DE LA CHALEUR
ires éruptives et le choléra, on prétend qu’elle est puissante ; mais cette opinion ne saurait être admise sans contestation, et il faut, à mon avis, que d’autres influences soient venues s’y joindre pour produire leur développement ou, au moins, le favoriser.
Si les fièvres typhoïdes n’avaient fait d’aussi grands ravages dans une partie de la France pendant l’année 1852-1853, nous aurions eu de la tendance à penser que la température élevée favorisait son développement. C’était, en effet, jusque-là, en été qu’on observait son développement plus fréquent.
Règles hygiéniques. — 1° Éviter avec le plus grand soin l’exposition directe à l’influence de la chaleur solaire, en raison des effets souvent terribles qu’elle produit. Il est important de ne sortir de chez soi qu’aux heures où elle n’agit plus, et on doit surtout éviter de se mettre en voyage au milieu du jour : dans les cas exceptionnels où cela est d’une indispensable nécessité, il faut avoir recours à une coiffure qui réfléchisse les rayons solaires, et s’oppose en même tfemps à réchauffement rapide de la tête. Sous ce rapport, les turbans blancs des Arabes et des Turcs remplissent parfaitement ces conditions et s’opposent, en raison de leur difficile conductibilité pourla chaleur, à réchauffement de la tête, et, par conséquent, aux accidents qui sont la suite de l’action directe de la chaleur solaire.
[Les grands chapeaux de paille, ou les chapeaux de feutre à larges bords recouverts d’une coiffe de toile blanche avec un couvre-nuque, que portent les Mexicains, sont très-convenables.]
2° Conseiller le repos pendant la plus grande chaleur du soleil, et fuir, à cet instant, les occupations sérieuses.* Les promenades et les sorties doivent avoir lieu exclusivement le matin ou le soir. Deux sommeils, un la nuit, et un beaucoup plus court au milieu du jour, semblent une habitude excellente.
3° Il est indispensable, dans les pays chauds, de se contenter d’une alimentation peu abondante et légèrement stimulante. Un fait cité par Robertson montre combien il faut peu de nourriture à l’homme des pays chauds. Des troupes exercées, faisant la guerre dans llnde, vinrent à manquer de vivres, et officiers et soldats se virent réduits, pour toute nourriture, à 2 onces de riz par jour. Ce régime fut d’abord très-mal supporté. Officiers et soldats croyaient chaque jour qu’ils allaient succomber. Rien de semblable n’arriva, et l’habitude de ce régime fut contractée si rapidement que la santé de ce corps d’armée resta excellente, et que le nombre des malades fut très-peu considérable.
A. Becquerel, 6e édition.
162 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE L’üYGIÈNE.
Les boissons doivent être peu abondantes, mais modérément stimulantes.
4° L’habitude de bains légèrement stimulants, comme des bains Irais ou des affusions froides le matin, est d’un usage excellent dans les pays chauds. L’exercice doit toujours être modéré, doux, ne pas conduire à ces transpirations énormes qui amènent si facilement une déperdition des forces.
5° Les vêtements doivent être légers, peu colorés, amples, en laine finement tissée.
6° La sobriété dans l’exercice des organes génitaux est de toute nécessité, et il faut y insister d’autant plus que la température y invite, et que leur abus est presque toujours suivi d’un épuisement considérable.
Voici l’emploi de la journée dans les climats très-chauds ; ce sont des règles hygiéniques basées sur l’expérience de chacun, et que tout homme raisonnable devra adopter. — Se lever à 7 heures du matin. — - Sortir pour affaires quelconques jusqu’à 10 heures. — Un premier repas à 10 heures, peu abondant, peu nourrissant. — A midi, repos jusqu’à 2 heures. — Deuxième repas, plus substantiel, c’est le dîner. — De 5 heures à minuit, sorties, visites, affaires, et un léger souper dans la soirée.
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CIlAr. I. — DE LA CUALEUR.
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Influence prolongée d’une basse température dans les pays froids.
Le froid extérieur porté môme à un degré assez considérable n’exerce pas une influence très-grande sur la chaleur naturelle intérieure de l’homme; sa production de calorique lui permet de résister aux causes incessantes de refroidissement qui environnent le corps.
CIIAP. I. — DE LA C11ALEUR.
Les effets du froid varient suivant qu’il est modéré ou violent.
Froid modéré. — Le premier effet du froid sur la peau est de diminuer la circulation capillaire cutanée. On explique ce résultat, soit par la contraction des parois vasculaires sous l’influence directe du froid, soit par la formation, à la surface interne des vaisseaux, d’une couche de liquide à demi concrété, qui en rétrécit le calibre et y modifie le cours du sang.
La sécrétion cutanée est également diminuée et presque anéantie.
Si les fonctions de la surface externe sont diminuées, les actes organiques internes, au contraire, prennent un grand développement et une grande activité. C’est qu’en effet , il est nécessaire, pour que la température animale se maintienne au môme degré sous l’influence du froid, que la combustion animale soit augmentée, et, par conséquent, que la quantité de carbone brûlé pendant l’acte de l’hématose soit plus considérable. En effet, l’hématose est augmentée, la respiration se fait avec énergie ; la puissance digestive est devenue considérable et la digestion très-active; l’estomac supporte facilement des aliments copieux et très-nourrissants.
L'influence du froid engage l’homme à faire usage d’aliments et de boissons stimulants, mais pour une raison opposée à celle qui existe dans les pays chauds. La nécessité de ces substances est justifiée, en effet, par le besoin de fournir au sang des éléments qui puissent y être brûlés, et produire ainsi le supplément de chaleur naturelle destiné à permettre à l’habitant des pays froids de résister à l’influence de la basse température qui l’environne.
Les sécrétions biliaire et spermatique sont diminuées d’énergie, tandis que les sécrétions rénale et intestinale sont augmentées. Ces modifications des diverses sécrétions sont précisément l’inverse de ce qui existe dans les pays chauds. Les menstrues sont, en général, peu abondantes, les fonctions génitales peu prononcées.
La constitution et le tempérament des individus qui habitent les pays froids s’harmonisent avec les conditions dans lesquelles se trouvent leurs divers appareils. L’appétit devient énergique, quelquefois même vorace, et la capacité digestive permet l’assimilation facile d’aliments de toute espèce. L’embonpoint devient assez considérable, le système musculaire se développe et acquiert une grande force ; mais aussi les fonctions génitales sont peu actives, les facultés cérébrales plus lentes à s’exercer, plus paresseuses, et leur excitation moins facile.
Considérée d’une manière générale, la santé des habitants
166 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE L’üYGIÈNE.
des climats froids est meilleure, et leur constitution plus robuste et plus solide que celle des individus qui habitent les pays chauds; leur vie moyenne est plus longue. Les exemples de longévité les plus remarquables se trouvent surtout parmi eux.
Froid considérable. — L’homme ne peut s’y exposer impunément que d'une manière passagère. Les observations faites dans la campagne de Russie et dans les voyages circumpolaires ont permis, toutefois, d’en étudier les effets. Ils sont généraux ou locaux.
Les effets généraux sont : un sentiment de faiblesse, de lassitude, de courbature générale; un désir et un besoin impérieux de repos et de sommeil. Bien souvent, ces phénomènes s’accompagnent d’hémorrhagies à la surface des diverses membranes muqueuses.
A un degré plus avancé, la faiblesse augmente, les organes respiratoires diminuent d’activité et finissent par se paralyser. Enfin, la mort arrive, précédée d’une sensation que l’on dit être presque du plaisir.
[La mort par le froid est attribuée par les uns à des congestions viscérales intérieures résultant du refoulement du sang de la périphérie au centre ; par d’autres, à une action sur le système nerveux, engourdi, puis paralysé, ce que semble démontrer l’insensibilité galvanique des muscles. Plus récemment, Pouchet, dans ses expériences microscopiques, a cru voir une véritable décomposition du sang dont les globules seraient détruits, et qui deviendrait dès lors impropre à l’entretien de la vie. Enfin un travail de Hoche, de Zeitz, basé sur un certain nombre d’autopsies faites sur des individus ayant succombé à l’action du froid, a fait voir qu’il existe de grandes différences dans les altérations anatomiques rencontrées après la mort. La question n’est donc pas résolue.]
Les effets locaux consistent surtout dans la congélation due à la suspension complète de la circulation dans une partie quelconque du corps; elle frappe soit les parties exposées à l’air, soit celles qui sont plus éloignées, et dans lesquelles la circulation est moins énergique, comme l’extrémité des pieds.
De nombreuses maladies se développent de préférence dans les pays froids, et les modifications survenues dans les principales fonctions de l’économie en expliquent suffisamment la fréquence. Ce sont les suivantes :
Les plilegmasies des membranes muqueuses sont fréquentes. Citons en particulier le coryza, les angines, les bronchites, les entéro-côlites, le catarrhe utérin et vaginal, la cystite. Les flux sont également assez communs. Telles sont la leucorrhée,