu’il s’agit de variations lentes ou de variations brusques. Ces premières concernent l’histoire des climats tempérés, aussi ne nous y arrêtons-nous pas ici. Nous dirons quelques mots seulement des secondes.
Dans les climats tropicaux, où l’on a souvent occasion de voir ces brusques variations se produire du jour à la nuit, la plupart des auteurs s’accordent à signaler la dysenterie et la diarrhée comme en étant la conséquence. Suivant M. Audouard, les alternatives diverses de température favorisent la production des fièvres intermittentes, et, suivant M. Yoillemier, elles contribuent à produire la fièvre puerpérale.
Lorsque les variations brusques de température agissent sur un individu en sueur, et que le refroidissement se prolonge, on voit alors des phlegmasies se développer. La bronchite, la pneumonie, la pleurésie, le rhumatisme articulaire ou la maladie de Bright, se produisent suivant l’idiosyncrasie ou la prédisposition morbide du sujet qui s’est exposé au refroidissement.
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