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CHAPITRE II. — DES AGES

nombre d'enfants dans un local étroit. Sous cette influence combinée, on voit des bronchites , des 'pneumonies se développer avec une extrême facilité, et entraîner, chaque année, la perte d’un nombre considérable d’enfants ;

4° La muqueuse des voies digestives, appelée à remplir une nouvelle fonction, à digérer le lait avalé par l’enfant, reçoit souvent de cette première impression une influence fâcheuse. Il n’est pas rare alors de voir se produire des maladies de cet appareil, et, en particulier, le muguet, les vomissements et la diarrhée.

Le muguet est manifestement le résultat du développement d’un végétal qui recouvre la muqueuse bucco-pharyngienne, et dans quelques cas celle de l’oesophage et de l’estomac; la muqueuse est en meme temps le siège d’un état inflammatoire en quelque sorte spécial, on pourrait même dire spécifique. Celte maladie est singulièrement favorisée par l’état général de débilité que présentent certains enfants, le défaut de soins hygiéniques et l’accumulation dans un même lieu d’un trop grand nombre de nouveau-nés ; mais la cause principale du muguet, c’est l’état provenant du défaut de nutrition, que M. Parrot désigne sous le nom d’athrepsie ( Progrès méd.. 1874).

5° La calorification, fonction nouvelle et encore peu énergique , ne donne pas à l’enfant une force assez grande pour résister à des abaissements de température un peu considérables. Il n’est pas rare de voir, sous cette influence, la chaleur naturelle de l’enfant diminuer et la vie s’éteindre, sans que l’autopsie révèle aucune lésion dans les organes.

Le froid est d’autant plus pernicieux chez les nouveau-nés qu’ils sont d’une constitution plus débile, plus délicate, et surtout qu’ils sont nés avant terme. On sait, en effet, quelle chaleur artificielle il faut employer chez ces enfants, pour qu’ils puissent franchir heureusement les premiers temps de leur existence, et combien les refroidissements leur sont préjudiciables.

Voilà bien des circonstances propres à exercer une action fâcheuse sur les enfants qui viennent de naître. Ces influences n’agissent pas toujours de la même manière : la facilité du développement des maladies, leur gravité plus ou moins grande, et leur terminaison fâcheuse ou heureuse, sont subordonnées aux trois circonstances principales que voici :

1° L’accumulation des enfants dans un lieu relativement trop étroit, et, par exemple, dans des salles d’hôpital où la ventilation et le renouvellement de l’air ne sont pas suffisants; l’altération de cet air par le produit de l’expiration, par les

10 PREMIÈRE PARTIE. — SUJET DE L’ilYGIÈNE.

évacuations alvincs et autres, par les miasmes qui s’exhalent des corps de ces petits êtres sains ou malades.

C’est, en effet, dans les hôpitaux destinés à recevoir les enfants pendant les premiers jours qui suivent leur naissance, que l’on rencontre le plus de maladies sporadiques et épidémiques. Combien n’a-t-on pas observé, à l’Hospice des enfants trouvés de Paris, d’épidémies de muguet, d’ophthulmies, et combien ne rencontre t-on pas, chaque jour, à l’état sporadique, d’œdèmes, d’ictères, de bronchites, de pneumonies, de diarrhées, qui font mourir un grand nombre d’enfants !

2° L’abaissement de la température exerce également une influence très-fùcheuse sur les enfants nouveau-nés, en raison de son action directe sur la calorification, jusqu’au point d’entraîner une mort prompte. On peut ajouter encore que le froid détermine aussi, et beaucoup plus souvent même que toute autre cause, des bronchites, des pneumonies plus ou moins graves. Les relevés statistiques démontrent que c’est dans les saisons froides et dans les climats froids que la mortalité des enfants nouveau-nés est le plus considérable.

3° Le défaut de soins hygiéniques, résultant soit de la misère, soit de l’abandon ou de l’exposition des enfants, les livre bien plus facilement à l’influence de ces agents divers. Il en résulte une augmentation dans la fréquence et la gravité des maladies, ainsi qu’une mortalité plus considérable.

Les causes nombreuses que nous venons de passer en revue déterminent une grande mortalité parmi les enfants nouveaunés. Voici les résultats précis que donne la statistique à cet égard, résultats qui comprennent la première année de l’existence.

D’après les tables dressées en Angleterre par les compagnies d’assurances pour la ville de Carlisle, sur 10,000 enfants, il n’en existe plus, à la fin de l’année, que 8,461 . D’après Duvillard, sur 10,000 enfants, il n’en existe plus, à la fin de l’année, que 7,675.

Quetelet a donné pour la Belgique des tables très-intéressantes à consulter. La mortalité, dans Ces tables, se décompose ainsi sur 100,000 sujets.

Naissance 100,000

Un mois 90,396

Deux mois 87,936

Trois mois.. 86,175

Quatre mois 84,720

Cinq mois 83,571

Six mois 82,536

Un an 77,528

Marc d’Espine a dressé une table de mortalité pour le canton de Genève, pendant les années 1838-1843, et il les a décomposées en semaines. D’après lui, il meurt 320 enfants dans la pre-

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