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PROPRETÉ DL BATIMENT. — BALAYAGE

Il faut balayer fréquemment les escaliers, les corridors, cours et pas-

Cil A P. IX. — 1)ES HABITATIONS.

sages ; gratter les dépôts de terre ou d’immondices qui résistent à l’action du balai.

11 est utile de peindre à l’huile les murs des maisons, façades, couloirs, escaliers ; cette peinture empêche les murs de se pénétrer de matières organiques, mais il faut avoir soin d’en opérer la lavage une fois par an.

Lavage du sol. — Les parties carrelées, pavées ou dallées, doivent être lavées souvent quand il s’agit d’escaliers ou de sol de corridors ; il faut les ressuyer aussitôt après le lavage, pour éviter un excès d’humidité toujours nuisible.

L’eau suffit le plus ordinairement à ces lavages ; mais, dans les cas d’infection et de malpropreté de date ancienne, il faut ajouter à l’eau 1 pour 100 d’eau de javelle ou de chlorure d’oxyde de sodium. — L’emploi du chlorure de chaux (hypochlorite) aurait l’inconvénient de laisser h la longue un sel liygroscopique (chlorure de calcium), qui entretiendrait une humidité permanente contraire à la salubrité.

C’est en pratiquant ces soins si simples, d’une exécution si facile et si peu dispendieuse, que l’on tend à la conservation de la santé, en même temps que l’on s’oppose aux progrès des épidémies qui peuvent frapper d’un moment à l’autre toute une population.

Du choix et de la distribution des eaux dans une ville.

Le titre que nous donnons à ce chapitre est celui de la thèse de concours de M. Guérard. Nous ne saurions mieux faire que de le suivre dans sa description et dans les considérations auxquelles il a été conduit dans cet excellent travail.

Dès l’origine des sociétés, les hommes ont généralement cherché à faire leur demeure près des lieux où la nature offrait largement l’eau nécessaire à leurs boissons et à leurs autres besoins. C’est ainsi que les villes, les villages ont été établis près des fleuves, des rivières, des ruisseaux, des sources. Il n’en a cependant pas toujours été ainsi. Les besoins de la défense, ceux du commerce et d’autres encore, ont obligé de placer quelques réunions d’habitations à une certaine distance des cours d’eau; on dut donc songer à amener l’eau à l’aide de conduits, de canaux, de travaux hydrauliques, etc. Les Perses paraissent être les peuples chez lesquels l’art de l’hydraulique a pris naissance, et a été porté presque immédiatement à une grande perfection. Les Romains allèrent beaucoup plus loin, et les débris de leurs travaux hydrauliques font encore l’admiration des modernes.

Au moyen âge, les Arabes portèrent à un haut point l’art de la conduite des eaux. En France la construction de Versailles, de ses aqueducs et de ses canaux fit faire un grand pas à l’art de conduire les eaux, et, depuis, il a fait des progrès incessants.

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Choix «les eaux.

D’après M. Guérard, l’eau dojU être limpide, tempérée eu hiver, fraîche en été, inodore, d’une saveur agréable; elle doit dissoudre le savon sans grumeaux, être propre à la cuisson des légumes : elle doit tenir en dissolution une proportion convenable d’air, d’acide carbonique et de substances minérales; elle doit enfin être exempte de matières organiques.

1° Limpidité. — L’eau contient souvent des matières étrangères : ce sont des matières tenues en suspension. De telles eaux ne sont pas aussi malsaines qu’on l’a prétendu. Il est même probable qu’elles ne peuvent déterminer un sentiment de pesanteur dans la région épigastrique, mais elles sont au moins désagréables à boire et peuvent, en conséquence, être d’un usage répugnant. Il faut donc les clarifier, leur rendre leur limpidité. Nous allons examiner ces moyens de clarification.

Le moyen le plus simple est le repos. Deux obstacles cependant s’opposent à son emploi : le premier, c’est le temps nécessaire à la formation du dépôt ; le deuxième est la masse d’eau sur laquelle il faut opérer. D’après clés calcul? faits pour l’eau de la Garonne, à Toulouse, et l’eau du Rhône, à Lyon, il faut de quatre à cinq jours pour obtenir une limpidité modérée, et neuf à dix jours pour avoir une eau d’une limpidité parfaite; ce temps-là est donc déjà long. Pour la masse du liquide, il faut des bassins de clarification d’une certaine étendue, dans lesquels les eaux séjournant de huit à dix jours peuvent s’altérer de manière à devenir quelquefois impotables. Enfin, un dernier inconvénient de l’emploi unique du repos, c’est que certaines eaux ne se clarifient jamais de cette manière, quel que soit le temps qu’on leur accorde.

Filtration. — La filtration consiste à faire passer le liquide trouble à travers des conduits assez fins pour arrêter les particules solides tenues en suspension, mais ne mettant pas obstacle au passage du liquide lui-même.

Les filtrations peuvent être naturelles ou artificielles. Pour les filtrations naturelles, on s’appuie sur ce fait : que des terrains sablonneux servant de digues et étant en rapport avec des cours d’eaux plus ou moins bourbeux, laissent écouler des eaux parfaitement pures.

A l’imitation de ces filtres naturels, on a imaginé les galeries filtrantes, qui consistent dans des tranchées creusées dans des terrains pierreux et sableux, et d’une nature convenable pour

Cil AP. IX. — DES HABITATIONS.

opérer cette filtration. Des galeries filtrantes de cette espèce sont établies à Toulouse pour la fourniture des eaux de la ville, et elles fonctionnent très-économiquement. Il y a cependant à craindre qu’elles ne s’engorgent, et cette crainte est d’autant plus fondée que, depuis leur établissement, le volume d’eau que fournissaient ces galeries a sensiblement diminué. 1. a nature chimique des terrains, la constitution géologique du sol sont les conditions qu’il faut prendre en considération pour la construction des galeries filtrantes.

Filtrations artificielles. — Considérée d’une manière générale, on peut dire que cette espèce de filtration est difficile à pratiquer sur une grande échelle et très-dispendieuse ; on en connaît plusieurs espèces.

Bassins filtrants. — On peut en avoir un exemple dans ceux de la Compagnie anglaise de Chelsea, à Londres. Ils consistent dans l’établissement de trois vastes bassins communiquant entre eux. Dans les deux premiers, l’eau éprouve un premier degré d’épuration par suite du repos; dans le troisième, l’eau traverse une couche épaisse de sable et de gravier. Une fois la filtration opérée, on enlève le sable et on le remplace par d’autre.

Filtres se nettoyant eux-mêmes. — On peut les construire d’après l’idée de Robert Thom, qui a imaginé de faire arriver successivement et alternativement l’eau au-dessus et au-dessous du filtre. Une fois la filtration opérée, on fait arriver l’eau audessous, et cette eau, traversant le filtre en sens inverse, dégage les matières boueuses et le nettoie.

Filtres portatifs. — Filtres Fonvielle. — Ils consistent en des cylindres de bois cerclés de fer et hermétiquement fermés. Ces cylindres sont divisés en neuf compartiments, remplis de substances différentes. Le premier et le deuxième compartiment contiennent des éponges divisées; le troisième du gravier, le quatrième du grès pilé, le cinquième du gravier, le sixième du grès pilé, le septième du gravier, le huitième du grès pilé, le neuvième du gravier. L’eau peut être dirigée à volonté de bas en haut ou de haut en bas, ou bien on la fait arriver dans les deux sens à la fois ; il en résulte alors des secousses brusques, et un remous qui opèrent le dégorgement.

Dans ce filtre, on change les éponges deux fois par an, le grès pilé tous les neuf mois ; le gravier sert toujours. Peut-être ces époques de changement sont-elles trop éloignées. Le nettoyage des filtres s’opère tous les huit jours, dans les temps où l’eau est trouble, et tous les quinze jours quand elle a ses qualités ordinaires. Ces filtres sont excellents. Ils sont employés en grand à l’Hôtçl-Dieu et dans plusieurs fontaines de

Paris. Le seul inconvénient qu’on puisse peut-être leur reprocher, c’est de ne pouvoir fonctionner que sous une pression hydraulique assez forte. (Elle doit être de 20 mètres au-dessus du niveau du filtre.)

Filtres Sonchon. — Leur base est l’emploi de la laine tontisse, préalablement débarrassée de la graisse. L’appareil se compose de deux parties : la première est appelée dégrossisseur, la deuxième filtre proprement dit. La première est composée de cinq caisses coniques en bois contenant à leur partie inférieure des châssis munis de toile. La deuxième est composée de caisses en bois, munies de cadres de fer galvanisé, de serge et renfermant dans leur intervalle la laine destinée à arrêter les particules étrangères. Ces filtres ont l’avantage de fonctionner vite et bien, d’être d’une construction facile et peu coûteuse, d’un entretien peu dispendieux, et d’exiger une faible pression hydraulique (0,5o). Leur seul inconvénient est de dégager une légère odeur d’hydrogène sulfuré, surtout dans les grandes chaleurs, ce qui tient à la petite quantité de matières organiques que la laine renferme encore. On prétend qu’on évite cet inconvénient en teignant la laine en noir à l’aide de la noix de galle et du sulfate de fer. Ces filtres sont employés dans plusieurs fontaines publiques à Paris.

Filtres à charbon. — Le charbon exerce son action décolorante et purifiante dans des limites beaucoup plus étroites qu’on ne le pense généralement. On peut l’employer simultanément avec d’autres matières, le gravier, le grès pilé. Il n’existe employé exclusivement en grand dans aucun établissement. A l'établissement du quai des Céleslins, à Paris, ce n’est pas uniquement du charbon, mais aussi de la braise de boulanger qui est mise en usage. Elle est bien inférieure au charbon.

Alan. — On ne peut l’employer que très-exceptionnellement, pour des eaux chargées d’une trop grande quantité de chaux. On précipite ainsi un sulfate de chaux, formé par double décomposition, et qui se précipite en raison de son insolubilité.

Filtres domestiques . — On emploie dans les fontaines particulières, soit du gravier, soit du grès pilé, soit des pierres de grès très-poreuses. Nous ne pouvons les décrire ici.

2° Veau doit être tempérée en hiver et fraîche en été. — Les eaux trop chaudes ne peuvent être rafraîchies que par le repos, dans des conduits souterrains ou dans des réservoirs abrités, encore le sont-elles difficilement. Quand on peut avoir des eaux de source, il est toujours préférable de les choisir, non-seulement sous le rapport de la température, mais aussi sous celui de leur composition.

Dans l’économie domestique, pour rafraîchir l’eau sans employer la glace, on ne peut avoir recours qu’à deux moyens : 1° l’application de linges mouillés autour des vases contenant l’eau à rafraîchir; 2° les alcarazas, vases de terre poreuse, laissant s’écouler à travers leurs parois une petite quantité d’eau, qui s’évapore à mesure qu’elle arrive à la surface libre du vase et détermine ainsi son rafraîchissement.

3° L’eau doit être d’une saveur agréable. — C’est chose difficile à définir que la saveur de l’eau, car on ne peut guère l’exprimer que par des caractères négatifs; aussi peut-on la définir ainsi : la saveur de l’eau ne doit être ni fade, ni piquante, ni salée, ni douceâtre.

4° L’eau doit dissoudre le savon sans former de grumeau, elle doit être propre à cuire les légumes secs, tenir en dissolution une proportion convenable d’air , d’acide carbonique, de sels minéraux, et, enfin, ne pas contenir de matières organiques.

Les eaux potables doivent contenir de l’air et de l’acide carbonique.

[Suivant M. Poggiale, les eaux de sources de bonne qualité contiennent de 5 à 7 centimètres cubes d’oxygène pour i 000 parties d’eau ; de 13 à 16 centimètres cubes d’azote et de 17 à 39 centimètres cubes d’acide carbonique. Dans les eaux de rivière, on trouve de 6 à 9 centimètres cubes d’oxygène, de 13 à 20 centimètres cubes d’azote, et seulement de 7 à 23 centimètres cubes d’acide carbonique. Les eaux de source renferment donc moins d’oxygène et plus d’acide carbonique que les eaux de rivière.]

Quant aux matières minérales, elles consistent généralement en 1 à 2 dix-millièmes de matières salines, qui sont ; sulfate de chaux, bicarbonate de chaux (1), chlorure de sodium.

(1) MM. Boutron et Boudet ont proposé, dans ces derniers temps, l’emploi d’une méthode rapide d’analyse permettant de déterminer la valeur relative des eaux au point de vue économique et industriel. Cette méthode est fondée sur la propriété que possède le savon de rendre l’eau pure mousseuse, et de ne produire de mousse dans les eaux chargées de sels calcaires et magnésiens qu’autant que ces sels ont été neutralisés par une proportion équivalente de savon, et qu’il reste un petit excès de celui-ci dans la liqueur. En versant quelques gouttes d’une dissolution alcoolique de savon dans un flacon contenant 40 centimètres cubes d’une eau quelconque,' le phénomène de la formation de la mousse par l’agitation du flacon n’apparaîtra qu’autant que la chaux et la magnésie contenues dans cette eau auront été neutralisées par une quantité proportionnelle de savon et que l’on aura ajouté un léger excès de celui-ci. La proportion de solution savonneuse exigée par 40 centimètres cubes d’une eau, pour produire la mousse persistante, donne donc la quantité de sels calcaires et magnésiens contenus dans cette eau. Cette petite opération est pratiquée à l’aide : 1° d’un flacon d’une contenance de 60 à 80 centimètres cubes, et jaugé à 40 centimètres cubes; et, 2° d’une petite burette graduée, qui contient la solution savonneuse et donne la quantité de savon nécessaire pour détruire les sels calcaires et magnésiens. Tel est l’appareil aujourd’hui universellement adopté auquel MM. Boutron et Boudet ont donné le nom d ’hydrotimètre. E. Bgd.

[Ces matières salines sont nécessaires à l’entretien delà vier elles sont absorbées comme les substances alimentaires, font partie de nos organes et sont renouvelées comme toutes les parties de l’organisme. Mais, pour que l’eau soit saine, agréable à boire et puisse servir aux divers usages économiques et industriels, la proportion de matières fixes ne doit point dépasser 2,5 à 3 décigrammes au plus par litre.]

Voici, au total, les conclusions auxquelles est arrivé M. Guérard dans sa thèse.

« 1° Les eaux dont il convient de faire choix pour une distri- « bution dans une ville sont celles qui jouissent d’une grande « limpidité et d’une température à peu près constante pendant « les différentes saisons, qui n’ont aucune odeur, ne sont ni fa- « des ni douceâtres, ni piquantes ni salées au goût.

« 2° Ces eaux doivent contenir en dissolution de l’air, du bi- « carbonate de chaux, des chlorures, bromures, iodures alca- « lins, de la magnésie, de l’alumine, de la silice et de l’oxyde de « fer, mais la proportion de matières fixes ne doit jamais dé- « passer un demi-millième.

« 3° A défaut d’eaux constituées comme nous venons de le « dire, on accordera la préférence à celles qui s’éloigneront le « moins du type proposé.

« 4° La présence de sels calcaires solubles autres que le « bicarbonate, et de matières organiques en proportion un peu « notable, doit être considérée comme un motif suffisant « pour faire rejeter, à moins d’une nécessité absolue, de la con- « sommation d’une ville, toute espèce d’eau qui s’en trouverait « souillée. »

De la distribution des eaux.

Dans la distribution des eaux, il y a deux éléments à considérer. Ces deux éléments sont : 1 ° l’arrivée des eaux ; 2° le départ des eaux.

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