CHAI». VIII. — DES CLIMATS
organiques et aux mômes maladies que celui des pays chauds. L’habitant de l’extrémité polaire de ces mômes climats est également exposé aux mômes maladies que l’homme des pays froids.
Selon la saison : en hiver, tendance aux maladies inflammatoires, aux phlegmasies, etc. : au printemps, persistance des phlegmasies, bronchites, catarrhes pulmonaires, etc. ; en été, entérites, entérocolites, dysenteries, hépatites, choléra sporadique, maladies cérébrales, etc. ; en automne, fièvres paludéennes, fièvres typhoïdes, etc.; en un mot, chaque saison tranchée tend à faire développer les maladies des climats extrêmes avec lesquels elles ont le plus d’analogie.
Un exposé rapide des maladies principales qui régnent en France, peut donner une idée des principales formes pathologiques qui régnent dans les climats tempérés proprement dits, dont ce pays occupe la zone moyenne. C’est ce que je vais essayer de faire, en prenant pour base de la division que j’adopte celle de Sydenham, en constitution médicale stationnaire générale, constitution stationnaire locale et constitution annuelle (t).
Constitution médicale stationnaire générale. — En France, deux constitutions stationnaires générales paraissent dominer : l’une à laquelle on donne le nom de catarrhale, et l’autre d’inflammatoire. — L’expression catarrhale n’indique autre chose que la fréquence des maladies des membranes muqueuses, et la tendance générale de leurs phlegmagsies à s’accompagner de sécrétions morbides. Quant à la constitution inflammatoire, elle exprime l’idée des phlegmasies, et, par conséquent, celle de l’altération du sang, caractérisée par l’augmentation de proportion de la fibrine.
A ces deux constitutions viennent s’en joindre deux autres qui en font des constitutions mixtes : ce sont la constitution dite bilieuse, caractérisée par l’augmentation de la sécrétion biliaire (sud), et la constitution nerveuse, c’est-à-dire accompagnée d’accidents ou de symptômes nerveux de diverses espèces.
La constitution catarrhale peut s’expliquer par l’état météorologique de la France, balayée une partie de l’année par les vents humides et souvent chauds de l’ouest et du sud-ouest.
La chaleur seule explique la constitution bilieuse ; les variations de température, la constitution nerveuse ; et le froid sec ou humide, la constitution inflammatoire.
1) On trouvera beaucoup de documents sur ce sujet dans le travail de M. le docteur Lepileur, imprimé dans Patria, sous le titre de Géographie médicale.
Constitution stationnaire locale. — La France, sous ce rapport, doit ôlre divisée en climat de côtes et climat continental.
La France des côtes présente comme caractéristique la fréquence des rhumatismes et des phlegmasies rhumatismales.
La France continentale se divise en trois régions, qui peuvent recevoir les noms de :
1° Région des plaines ; 2° région paludéenne ; 3° région alpestre ou des montagnes.
La région des plaines ne présente rien de particulier, et j’y reviendrai en m’occupant des endémies; la région paludéenne, qui se trouve occuper une partie de la région des plaines, est caractérisée par la fréquence trcs-grande des accidents dus à l’action des effluves marécageux.
Dans la région des plaines non marécageuses, c’est la latitude du lieu, son altitude, l’état de sa surface, son exposition, les vents qui y régnent, la nature de ses eaux, qui règlent le caractère des formes pathologiques qui s’y développent.
La région alpestre ou des montagnes est surtout caractérisée par la production des phlegmasies aiguës. M. Benoiston de Châteauneuf, dans un travail basé sur la mortalité de l’infanterie, a établi ainsi qu’ilsuit les causes générales de décès dans les diverses parties de la France. Au nord, maladies de poitrine ; au sud, affections du ventre ; à l’ouest, apoplexie. Les documents dont ce savant a pu disposer lui permettent-ils cette conclusion? Il est permis d’en douter.
Constitution annuelle (saisons). — Dans la saison chaude, en été, les maladies qui se développent ont de l’analogie avec les affections qui régnent habituellement dans les pays chauds. Ce sont les maladies de l’appareil digestif et de l’appareil biliaire.
Dans la saison froide et sèche, les maladies se rapprochent de ce que l’on observe dans les climats froids; ce sont des phlegmasies, et, en particulier, celles des organes respiratoires.
Dans les saisons intermédiaires, la variété est plus grande et les maladies se rapprochent tantôt d’un type, tantôt de l’autre. On peut dire, d’une manière générale, que plus une saison est tranchée, plus sa constitution médicale se dessine franchement et nettement.
M. Benoiston de Châteauneuf, dans ce même travail sur la mortalité dans l’infanterie, a noté que les maladies des soldats sont plus nombreuses en automne et en été, et plus rares en hiver et au printemps. Le maximum de mortalité, dans le premier cas, est dû à ce que c’est dans cette saison que les troupes se livrent aux fatigues, aux marches, aux exercices, tandis que, dans le second cas, le minimum est dû à ce que c’est dans l’hiver et le printemps que les soldats ont précisément le plus de