ARRIVÉE DES EAUX
I Quantité moyenne à distribuer à chaque habitant. — Il est incontestable que l’on consomme d’autant plus d’eau qu’on la reçoit avec plus d’abondance et moins de fatigue. Il est donc difficile d’établir une moyenne générale à cet égard. — D’après Darcy, il faut 150 litres par jour et par individu, pour toutes les destinations de l’économie domestique, les bains, les lavoirs, l’arrosage public et l’industrie. M. Guérard donne un tableau relatif à la quantité d’eau distribuée par jour et par habitant dans
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un certain nombre de villes. Nous choisirons dans ce tableau quelques exemples : à Londres, il y a 95. litres ; à Paris, 67 ; à Genève, 74; à Rome, 944; au Havre, 40 à 45; à Liverpool, 28 ; à Edimbourg, 50 .
Origine des eaux. — Les eaux de source sont de beaucoup préférables. Cependant, quelques-unes contiennent une certaine quantité de substances minérales. Avant de les distribuer, on doit donc toujours les soumettre à l’analyse eliimique. Nous dirons la môme chose pour les puits artésiens.
Les eaux de rivière tiennent le milieu entre les eaux de source et les eaux météoriques. Elles sont plus âcres, contiennent plus de matières organiques, moins de sels ; du reste, leur composition n’a rien de fixe. Les causes qui influent sur leur composition, et qui doivent ôtre prises en considération, sont les conséquences des matières qu’elles reçoivent dans leur cours. Telle est : 1° l’arrivée et -le mélange des eaux provenant des buanderies, des boyauderies, des corroieries, des teintureries, qui peuvent y introduire des matières putrides; 2° la traversée des grandes villes ; aussi, d’après les analyses connues, il est incontestable que l’eau de la Seine, à la sortie de Paris, contient plus de matières étrangères qu’à son entrée ; 3° la présence des matières organiques de nature paludéenne, qu’elles ont pu recueillir en traversant des lacs, des étangs, des terrains marécageux.
Eaux de puits. — On trouve rarement à les appliquer à l’économie domestique. Elles contiennent presque toutes du sulfate et des phosphates calcaires abondants, et les produits des infiltrations des résidus de l’économie domestique, tels que ruisseaux, écuries, cuisines et usines, etc. Ces altérations des eaux de puits par les eaux ménagères doivent être prises en grande considération, d’autant plus que ces eaux s’altèrent presque toujours spontanément, même assez vite, en raison de la présence de ces mêmes matières organiques.
Eaux de citerne. — Les eaux météoriques, même les plus pures, ne le sont jamais d’une manière absolue. Elles contiennent presque toujours un peu de nitrate d’ammoniaque, des traces d’iode, une petite quantité des agents minéralisateurs de l’Océan. Ces mêmes eaux étant conservées dans des citernes y trouvent des agents d’altération : telles sont les parois, qui y déterminent presque toujours la présence d’une certaine quantité de sels; on y trouve aussi une petite quantité de matières organiques, produits d’une végétation spontanée, ce qui rend celte eau facilement altérable. Quelquefois elle s’altère dans la citerne même.
Pour obvier à ces. inconvénients, on a recours aux moyens
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suivants : la construction de la citerne doit être aussi vaste que possible ; on doit la purifier à l’aide du charbon.
L’emploi du charbon remonte à une époque assez éloignée : ce n’est cependant que depuis un certain nombre d’années que l’on se sert du noir animal en grains. D’après M. Girardin, il faut 4 kilogrammes de charbon d’os par hectolitre d’eau, pour la débarrasser des sels calcaires qui la rendent impropre à la boisson. L’eau des citernes peut s’altérer accidentellement. Ainsi, M. Kuhlmann a cité la présence du sulfate de cuivre, provenant des tuyaux de ce métal employés dans la construction des cheminées, sulfate qui, sans doute, aura été entraîné dans l’air par la fumée, déposé sur les toits dans les gouttières, repris par la pluie, et conduit de là dans les citernes.
Eaux des étangs. — Elles se rapprochent beaucoup des eaux des marais; aussi, à Versailles, où ce sont des eaux provenant des étangs qui servent aux usages de la ville, on les accuse d’être la cause des fièvres in termittentes assez nombreuses qu’on observe dans cette localité. Ces eaux contiennent, en effet, une quantité notable de matières organiques. Il y a des eaux de rivière qui, sous ce rapport, peuvent être assimilées à de véritables eaux d’étang. Les eaux des tourbières peuvent encore leur être comparées. Il ne faut pas, toutefois, rejeter les eaux des étangs d’une manière absolue, car elles peuvent, dans certains cas, se purifier naturellement et spontanément en traversant une couche de sable pour donner naissance à des sources.
Enfin, les eaux peuvent être altérées par la présence de féculeries, de routoirs, d’amidonneries, et de telles eaux ne doivent pas être employées pour être distribuées.
Réservoirs. — Quelle que soit l’origine des eaux, il faut établir entre leur arrivée et les tuyaux qui les répartissent un point intermédiaire. Ce point, ce sont les réservoirs. Voici, à cet égard, quatre propositions que nous empruntons toujours à l’excellente thèse de M. Guérard :
1° Un réservoir de distribution d’eau doit être disposé de manière à pouvoir être facilement nettoyé et réparé :
2° On lui donne une profondeur moyenne de 3 mètres à 3 mètres 50. Au-dessous de cette limite, l’eau aurait trop de tendance à s’y échauffer, les plantes aquatiques et les insectes à s’y multiplier. Au delà de la limite supérieure que nous avons assignée, on serait exposé à perdre le bénéfice d’une partie de la charge, lorsque, dans le cours du service, le niveau du liquide aurait subi un abaissement considérable.
3° Il conviendra d’établir deux réservoirs ou deux divisions indépendantes l’une de l’autre dans un réservoir unique, afin de ne pas interrompre le service en cas de réparations.
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4° Enfin, la construction d’un toit, et mieux encore d’une voûte, au-dessus d’un réservoir concourrait puissamment à conserver à l’eau sa pureté et sa fraîcheur.
Matières employées dans la construction des réservoirs. — Les réservoirs en maçonnerie sontles meilleurs ; ils conservent à l’eau sa pureté et une température égale. — Levs réservoirs en tôle sont les seuls qu’on puisse employer, quand ils doivent être placés à une certaine hauteur. — Les réservoirs en plomb , bien qu'ils aient été employés de toute antiquité, doivent être à peu près complètement rejetés, en présence des accidents d’intoxication saturnine qu’ils peuvent déterminer, en abandonnant à l’eau une certaine quantité de sels de plomb. — Les réservoirs en zinc , d’après les observations de M. Auzoux, donnent une eau pure, limpide et de bonne qualité, bien que l’eau qui y est conservée s’y recouvre souvent d’une pellicule blanche. Les réservoirs en bois s’altèrent assez rapidement, en raison de la corruption lente que subit le ligneux, sous l’influence du contact de l’eau. La carbonisation de la surface interne de ces réservoirs serait le seul moyen de retarder, mais non d’empêcher ce mode d’altération.
Aqueducs. — Les aqueducs servent de moyen de communication entre les services des eaux et les réservoirs; on les connut dans les temps les plus reculés, et des ruines qui remontent à la plus haute antiquité présentent, presque toujours, des traces d’aqueducs construits d’une manière solide et capables de défier les siècles. Les aqueducs doivent être construits en maçonnerie ; on les fait ouverts ou fermés. La seule règle que l’on puisse établir consiste dans la solidité qu’on doit donner à leur construction.
Conduites. — Les conduites sont, comme les réservoirs, en fonte, en plomb, en zinc, en bois ou en poterie.
Conduites en fonte. — Ce sont celles que l’on doit préférer. Leur seul inconvénient est de laisser former à leur intérieur des tubercules ferrugineux, qui peuvent même devenir assez volumineux pour les oblitérer. Ces tubercules n’altèrent pas l’eau d’une manière fâcheuse ; on doit cependant en éviter la formation, ce que l’on peut presque toujours obtenir en enduisant la surface interne de ces conduites d’une couche de ciment hydraulique de Yicat. — On a encore conseillé d’enduire intérieurement les conduites avec de l’huile de lin, qui bouche les pores, ou avec une couche bitumineuse, ce qui a pour effet de paralyser la puissance de l’action des éléments sulfureux sur le fer.
Les dépôts ou incrustations calcaires se forment beaucoup plus fréquemment dans les conduites que les tubercules ferrugineux.
On dissout facilement ces dépôts, qui finiraient par oblitérer complètement la conduite, au moyen de l’acide chlorhydrique dilué, que l’on y fait séjourner pendant quelque temps.
Conduites en plomb. — On ne les emploie plus guère que pour l’alimentation des orifices d’écoulement, ce qui est dû à la facilité avec laquelle on leur fait prendre toutes les directions. Quant à leur empfoi comme conduites générales, on doit les rejeter, en raison des particules de plomb que peut entraîner l’eau, et des accidents qui en sont la conséquence.
Conduites en zinc. — Leur prix élevé fait qu’on ne les emploie que sur une petite échelle.
Conduites en bois. — On ne peut en faire usage que lorsque l’eau n’a pas une forte charge.
Conduites enpoterie. — On doit leur donner une épaisseur considérable, pour remédier à leur grande fragilité : on ne peut non plus les employer que quand l’eau n’exerce pas une forte charge.
Appareils et moyens de distribution. — L’eau amenée ainsi peut être dirigée sur la voie publique par des fontaines, ou conduite à domicile.
Les fontaines sont monumentales, ou bien ce sont, sous une forme beaucoup plus modeste, les bornes-fontaines.
Ces dernières répondent à deux objets principaux, les arrosements et les puisages particuliers, et elles les remplissent plus ou moins, suivant les villes où on les considère.
Les conduites d’eau à domicile, qui sont très-communes en Angleterre et en Écosse, sont encore bien peu en usage en France, et on doit espérer qu’avec les progrès journaliers que fait l’hygiène publique, cet usage prendra une grande extension.
Nous résumerons, avec M. Guérard, tout ce qui vient d’être dit dans ce deuxième chapitre, dans les cinq propositions suivantes :
1° La quantité d’eau à distribuer chaque jour dans une ville, par individu, doit s’élever à 100 litres. Dans le cas où l’on ne peut atteindre ce chiffre, il est à désirer qu’on s'en éloigne le moins possible;
2° Les eaux de source doivent être préférées .pour l’approvisionnement d’une ville ; viennent ensuite les eaux de rivière. Les eaux d’étang ne peuvent être acceptées qu’autant qu’elles proviennent de masses considérables et qu’elles n’exhalent aucune odeur marécageuse pendant les plus fortes chaleurs ;
3° Dans le cas où les eaux potables fournies par les sources ou les rivières absorberaient tout le volume disponible, on pourrait appliquer aux autres services publics, arrosements, bains, lavoirs, etc., des eaux de moindre qualité, dût-on, pour
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les lavoirs et les bains, en précipiter le sulfate calcaire par une quantité équivalente de carbonate de soude ;
4° Quand on aura des réservoirs ou des tuyaux de conduite en plomb, on apportera le plus grand soin à éviter que ce métal ne s’y trouve en communication avec du fer ou de la fonte ;
5° Enfin, dans les appareils de distribution publique, comme fontaines et bornes-fontaines, il conviendra de disposer les constructions de manière à ne pas avoir d’écoulement sur la voie publique durant l’hiver, tout en continuant le service même pendant les gelées, pourvu que la température de l’eau d’alimentation n’y mette point obstacle.
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c II A P . IX. — DES HABITATIONS.
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Départ des eaux.
Une fois employées aux usages domestiques ou industriels, les eaux doivent être entraînées hors delà cité.
Les moyens et appareils de départ des résidus liquides sont les gouttières, les conduites, les ruisseaux et les égouts. Nous ne nous occuperons ici que de ces derniers.
Des égouts. — Les égouts sont des canaux en général souterrains, et à l’aide desquels on conduit, de l’intérieur des villes, dans les rivières qui les traversent ou qui passent à une certaine distance, le surplus des eaux qui n’ont aucune destination, ou bien qui, après avoir servi, sont devenues nuisibles à la santé parla décomposition des matières organiques qu’elles renferment. — Pour donner une idée de la quantité d’eau que les égouts peuvent entraîner, voici quelle était celle que les égouts de Paris conduisaient en 1843 à la Seine : — 1,904,000 mètres cubes d’eaux pluviales, 40,000 mètres cubes d’eau provenant des fontaines, et 1,600 mètres cubes d’eaux ménagères.
Les égouts bien construits ne peuvent exercer aucune influence pernicieuse sur la santé, à la condition toutefois que, quelque élevée que soit la température extérieure, ils ne donneront naissance à aucune émanation odorante.
Les conditions qui s’opposent à ces émanations sont les suivantes :
Les égouts ne doivent pas être à découvert; il faut qu’ils constituent des canaux souterrains, construits en pierre, dallés inférieurement, voûtés supérieurement, assez élevés pour qu’un homme puisse s’y tenir debout, et assez spacieux pour que l’eau qui tombe en grande quantité et rapidement par les pluies d’orage puisse être évacuée avec facilité.
Ces mêmes égouts doivent présenter, depuis leur point d’o-
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riginc jusqu’à celui de leur débouché, une inclinaison légère et progressive destinée à favoriser l’écoulement des eaux. Enlin, les égouts doivent présenter, de distance en distance, des jours assez larges pour permettre à un homme d’y descendre, et cependant assez hermétiquement fermés dans les temps ordinaires pour, s’opposer à la sortie des émanations.
Les égouts construits dans ces conditions ne peuvent exercer aucune influence pernicieuse sur la santé, dans toute l’étendue de leur parcours. Mais en est-il de même à leur embouchure, et sont-ils capables d’altérer les eaux de la rivière dans laquelle ils débouchent? Pour résoudre cette question, il faut distinguer ce qui a lieu en hiver et en été. — En hiver, les eaux des fleuves et des rivières sont très-hautes ; le courant est énergique, et les liquides provenant des égouts sont rapidement entraînés par la violence du mouvement des eaux ; ici, il n’y a aucun accident à redouter, d’autant plus que la basse température réduit au minimum le dégagement des émanations.
En été, il n’en est pas ainsi : les eaux des égouts renferment une grande quantité de matières organiques en décomposition, et c’est à leur débouché qu’elles viennent se déposer sous forme d’un limon gras, odorant, fétide, qui infecte l’air et laisse dégager, entre autres gaz, de l’acide sulfhydrique et de l’hydrogène carboné. Ces dépôts et ces émanations sont encore favorisés par le niveau extrêmement bas des cours d’eau qui, parfois même, sont presque desséchés.
Dans cette saison, l’eau des égouts est-elle capable d’altérer celle des courants auxquels elle vient se mêler? A priori on pourrait le croire, et cependant cette question est indécise. Si le courant est peu considérable, nul doute que l’eau des égouts qui vient s’y mêler ne l’altère; si, au contraire, il est large et profond, et s’il s’agit d’une grande rivière, d’un grand fleuve, les produits des égouts ne peuvent l’altérer. Ainsi à Paris, par exemple, l’eau de la Seine, analysée avant son entrée dans la capitale et à sa sortie, n’a pas présenté de trèsgrandes différences dans sa composition.
La question relative aux égouts, et qui intéresse le plus la santé publique, est celle de leur curage. Il faut, en effet, de toute nécessité, que, pendant cette opération, les regards et les canaux souterrains soient mis en communication avec l’extérieur; or, cet extérieur est l’atmosphère des rues, des places, etc., etc., qui se trouve forcément imprégnée des émanations fétides dues à la décomposition des matières organiques de nature animale et végétale, contenues dans l’eau des égouts. — Ces émanations peuvent-elles être nuisibles à la santé ?
L’opinion de la plupart des médecins qui se sont occupés de la question est qu’elles ne le sont pas, et que leur innocuité est spécialement la conséquence de leur dissémination dans l’atmosphère.
Quant à l’action sur les égouttiers chargés de l’opération du curage, c’est autre chose, et les accidents dont ils peuvent être atteints sont tout à fait analogues à ceux qui frappent les vidangeurs : c’est l’asphyxie, et, si l’action est moins énergique, mais plus prolongée, ce sont les ophthalmi^s. Cette similitude d’effets se comprend bien d’après l’analogie de composition des gaz qui constituent l’atmosphère des égouts. Ces gaz sont : le sulfhydrate d’ammoniaque, l’acide sulfhydrique, l’acide carbonique et un peu d’hydrogène carboné. Parent-Duchàtelet, dans le compte rendu des travaux faits pour pratiquer le curage de l’égout, dit égout Amelot, à Paris, a donné les règles les meilleures à suivre dans de semblables opérations, règles que le médecin ne doit pas ignorer. En voici le résumé :
1° Établir à chaque jour, successivement, un fourneau rempli de braise en combustion et percé de trous ; il sert de fourneau d’appel, et l’air qui le traverse perd dans la combustion une partie des matières organiques qu’il contient ;
2° En môme temps que ce fourneau d’appel est établi, on barre complètement l’égout, au niveau de chacun des deux jours les plus proches, à l’aide d’une grosse toile bien tendue, et imbibée d’eau chlorurée : l’air méphitique, appelé en raison de la dilatation de l’air, placé au-dessous du fourneau d’appel qui a dilaté l’air, doit, en traversant ces toiles, y laisser décomposées les matières organiques qu’il contient;
3° Pour favoriser le départ des matières, il faut, en outre, établir des barrages de distance en distance, y introduire des eaux étrangères, les brasser avec les matières les plus solides déposées au fond de l’égout, puis enlever subitement les barrages et laisser écouler le tout par une sorte de débâcle ;
4° Choisir une saison intermédiaire, et éviter le froid comme les chaleurs ;
3° Établir des intermittences dans les travaux des ouvriers, les soutenir avec quelques spiritueux, et combattre les accidents de méphitisme dès qu’ils commencent à se montrer : tels sont la céphalalgie, les vertiges, qui indiquent, en général, le début de l’action méphitique. La manifestation d’une syncope indique l’imminence du danger.
[A Londres, non-seulement les eaux pluviales et ménagères, mais encore les matières fécales, se rendaient, au moyen de
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conduits particuliers (house- drains), à l’égout principal de la rue, et de là dans la rivière. Il en résulta d’abord l’infection de la Tamise lors de l’abaissement des eaux à l’époque des grandes chaleurs, comme on l’a vu surtout en 1 858 . Des émanations fétides étaient incessamment exhalées dans les rues par les regards. Ce n’est pas tout, les matières pouvaient refluer de l’égout dans les maisons, par le fait des grandes marées de la Tamise, à la suite d’un violent orage, ou quand les égouts étaient obstrués par une cause quelconque. Souvent, enfin, les gaz infects qui circulent dans les principaux cloaques remontaient dans les demeures particulières, par suite des différences de températures. C’est ce qui avait lieu surtout en hiver, quand, les pièces étant chauffées, il se fait vers elles un appel énergique. Ces reflux, si incommodes et si nuisibles, se sont produits malgré les soupapes et clapets placés à l’abouchement des drains, mais détériorés par l’humidité. Telle est la disposition que quelques personnes ont vantée, et dont on a proposé l’application chez nous. Lors du congrès de Bruxelles (1852), lord Ebrington, MM. Cochrane et Ward ont hautement reconnu ces graves iuconvénients et déclaré honteux l’état des égouts de Londres. Aujourd’hui, à la suite d’immenses travaux, les eaux des égouts ne sont plus déversées dans la Tamise, mais dans la campagne auprès de Londres, où elles servent d’engrais; la plupart des inconvénients que nous venons de signaler sont donc évités.
Un système bien préférable à l’ancien a été développé par M. Ward, on le connaît sous le nom de système anglais ou système à circulation continue. Le voici en deux mots : au moyen d’un drainage convenable, on recueille, dans des campagnes sablonneuses ou sur des collines, l’eau versée par les pluies, et qui est alors épurée par une filtration naturelle. Cette eau est conduite dans les villes au moyen d’aqueducs ou lancée par des machines, et distribuée dans toutes les maisons et à tous les étages ; puis, après avoir servi aux usages domestiques, déjà chargée d’une foule de détritus organiques, elle délaye et entraîne les matières fécales. De nouveaux conduits l’emmènent dans les champs qu’elle fertilise. De la sorte, il n’y a pas à regretter la perte d’un engrais précieux. Ce système est déjà adopté dans quelques localités d’Angleterre et d’Ilalie. Désinfection des matières fécales et des détritus de toute sorte, utilisation en agriculture : telle paraît être aujourd’hui la solution généralement admise de ce grand problème d’hygiène.]
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— Maurin. Rapp. sur la question des égouts de Marseille , Marseille, 1870, in-8°.
— Angell (L.), Sanitary science and the sewage question. London, 1871. — Duthie (J.), A treatise on the utilisation of towns' sewage, etc. London, 1871. — Corfield, A digest of facts relating to the treatment and utilisation of sewage.
ed. London, 1871. — Durand-Claye. Note sur un projet d’utilisation des eaux d’égout dans la ville de Paris , in Compt. rend, de l’Acad. d. sc., t. LXXII, n° 3,
1871. — Handfield (Jones), Cases of poisoning by sewer effluvia, in Med. Tim. a. Gaz. vol. II, 1871. — Fergus, On the sanitary asp. of the sewage question, in Edinb. med. Journ., febr., 1872. — Du même. The sewage question, Ibid.,febr., 1874.
— Orth, Ueb. Untersuchung u. lcartographische Aufnahme des Bodensu. Untergrundes grosser Stàdte, in Vierteljahrs. f. ger. Med. u. ôff. Sanit., April, 1874. — Jeannel, Solution de la question des eaux d’égouts pour leur emploi direct en irrigations sur les terrains cultivés, in Un. méd., n° 138, 1874. — Lacoste (P.), Projet d’éyouts de la ville de Pau, in Ann. d’hyg., 2e sér., t. XLIV, 1875. — Plus un trèsgrand nombre d’articles et de Mémoires publiés en Allemagne sur l’établissement d’égouts dans les principales villes.
De quelques autres établissements publics.
Abattoirs. - Les abattoirs existent maintenant dans un grand nombre de cités, et ils ont fait disparaître tous les inconvénients attachés autrefois aux tueries particulières qui se trouvaient dans l’intérieur des villes. — Les abattoirs actuels, destinés, comme on le sait, à l’abatage des animaux qui fournissent la viande de boucherie, sont tous de création moderne ; aussi la plupart des règles les plus importantes de l’hygiène y ontelles été appliquées. Parmi celles qui sont les plus utiles et les plus générales, je signalerai les suivantes :
1° Il est nécessaire d’établir les abattoirs le plus loin possible du centre des villes, si ce ir’est môme au dehors ;
2° Les isoler et les établir dans une position élevée ;
3° Entourer les bâtiments et les murs d’une ceinture d’arbres qui, en grandissant, finissent par constituer une sorte de barrière en quelque sorte infranchissable pour les miasmes qui pourraient se dégager ;
4° Établir des salles vastes, hautes, librement et facilement aérées, dallées en larges pierres inférieurement et voûtées supérieurement. L’éclairage par des fenêtres situées en haut, assez près de la voûte et maintenues ouvertes presque continuellement. contribuera en même temps à la ventilation ;
4M» DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE i/llYGIÈNE.
5° Avoir do l'eau en abondance pour opérer de grands et fréquents lavages, en môme temps qu’on s’oppose à la stagnation des eaux qui ont servi, et qu’on les dirige vers les égouts à l’aide d’un branchement spécial, résultant de la réunion des canaux d’évacuation qui passent sous chacune des salles destinées à l’abatage ;
6° Les salles doivent être maintenues dans un état continuel de fraîcheur, à l’aide de fontaines et de bassins ;
7° La pratique a démontré qu’il était préférable de maintenir les salles dans une demi-obscurité. — La réunion de ces trois conditions: fraîcheur, ventilation et absence de lumière, contribue à retarder la putréfaction des matières animales et à éloigner les insectes.
11 est d’observation, du reste, que les émanations des abattoirs sont, la plupart du temps, complètement nulles, attendu qu’il s’agit de viandes saines, auxquelles on ne laisse pas le temps de se putréfier. Loin donc d’exercer une influence fâcheuse sur les habitants du voisinage, ou sur les ouvriers employés à l’abatage, elle fortifie au contraire leur constitution.
Marchés . — On distingue, à Paris, les marchés, en marchés d’approvisionnement et marchés de détail ; des facteurs nommés par l’administration président aux achats dans les premiers, et des inspecteurs, à la vente dans les seconds. Les règles qu’on doit suivre relativement à l’hygiène des marchés sont les suivantes : ils doivent être isolés des maisons voisines, largement aérés par le haut, au moyen de persiennes à jours. Le lavage doit être facilité par des fontaines multipliées. Le séjour sur le sol de débris animaux et végétaux doit être évité avec le plus grand soin. Dans la partie des marchés réservée aux poissonneries, les mesures de salubrité doivent être rigoureusement observées; il y faut surtout un dallage, de l’eau en abondance, et, en été, de la glace, pour empêcher la putréfaction du poisson et de la marée. [Ces conditions se trouvent remplies très-heureusement dans les nouveaux pavillons en fer des Halles Centrales.]
Voiries, équarrissage des chevaux. — Cette question a été longuement traitée plus haut. Nous ne nous en occuperons pas de nouveau ici,
Bibliographie. — Abattoirs . Vov. dans Delamarre, Traité de la police, les différents article? relatifs aux tueries. — Damours, Mém. sur la nécessité et les moyens d’éloigner du milieu de Paris les tueries de bestiaux et les fonderies des suifs. Paris, 1787, in-4°. — Girardix (J.), Sur l’écoulement des eaux fournies par les abattoirs de la ville de Rouen , in Ann. d'hyg., lre sér., t. XXIV, p. 84, 1840. — Chevallier et Guérard, Mém. sur les résidus liquides provenant des établissements industriels (eaux sanguinolentes provenant dos tueries, des boucheries, des abattoirs , ibid., t. XXXV, p. 101, 1846. — Hamoxt, Des abattoirs de la ville de