SECTION I. — ÉPOQUE DE LA NAISSANCE. — ENFANT NOUVEAU-NÉ
La période qui est comprise sous ce titre renferme la naissance, les six ou sept jours qui la suivent, et se termine à. l’époque de la chute du cordon ombilical. Cette période est marquée par des caractères particuliers, qui sont la conséquence du changement de milieu que vient de subir le nouveau-né.
Sans entrer en aucune manière dans la description anatomique et physiologique de l’enfant qui vient de naître, il est nécessaire de présenter quelques détails touchant les modifications que ce changement de milieu fait subir aux principales fonctions :
1° La surface cutanée et les organes des sens, au lieu d’être plongés dans les eaux de l’amnios, sont en contact avec un nouvel agent, l’air atmosphérique, qui peut jouer à leur égard,
14 PREMIÈRE PARTIE. — SUJET DE i/llYGIÈNE.
cl dans certaines circonstances , le rôle d’agent irritant ;
2° A 1 instant de la naissance, les poumons se déplissent, deviennent perméables à l’air, et la respiration commence à s'effectuer à la surface de la membrane muqueuse pulmonaire. Cette muqueuse est donc en contact avec un nouvel agent, l’air atmosphérique, et, par conséquent, avec les différents gaz et les substances étrangères qu’il renferme ;
3° A cet instant commence également une fonction nouvelle : la calorification, laquelle est intimement liée à l’absorption de l’oxygène par la surface pulmonaire, quelle que soit d’ailleurs la théorie de la chaleur animale qu’on veuille admettre ;
4° Les voies digestives commencent à recevoir des substances nouvelles dont elles n’avaient pas l’habitude : tel est surtout le lait, introduit par l’enfant dans le tube digestif.
L’action des divers agents sur ces trois surfaces, la peau, la muqueuse aérienne et la muqueuse digestive, explique les accidents et les maladies nombreuses et spéciales qui peuvent se développer chez l’enfant nouveau-né :
1° Sur la surface cutanée, l’action de l’air, et surtout de l’air froid et humide, est capable de déterminer deux affections toutes spéciales, qui sont :
«. L'ictère, appelé ictère des nouveau-nés, qui n’est qu’une exagération de la légère teinte jaune que présentent tous les enfants à l’instant de leur naissance et pendant les premiers jours qui la suivent; cette affection apparaît souvent en même temps que la suivante ;
6. L’œdème , ou endurcissement du tissu cellulaire : cette maladie avait toujours été regardée comme une affection idiopathique du tissu cellulaire, et comme la conséquence de l’action d’un air froid et humide sur la peau. Charcelay, à l’aide de faits bien observés, a démontré qu’il ne fallait pas admettre cette opinion d’une manière exclusive, et que l’œdème qui se développait en pareille circonstance était souvent dû au développement de l’altération des reins, connue sous le nom de maladie de Bright, et caractérisée par la présence de l’albumine dans les urines (Rev. de la Soc. de méd. d’Indre-et- Loire) ;
2° Vers les yeux, l’action de l’air, surtout s’il est froid et humide, détermine fréquemment des ophthalmies, et en particulier l’ophthalmie purulente, qui présente un haut degré de gravité, et entraîne souvent la perte de la vue ;
3° La muqueuse des voies aériennes, en contact avec l’air atmosphérique et encore peu habituée à ce contact, est vivement impressionnée par un air froid et humide, surtout si cet air est en môme temps altéré par l’accumulation d’un grand