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COAP. II. — DE LA LUMIÈRE

isolée. Presque toujours elle est liée, comme chez les mineurs, à des conditions d’humidité ou de froid, et, comme chez les prisonniers, à ces deux conditions réunies, auxquelles il faut joindre de plus le défaut d’exercice et l’influence morale. On ne saurait toutefois méconnaître qu’en l’absence même de toutes ces conditions, la privation de la lumière solaire ne soit capable d’exercer une certaine influence ; elle agit surtout en décolorant des objets : la preuve en est dans la couleur blanche des êtres organisés qui habitent les régions polaires et subissent une nuit de six mois. On n’a qu’à se rappeler également le teint blanc mat des hommes du Nord, la couleur blanche des animaux, tels que les ours, les rennes, etc., la perle de la vivacité des nuances dans les êtres organisés, végétaux, etc., qui sont le produit de cette longue obscurité (t).

Quoi qu’il en soit, l’influence de la privation de la lumière seule ou bien unie au froid, à l’humidité, quelquefois au défaut d’exercice, détermine l’étiolement.

L’étiolement a pour caractère une modification spéciale du sang, qui consiste dans la diminution simultanée de ses trois éléments principaux, la fibrine, l’albumine et les globules, et dans l’augmentation de l’eau. Cette quadruple modification du sang explique les phénomènes qui caractérisent l’étiolement.

1° La diminution de proportion des globules rend compte de la teinte anémique qui vient se joindre à la décoloration mate de la peau, et elle explique les bruits de souffle cardiaques et vasculaires qui se développent alors.

2° La diminution de proportion de l’albumine du sérum du sang rend compte de la tendance aux hydropisies générales, de l’œdème sus-malléolaire et de la bouffissure légère de la face, et, plus tard, dans les cas où cette diminution devient plus considérable. elle explique la production des hydropisies ellesmêmes.

3° La diminution de proportion de la fibrine est plus rare en pareille circonstance; elle n’arrive guère que lorsque la privation de la lumière est complète et prolongée. La production d’hémorrhagies en est la conséquence.

Cette modification survenue dans les principaux éléments du sang vient-elle à se prolonger, et les causes qui l’ont produite persistent-elles, des maladies organiques plus graves peuvent alors se développer. Tels sont les tubercules, les scrofules et toutes leurs conséquences.

(1) Il ne faut pas oublier que, sous l’influence de la race, l’homme résiste à cette action; ainsi les Esquimaux, les Samoïèdes, etc., de race mongole, qui habitent les régions polaires, ont les yeux et les cheveux très-noirs, la peau jaune-brun. E. Bgd.

Une autre altération qu’on observe chez les individus soustraits longtemps à l’action de la lumière est celle qui survient dans l’organe de la vue. D’une part, cette soustraction rend les yeux plus subtils, plus fins, et leur permet quelquefois de distinguer les objets dans l’obscurité. D’autre part, elle met les individus qui ont éprouvé cette influence dans l’impossibilité de supporter l’impression d’une lumière un peu vive, et, quelquefois môme, d’une lumière ordinaire.

[La simple insuffisance de la lumière peut amener divers troubles dans l’organe de la vision : une grande fatigue d’abord, puis certaines affections, telles que l’amaurose.]

Règles hygiéniques. — 1° La privation de lumière dans les prisons est un fait heureusement très-rare à l’époque actuelle, et les progrès de l’hygiène publique ont introduit, dans la construction des maisons de détention nouvelles, des conditions d’après lesquelles il n’y a plus d’obscurité dans les cellules. Le médecin doit favoriser cette disposition des autorités et signaler les inconvénients et les maladies qui peuvent résulter d’un tel état de choses là où il existe encore, c’est-à-dire dans les cachots.

2° Chez les ouvriers mineurs, les conseils du médecin doivent intervenir pour modifier les conditions qui viennent s'ajouter à celle de l’absence de la lumière. Il doit chercher à soustraire l’ouvrier à l’humidité, au froid. Sous ce rapport, on ne saurait trop recommander les dispositions déjà adoptées dans quelques mines, et d’après lesquelles les ouvriers, disposés par escouades, travaillent alternativement une semaine dans les mines, une semaine à l’air libre. Il serait bon que l’on adoptât partout ces mesures si importantes sous le point de vue hygiénique et humanitaire.

II. Lumière directe en excès. — L’impression vive de la lumière solaire ne peut être séparée de celle des rayons calorifiques qui l’accompagnent. Nous en avons précédemment étudié les effets, et nous avons signalé les congestions cérébrales, les hémorrhagies, les méningites, les morts subites, etc., qui en sont les conséquences.

[C’est à la lumière vive du soleil qu’il faut rapporter l’irritation érythémateuse de la peau connue sous le nom de coup de soleil.]

Son action, longtemps continuée et plus adoucie, détermine l’augmentation de quantité de la matière colorante de la peau et rend sa couleur plus foncée, de môme que celle de tous les êtres organisés qui habitent dans les climats où s’exerce cette influence.

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