PREMIÈRE CLASSE
Elle comprend les maladies virulentes proprement dites, celles dans lesquelles l’agent contagieux fait partie d’un liquide physiologique ou pathologique.
1° Maladies virulentes dans lesquelles V agent contagieux, inconnu dans, sa nature , est combiné avec un liquide physiologique.
Cette sous-classe contient trois maladies : la première, dont la virulence est incontestable et réside dans la salive, esl la rage ; les deux autres, dans lesquelles la virulence est encore problématique, sont la scarlatine et la rougeole. Uans ces deux affections, l’agent contagieux inoculable, s’il existe, se trouve dans le sang. La rage n’est qu’une maladie virulente. La scarlatine et la rougeole sont en même temps des maladies miasmatiques.
Rage. — Le virus de la rage fait partie de la salive de l’animal enragé. Les analyses chimique et microscopique ne font connaître cependant aucune altération caractéristique de ce liquide; on n’admet son existence que d’après les effets d’inoculation qu’il produit.
La communication de la rage à l’homme exige deux conditions :
1° L’existence de la rage chez un animal, et spécialement chez un carnivore; 2° l’insertion du liquide virulent sous l’épiderme de la peau ou l’épithélium d’une muqueuse. Le simple dépôt de la bave rabique sur ces membranes intactes ne paraît pas susceptible de communiquer la maladie. 11 existe
B. Maladies -virulentes originaires des animaux
C. Maladies virulentes \ communes ou origi- I naires de l’homme ou t des animaux /
transmissibles à d’autres espèces, transmissibles à l’homme
non transmissibles à l’homme....
Rage, Maladies aphtheuses des vaches.
Cowpox, Rage, Morve, Farcin, Pustules malignes, Eaux aux jambes.
Clavelée, Typhus du gros bétail, Maladies aphtheuses.
Maladies charbonneuses.
(1) Il est presque inutile de rappeler ici que, toutes les fois qu’il est question de transmission d’une maladie par inoculation, la prédisposition spéciale de l’individu qui la subit est aussi nécessaire que pour les maladies miasmatiques. Il est, en effet, dans l’un et l’autre cas, un certain nombre de sujets chez lesquels cette prédisposition spéciale, variable, du reste, pour chaque maladie, n’existe pas, et qui y sont complètement réfractaires.
cnAP. xii r.
DES VIRUS
quelques faits qui sembleraient prouver le contraire; mais ils n’ont pas l’authenticité désirable.
A côté de ces faits positifs, il y en a trois autres qu’il est intéressant de connaître, mais à l’égard desquels l’opinion des médecins n’est pas encore définitivement fixée; ce sont les suivants :
1° Les animaux carnivores (chien, loup, renard, chat, etc.) paraissent être les seuls dont la salive, lorsqu’ils sont enragés, puisse communiquer par inoculation la môme maladie à l’espèce humaine. [On a cependant cité des cas d’inoculation par le fait d’animaux herbivores.]
2° L’homme ne parait pas jouir de cette même propriété, et il est douteux que la morsure d’un homme enragé puisse inoculer la maladie à un autre, individu. Malgré cette incertitude, une morsure faite en pareille circonstance doit être traitée comme celle d’un chien enragé.
3° Le sang d’un animal enragé ne paraît pas susceptible de transmettre la rage par inoculation. Les expériences de Dupuytren, Magendie, Breschet, paraissent du moins conduire à cette conclusion.
Règles hygiéniques. — Elles consistent simplement à détruire tout animal enragé, ou même seulement soupçonné d’être atteint de cette maladie, et à traiter immédiatement par la cautérisation toute plaie et toute morsure qui a pu être en contact avec la salive d’un animal malade.
Scarlatine , rougeole . — Le caractère miasmatique de ces maladies ne saurait être mis en doute, et je suis entré déjà dans des développements suffisants à cet égard. Quant à la propriété virulente et inoculable de ces affections, c’est une question encore indécise. Pour la rougeole, les expériences de Home, en 1738; de Speranza, en 1822, et de Michael de Katena, en 1842, qui ont inoculé du sang extrait par incision des plaques rubéoliques les plus enflammées à des individus sains, et qui ont vu se développer une rougeole bénigne et régulière, paraissent concluantes. Pour la scarlatine, la possibilité de se .transmettre par inoculation est plus douteuse, malgré les assertions de MM. Miquel (d’Amboise) et Mandl.
Il n’y a aucune règle hygiénique spéciale à indiquer ici, si ce n’est de donner le conseil aux individus, et surtout aux enfants qui n’ont pas encore eu ces maladies, d’éviter le contact des personnes qui en sont atteintes, jusqu'à ce que la desquamation de l’épiderme soit complètement achevée.
2° Maladies virulentes dans lesquelles V agent contagieux , in-
550 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE l’flYGIÈNE.
connu dam sa nature, est contenu dans un liquide pathologique [pus).
Le pus, dans ces maladies, renferme l’agent contagieux ou le virus; ce liquide ne diffère cependant en rien du pus ordinaire, et ce n’est que par les effets qu’il produit qu’on est en droit de lui assigner des propriétés contagieuses. Cette sousclasse contient deux espèces de pus contagieux. Dans la première, le pus n'exerce qu’une action contagieuse locale, et il ne franchit pas la membrane sur laquelle il a été appliqué. Dans la deuxième, l’action du pus contagieux est générale; il infecte l’organisme, et les phénomènes qui se produisent alors sont la conséquence d’une maladie générale.
lre Espèce. — Pas exerçant une action contagieuse locale.
Deux espèces particulières de pus déterminent un effet exclusivement local, et produisent une maladie exactement semblable à celle qui l’a engendrée : c’est, d’une part, le pus blennorrhagique, et, de l’autre, le pus des ophthalmies purulentes.
Le premier fourni par les membranes muqueuses du canal de l’urètre chez l’homme et chez la femme, et, de plus, chez cette dernière, par celle du vagin, est capable de reproduire une inflammation purulente analogue, par le simple dépôt, et sans qu’il y ait aucune destruction de l’épiderme, sur les membranes muqueuses saines du canal de l’urètre, du vagin et sur la conjonctive.
Le pus des ophthalmies purulentes ne paraît capable que de reproduire une affection analogue sur les conjonctives. On sait qu’il y a plusieurs espèces d’ophthalmies purulentes (ophthalmie des enfants, blennorrhagique, d’Égypte, etc.), et le pus qui en provient jouit, dans tous les cas, de propriétés analogues. Aucune règle hygiénique spéciale n’est ici à indiquer; en pareille circonstance, c’est le contact direct du pus fourni qu’il faut éviter.
2e Espèce. — Pus contenant le véhicule contagieux , et reproduisant une maladie semblable , en infectant toute V économie.
Plusieurs espèces de maladies peuvent être rangées dans cette catégorie, et il y a entre elles des différences souvent considérables. Parmi les affections ainsi inoculables, les unes transmettent des affections aiguës, les autres des affections chroniques.
Les unes sont seulement transmissibles de l’homme à l’homme, les autres s’inoculent des animaux à l’espèce humaine. Quelques-unes sont en même temps miasmaliques ; d’autres, au contraire, sont simplement virulentes et inoculables.