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1° Maladies virulentes fixes. — Elles comprennent : 1° la syphilis; 2° la vaccine; 3° la morve et le farcin ; 4° la pustule maligne et les affections charbonneuses.
De ces quatre groupes d’affections, les deux dernières se transmettent parfaitement, par inoculation, des animaux à l’homme, et réciproquement.
Pour la syphilis, on l’a nié jusqu’à présent. M. Ricord, d’après quelques expériences tentées par M. Auzias, paraît admettre la possibilité de sa transmission de l’homme aux animaux.
Syphilis. — Le virus syphilitique est toujours contenu dans un liquide pathologique, et ce liquide est, en général, du pus. La maladie se communique par le simple dépôt du véhicule contagieux sur une membrane muqueuse saine ou, d’une manière bien plus positive, sur la peau dépourvue de son épiderme, ou sur une membrane muqueuse privée de son épithélium.
La maladie qui se développe est caractérisée par deux ordres de symptômes. Les uns, locaux, qui se produisent à l’endroit où ont eu lieu le dépôt du liquide virulent et l’inoculation de ce môme liquide. Les autres, généraux, qui sont la conséquence de l’infection générale de l’organisme.
Règles hygiéniques. — La seule qu’on puisse donner est de ne pas s’exposer aux chances de subir les effets du virus syphilitique. Mais on les subit souvent sans le savoir, et cette maladie, qui paraît être moins grave aujourd’hui qu’autrefois, semble, en revanche, se généraliser davantage.
Les visites fréquemment répétées des filles publiques par des médecins délégués par l’autorité, et leur séquestration dès qu’elles sont reconnues infectées, constituent certainement un moyen destiné à diminuer le nombre de transmissions ; mais, quelque bien organisées que soient de semblables visites, elles ne peuvent jamais être assez multipliées pour prévenir l’infection entre les divers examens, et la communication de la maladie à un certain nombre d’individus. D’un autre côté, la prostitution clandestine contribue, peut-être, beaucoup plus encore que la prostitution publique à la propagation de la syphilis. C’est malheureusement un vice que l’on ne peut corriger, et que les progrès de la morale publique pourraient seuls faire disparaître. Nous sommes encore bien loin de cette époque.
[La syphilisation, c’est-à-dire la saturation de l’organisme par le virus syphilitique, à l’aide de l’inoculation successive d’un grand nombre de chancres, de manière à produire l’immunité, n’a jamais pu prendre crédit, en France du moins. Nous ne la conseillerons jamais.]
352 DEUXIÈME PARTIE. — MATIÈRE DE i/üYGIÈNE.
Vaccine. — La vaccine, communiquée d’abord à l’homme par l’inoculation du cowpox de la vache, se transmet ensuite parfaitement de l'homme à l’homme. Bien que l’éruption qu’elle détermine semble toute locale, il n’est pas moins positif qu’elle ne la produit qu’aprôs avoir pénétré dans le sang, et qu’elle n’est que la manifestation locale d’un état général.
On sait, et il est inutile d’y insister ici, que l’inoculation vaccinale préserve les individus de la variole, ou, si cette dernière maladie vient à se développer, qu’elle la transforme, dans le plus grand nombre des cas, en maladie bénigne et légère (varioloïde). Quelle est la durée de l’action préservatrice de la vaccine? est-elle limitée à un certain nombre d’années, ou est-elle absolue? C’est une question dont la science n’a pas encore donné la solution, et les partisans des revaccinations sont aussi nombreux que ceux qui professent l’opinion contraire. Je crois qu’il est plus sage de pratiquer une deuxième vaccination de quinze à vingt ans, et une troisième à quarante. Ces petites opérations n’ont aucun inconvénient si elles échouent; et en présence du nombre assez considérable de cas de variole confluente et grave constatés au bout d’un certain nombre d’années, elles donnent une plus grande sécurité si elles réussissent.
[Des exemples récents, authentiques et assez nombreux pour qu’il en soit tenu grand compte, ont démontré, contrairement à ce que croyaient beaucoup de personnes, que le vaccin pris chez un sujet infecté de syphilis peut transmettre cette affreuse maladie. On comprend, sans que nous ayons à insister sur ce point, les précautions que nécessite la connaissance d’un danger aussi sérieux.]
Morve aiguë et chronique. Farcin aigu et chronique. — Ces affections diverses sont de même nature; l’inoculation de l’une peut déterminer les autres et vice versa ; enfin, le farcin se termine presque toujours par une morve aiguë. Il est donc positif qu’il n’y a qu’un seul virus, le virus morveux, susceptible de produire des maladies variables quant à la forme, mais identiques au fond.
Les affections morveuses sont-elles dues à un virus fixe, et ne reconnaissent-elles qu’un seul mode de transmission, l’inoculation; ou bien, sont-elles, en même temps, miasmatiques, et peuvent-elles se communiquer par l’absorption des miasmes exhalés par les individus ou les animaux qui en sont atteints? Cette question est encore indécise, et les faits suivants sont tout en faveur du caractère miasmatique de la maladie.
i° Des chevaux placés dans des écuries où étaient des animaux morveux ou farcineux ont contracté ces maladies sans
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qu’il y ait eu d’inoculation, ou, du moins, sans que l’inoculation ait pu être constatée.
2° Dans les cas assez nombreux que la science possède de farcin et de morve développés chez l’homme, il est un certain nombre de faits dans lesquels l’inoculation du cheval à l’homme n’a pu être démontrée, et où l’on n’a pu constater que les simples rapports des individus atteints avec les chevaux malades, ou même seulement le coucher dans les écuries qui renfermaient ces animaux. Tel est, par exemple, ce qui existait dans le cas que j’ai observé en 1839, et que la Gazette médicale a rapporté avec détail.
Règles hygiéniques. — En pareil cas, la première condition à remplir, c’est l’abatage des chevaux reconnus morveux ou farcineux, abatage auquel l’autorité devrait tenir la main plus qu’elle ne le fait.
L’isolement et la séquestration de ces animaux malades doivent au moins être exigés, si l’on conserve l’espoir chimérique d’obtenir la guérison de la morve ou du farcin.
L’assainissement complet des écuries qui ont cpntenu des animaux malades, est également un point d’hygiène important à observer.
Affections charbonneuses. — Le simple contact du pus provenant d’une affection charbonneuse, sur la peau ou une membrane muqueuse, est susceptible d’inoculer la maladie. Si ces membranes sont dépouillées de leur épiderme, l’inoculation est plus certaine et plus grave.
Le caractère miasmatique, déjà incertain pour le virus morveux, l’est beaucoup plus encore pour le virus charbonneux, et l’on ne peut guère invoquer en sa faveur de faits authentiques bien observés.
Si Ton peut constater à temps le dépôt de pus charbonneux sur un tissu vivant intact ou privé de son épiderme, la cautérisation immédiate prévient le développement ultérieur de la maladie. L’abatage des animaux atteints du charbon ou de pustules malignes est exigé par l’autorité. Il est également indispensable qu’elle fasse exécuter l’ordonnance qui prescrit l’enfouissement dans la terre du produit de cet abatage. Livrés à la' consommation ou à l’industrie, les restes de ces animaux sont susceptibles, comme il n’y en a eu malheureusement que trop d’exemples, de transmettre une maladie semblable aux individus qui en font usage, ou aux ouvriers qui les travaillent.
Maladies virulentes miasmatiques.
Une seule peut ôlre placée, sans aucune contestation, dans ce groupe, c’est la variole.
Variole. — La variole est évidemment une maladie contagieuse par inoculation du pus contenu dans les pustules qui la caractérisent. Elle est en môme temps essentiellement miasmatique, et, sous ce dernier rapport, elle est susceptible de se manifester d’une manière épidémique. La vaccine est le seul préservatif de cette terrible maladie, et c’est le seul conseil hygiénique que l’on puisse donner à cet égard.