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ces de çarvi, de lavande ou de romarin. On peut les rendre presque transparents, en y incorporant une petite quantité d’alcool. Ces diverses espèces de savons sont de bons cosmétiques ; ils nettoient bien la peau, et n’exercent sur elle aucune action irritante ; ils sont encore employés pour ramollir les poils de la barbe et faciliter l’action du rasoir.
9° Fécules, 'poudres dures.
Les poudres employées comme absorbantes sont, en général, constituées par de la fécule ou de l’amidon aromatisés avec des essences. Autrefois, on s’en servait pour les cheveux, et, quelquefois môme, on appliquait par-dessus une pommade qui, venant à se mélanger à ces poudres, formait un mastic assez dur.
Chez certains individus, la matière grasse qui lubrifie les cheveux est en telle abondance, qu’il faut employer la poudre d’amidon pour en absorber une partie. On peut également faire usage du son, ou bien de la poudre de riz, qui absorbe également bien la sécrétion trop abondante des aisselles et des aines. La poudre d’iris, qui a servi pendant quelque temps à ces divers usages, est trop excitante ; elle irrite la surface de la peau avec laquelle elle est mise en contact, et détermine souvent des céphalalgies opiniâtres et rebelles.
Les poudres dentifrices sont très-multipliées. Celles qu’on doit préférer consistent en un mélange, par parties égales, de poudres de quinquina et de charbon parfaitement pulvérisées et mêlées intimement. Les poudres de corail ou de pierre ponce, également très-employées, usent trop rapidement l’émail des dents. Ces diverses poudres sont, en général, aromatisées pour être livrées à la consommation.
La pâte d’amandes en poudre doit, tout simplement à l’albumine végétale qu’elle renferme, la propriété de faire émulsion avec les matières grasses de la peau sur laquelle elle est appliquée, et de rendre ainsi plus facile leur enlèvement par l’eau.
Substances minérales.
La plupart des substances minérales sont douées d’une grande activité et, par cela même, peuvent déterminer des accidents. Nous examinerons seulement les principales :
1° Mercure. — A l’état métalliqne, il fait partie de la poudre dépilatoire de Laforêt. Il est très-employé dans le peuple pour détruire certains insectes parasites (onguent gris). On ne saurait, à cet égard, recommander trop de modération dans son
emploi, si l’on ne veut voir se déclarer une salivation souvent rebelle.
Le cinabre (sulfure rouge, vermillon) mélangé à de la poudre de talc (silicate d’alumine), sert à former des fards rouges d’une couleur assez belle, et d’un prix bien moins élevé que ceux fait s avec le carmin. Ces fards sont souvent convertis en pommades par l’addition d’huile de ben et d’un peu de gomme adragante. Ils ont les inconvénients de tous les onguents mercuriels, qui, appliqués sur la surface cutanée, peuvent être absorbés et déterminer ainsi des accidents; ils altèrent, de plus, le tissu de la peau sur laquelle ils font naître des éruptions de diverses natures.
2° Arsenic. — Il fait partie de quelques poudres épilatoires. Telle est, par exemple, l’association du sulfure d’arsenic et de la chaux. La crème parisienne, composée de chaux vive 60 gr., sulfure d’arsenic 15 gr., orcanette 8 gr., est une poudre épilatoire très-dangereuse et qui devrait être proscrite ; les symptômes de l’empoisonnement par l’arsenic se manifestent quelquefois à la suite de son emploi.
3° Oxyde de zinc. — Uni au talc, il forme un blanc de fard assez beau et parfaitement inoffensif.
4° Argent. — Ses préparations sont souvent mises en usage ; ainsi, le nitrate d’argent est fréquemment employé pour teindre les cheveux.
L’eau dite de Chinp est un mélange de nitrate d’argent et de nitrate de mercure en solution aqueuse concentrée, et qui certainement a bien souvent agi comme caustique énergique.
L’eau d’Égypte contient des proportions moindres de nitrate d’argent. Ln solution dans l’eau distillée, la coloration noire est moins belle : elle passe rapidement au brun et au violet. La quantité de nitrate d’argent qui s’y trouve n’est pas assez considérable pour rendre cette solution dangereuse.
5° Sous-nitrate de bismuth. — Il constitue le fard blanc. Il serait tout à fait sans danger, s’il ne s’y trouvait presque toujours mélangée une petite quantité d’acide arsénieux. Privé de ce dernier élément et employé comme fard, son usage prolongé irrite la peau, la rend moins souple, plus dure, et quelquefois y fait développer des affections spéciales.
6° Céruse. — La céruse, ou carbonate de plomb, est employée comme fard blanc. Le blanc de Kremer, ou blanc d’albâtre, est un mélange de céruse avec de la graisse de veau et de la cire vierge. La céruse est assez employée pour teindre les cheveux en noir, et Orfila, à qui l’on doit de curieuses expériences sur ce sujet, a constaté l’efficacité de quelques-unes de ces préparations.
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Le sulfate de plomb, mêlé avec la chaux hydratée et de l’eau, forme un plombite de chaux qui teint bien les cheveux en noir. On emploie aux mômes usages l’acétate ou le sous-acétate de plomb dissous et additionné d’une petite quantité d’acide sulihydrique liquide.
La litharge, la craie, la chaux vive hydratée et récemment éteinte, broyées et mélangées exactement, forment, avec l’eau, une bouillie qui teint les cheveux en beau noir.
Ces préparations, employées trop fréquemment ou laissées trop longtemps en contact avec la peau, peuvent-elles provoquer le développement d’accidents saturnins?
[Un certain nombre d’intoxications parfaitement constatées depuis quelques années, et surtout chez des artistes dramatiques , ont surabondamment démontré cette fâcheuse propriété.]
7° Alun. — L’alun donnant à la peau une tonicité remarquable, on l’a introduit dans beaucoup de recettes astringentes. On l’emploie presque toujours mélangé à des poudres d’iris, à des fécules aromatisées de diverses manières. Ces poudres sont destinées surtout à enlever la sueur des aisselles, des pieds, et plus particulièrement à masquer son odeur. Les inconvénients attachés à l’usage de l’alun sont ceux de la suppression de la sueur, quand toutefois il la détermine. Dans d’autres cas, il produit diverses altérations de la texture de la peau.
L’alun entre dans des poudres dentifrices, dans l’opiat rouge au corail, qui en contient notablement. On pourrait, du reste, beaucoup multiplier les formules de préparations astringentes dans lesquelles on introduit de l’alun : mais cela aurait peu d’intérêt,
8° Chaux. — La chaux entre dans la préparation de quelques cosmétiques. L’eau de chaux, mêlée à l’opium et à l’huile d’amandes douces, forme un liniment qui préserve les lèvres des gerçures dues à l’air froid et sec.
9° Charbon. — Le charbon en poudre, incorporé dans une pommade grasse, forme la fameuse pommade mélaïnocome, qui salit aussi facilement les doigts qu’elle teint les cheveux.
Nous terminerons l’étude des cosmétiques, en les considérant sous un autre point de vue, celui des parties du corps sur lesquelles on les applique.
Système pileux . — M. Cazenave, dans son excellent traité des maladies du cuir chevelu, a parfaitement tracé l’histoire de l’hygiène de ce système. Nous ne pouvons mieux faire que d’v renvoyer le lecteur.
Les cosmétiques du système pileux ont pour base les corps
Îi20 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE L’ÜYGIÈNE.
gras aromatisés avec différentes substances ; ils sont en grand nombre. Est-il bon d’en faire un usage habituel? il faut établir une distinction. Oui, pour quelques sujets chez lesquels les cheveux sont secs. Mais, dans la grande majorité des cas, ils sont parfaitement inutiles. Pour les sujets qui ont des cheveux gras et humides, non-seulement ils sont inutiles, mais nuisibles. Ces cosmétiques augmentent les sécrétions de la peau de la tête et des cheveux, ils allèrent la racine du poil et en favorisent la chute.
M. Cazenave repousse formellement l’usage des cosmétiques gras pour tous les cheveux. Lorsqu’on veut en faire usage, il recommande de nettoyer de temps en temps la tête, soit avec des poudres amidonnées, soit avec des eaux plus ou moinsalcoolisées ou légèrement savonneuses.
Existe-t-il des préparations 'capables dç prévenir la calvitie ou de faire repousser les cheveux? Malgré les annonces de tant de charlatans, M. Cazenave nie formellement qu’il en existe une seule. Jamais, dit-il, il n’a vu d’individu chauve recouvrer des cheveux.
Il recommande, lorsque les cheveux tendent à tomber, mais ne le sont pas encore ou ne le sont que partiellement, d’avoir recours à des pommades qui ont pour base, soit le sulfate de quinine, soit le tannin, auxquels on ajoute de plus des baumes ou quelques huiles essentielles.
Quant à la teinture des cheveux, nous avons suffisamment traité ce sujet pour qu’il soit utile d’y revenir ici. Nous ajouterons seulement qu’on commence à employer maintenant un moyen parfaitement innocent, d’une très-facile application, et qui n’a d’autres inconvénients que d’obliger à le renouveler tous les quatre ou cinq jours. C’est la coloration des cheveux avec une brosse chargée d’une solution concentrée d’encre de Chine dans l’eau.
Peau. — Les cosmétiques de la peau sont employés pour enlever les corps étrangers qui la souillent et pour entretenir sa souplesse, sa finesse et sa couleur.
Les savons remplissent la première indication, et nous nous en sommes occupés. — Pour remplir la seconde, il y en a plusieurs. Les corps gras d’abord . Aussi, dans l’antiquité, les frictions huileuses étaient-elles fort en honneur. Maintenant, il y a un certain nombre de pommades qui sont vendues dans ce but par une foule d’industriels.
Les pâtes d’amandes ne sont autre chose que le résidu desamandes douces et amères d’abricots, qui ont été pressées pour obtenir de l’huile. Elles sont ensuite desséchées à l’étuve. C’est ce mélange de ligneux, d’un peu de fécule et d’un reste d’huile