C1IAP. VIII. — DES CLIMATS
repos. C’est en automne que sévissent les influences paludéennes.
Voici, du reste, comment on peut classer approximativement les maladies selon les diverses saisons qui existent en France. Au printemps, les affections catarrhales et surtout celles des voies aériennes ;les angines, les ophthalmies,les érysipèles, les rhumatismes, les névralgies, souvent les pleurésies, les fièvres éruptives, les affections cérébrales, la manie aiguë.
En été, les affections gastro-intestinales, les fièvres éruptives, les exanthèmes, • les maladies de la peau, les angines, les ophlhalmies, les affections cérébrales, l’apoplexie due à l’insolation : les fièvres intermittentes commencent à se montrer; les fièvres typhoïdes se montrent avec une certaine fréquence.
En automne, les affections catarrhales reparaissent, les fièvres intermittentes deviennent beaucoup plus nombreuses.
En hiver, les phlegmasies, les pneumonies, les pleurésies, les rhumatismes articulaires aigus.
Il résulte de ce tableau que, dans ces quatre saisons, la France voit, successivement se dérouler toutes les maladies.
Iks endémies qui régnent en France.
Trois grandes endémies régnent en France. Ce sont les scrofules, parmi lesquelles on peut placer l’affection tuberculeuse •et la phthisie pulmonaire, la fièvre intermittente et la fièvre typhoïde. Je me suis suffisamment expliqué plus haut sur la question de l’antagonisme, pour qu’il soit inutile d’y revenir ici. Autrefois, les endémies étaient plus nombreuses, mais les progrès de la civilisation et de l’hygiène en ont successivement fait disparaître plusieurs ; telles sont la peste, le mal des ardents (ergotisme gangréneux), le scorbut et la variole qui régnaient autrefois endémiquement.
Des épidémies qui ont régné en France.
1° La peste ou typhus d’Orient parut pour la première fois, en France, en 540, et s’y montra un grand nombre de fois. Parmi les plus terribles épidémies de peste à bubons qui ravagèrent la France, on peut citer celle qui régna de 1347 à 1349 ; ce fut la même qui sévit à Florence et qui fut décrite par Boccace. Cette peste est celle qui fut appelée peste noire, et qui paraît s’être fréquemment accompagnée de gangrène des poumons.
34 6 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE i/llYGIÈNE.
Ses ravages furent considérables. D’après le rapport adressé à Clément VI, et relatif à la mortalité qu’elle occasionna en Européen trouve, pour la France, les chiffres suivants de décès : Marseille, 16,000; Paris, 80,000; Saint-Denis, 1,400 ; Avignon, 30,000; Strasbourg, 26,000; Lyon, 45,000; la bourgogne, 80,000 ; la Provence, 120,000. La dernière épidémie de peste à bubons fut celle de Marseille, en 1720; elle enleva en Provence 84,7 19 individus.
2° Le feu sacré ou mal des ardents, qui paraît être une espèce d’ergotisme gangréneux, parut souvent en France au dixième, au onzième et au douzième siècle.
3° La variole parut en France à peu près à la même époque que la peste. Elle y fit à diverses reprises de nombreux ravages.
4° La lèpre, introduite en France par les Sarrasins, et plus tard rapportée de nouveau par les croisés, à leur retour de Palestine, commença à disparaître complètement vers 1624. Selon Sprengel, il en existe encore des cas assez nombreux en Provence.
5° Le typhus ou peste de Hongrie. Il y en eut plusieurs épidémies dans le dix-septième siècle. Au dix-huitième siècle, le grand typhus commença, en 1792, par décimer, sur les bords du Rhin, les armées française et prussienne. C’est lui qui, en 1814, s’étendit des bords du Rhin à une partie de la France.
6° Le trousse-galant, ou peste 1545, paraît avoir eu une grande analogie avec le choléra. L’identité n’est cependant pas complètement démontrée.
7° Le choléra envahit la France en 1832 et 1849, en même temps que la plus grande partie de l’Europe.
[Il a reparu depuis, en 1853-1854, en 1865, et enfin pendant l’été de 1866, à Paris et dans quelques départements.]
8° La dysenterie. File sévit, en 1792, en Champagne, sur les armées française et prussienne.
9° L'ophthalmie. En 1772, il y en eut une épidémie qui envahit une partie de la France, d’octobre à janvier.
10° Les affections catarrhales, sous le nom de grippe, s’étendirent sur la France un grand nombre de fois. Parmi les plus intenses, on cite celle de 1239 et celle de 1837 ; c’est une des maladies épidémiques les plus fréquentes.
11° Il y eut en France d’assez graves épidémies de pneumonies. On cite particulièrement celles de 1756 et 1758, et plus tard celle de 1780.
C II A l* . VIII. — DES CLIMATS.
Climats de la France.
D’après M. Martins, la France peut être divisée en cinq climats, qui ont chacun leur physionomie particulière, leurs caractères spéciaux et leurs maladies. Ce sont :
1° Le climat vosgien , dans lequel un grand nombre d’habitants vivent, une partie de l’année, chez eux et confinés dans leurs habitations, sous l’influence d’une chaleur factice. Le tempérament des habitants est, en général, lymphatico-sanguin. Les maladies sont celles du climat alpestre ; il y a des phlegmasies nombreuses et graves, des fièvres éruptives fréquentes. Le goitre est endémique dans certaines localités. L’Alsace et la Lorraine le composent en partie.
2° Le climat séquanien, comprenant l’île de France, la Normandie, une partie de la Champagne et les départements voisins et intermédiaires. Paris s’y trouve compris. C’est le climat caractérisé par les conditions atmosphériques les plus variables. Les maladies de la capitale n’en peuvent donner une idée, attendu qu’on y trouve réunis des peuples de toutes les contrées du monde ; on y voit les maladies résultant de la civilisation portée à son apogée, et celles résultant de l’encombrement. Les affections les plus fréquentes dans ce climat sont cependant les suivantes : les rhumatismes, les pleuro-pneumonies, les bronchites, la fièvre typhoïde, la phthisie pulmonaire, les fièvres intermittentes dans les campagnes, la suette dans plusieurs points de la Picardie.
3° Le climat rhodanien, qui comprend le Lyonnais, la Franche-Comté, la Bourgogne, est constitué par un mélange de régions alpestres et de régions paludéennes. Il y a peu de plaines. Les maladies qui y régnent sont surtout les affections inflammatoires, les rhumatismes, les bronchites, les fièvres intermittentes, la fièvre typhoïde, et, dans certaines localités, le goitre, le crétinisme.
4° Le climat girondin , composé d’immenses plaines, en grande partie marécageuses. Ce climat comprend la Guyenne, la Gascogne et l’Auvergne. Les maladies qui y régnent sont les fièvres intermittentes; on y trouve des pellagreux. En Auvergne, quelques goitreux ; dans le Limousin, malgré le climat alpestre et l’altitude élevée, ce sont surtout les fièvres intermittentes.
5° Le climat méditerranéen comprend le Languedoc et la Provence. Il est composé d’immenses plaines marécageuses qui couvrent les côtes de la Méditerranée : les maladies les plus