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aussi on brûle peu de carbone, et il faut bien savoir que la perte des atomes organiques du corps, provenant directement de la respiration, n’est pas aussi grande que celle qui provient de l’exercice musculaire. Si la nourriture est plus abondante ou môme très- abondante, et que l’exercice soit presque nul, alors on voit la graisse s’accumuler dans les tissus, l’embonpoint augmenter et, fréquemment, la diathèse urique s’établir et se traduire soit par la goutte, soit par la gravelle. En même temps, les muscles, qui ne fonctionnent pas d’une manière suffisante, en perdent l’habitude, leurs interstices fibrillaires se pénètrent de matières grasses, leurs fibres s’atrophient; enfin, si cet état se prolonge, l’habitude du mouvement se perd de plus en plus ; celui-ci devient difficile, pénible, et les individus ne s’y livrent qu’avec répugnance. Un repos absolu détermine l’atrophie des membres et une soudure dans les articulations : c’est ce que l’on prétend exister chez les fakirs de l’Inde, qui conservent, pendant des années entières, une même attitude.
Effort.
Il est un grand nombre de mouvements dans lesquels il est nécessaire qu’il intervienne un déploiement de forces plus considérable. Ce déploiement ne peut avoir lieu qu’à l'aide de l’efforl.
Certaines conditions sont nécessaires pour que l’effort s’accomplisse. C’est d’abord la fixité et la solidité de la poitrine qui doit servir de point d’appui aux muscles divers qui vont se contracter : or, pour que la cavité de la poitrine, composée essentiellement de pièces mobiles, puisse être transformée en point d’appui solide, il est nécessaire qu’elle conserve momentanément, et pendant un certain temps, une quantité d’air assez considérable dans les poumons. Yoici comment cette conservation s’opère :
Il se fait d’abord une inspiration large et profonde ; puis, presque immédiatement, les muscles expirateurs de la poitrine et de l’abdomen et le diaphragme se contractent pour expulser l’air introduit par l’inspiration ; mais, au même instant, et en vertu d’une contraction synergique des muscles destinés à mouvoir la glotte, cette ouverture se contracte et se ferme complètement. Il résulte, de là, que le thorax, comprimé d’une part entre les muscles expirateurs qui poussent l’air, et la glotte, qui résiste à ce gaz alors comprimé de toutes parts sans pouvoir s’échapper, forme une cage solide présentant un point d’appui énergique à tous les muscles qui s’y insèrent, et qui
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en ont besoin pour exécuter des mouvements exigeant un déploiement de forces un peu considérable.
[Suivant M. Yerneuil, il y aurait trois variétés d’efforts : 1° effort général ou thoraco-abdominal. Contraction des quatre sphincters qui livrent passage à l’air (glotte), aux aliments (cardia), aux fèces (anus), aux urines (col de la vessie) ; cet effort peut durer assez longtemps, il est destiné à soulever, à tirer des fardeaux, etc.; 2° effort abdominal ou expulsif , contraction des muscles expirateurs et rétrécissement du thorax et de l’abdomen ; les sphincters sont en partie ouverts, en partie fermés. C’est ce qui se passe dans le travail de la parturition; 3° effort thoracique , contraction brusque et énergique des muscles dilatateurs du thorax, sans qu’il y ait suspension de la respiration ; il peut être soutenu pendant assez longtemps.]
L’accomplissement de l’effort a pour conséquence les phénomènes suivants : 1° une suspension momentanée de l’acte respiratoire; 2° un obstacle à l’entrée du sang veineux dans la cavité thoracique; 3° une compression, par l’air, des troncs vasculaires et nerveux qui y sont contenus. — Ces trois phénomènes exagérés peuvent être le point de départ d’accidents souvent fort graves. Ce sont, en particulier, les suivants qu’on observe :
1° La production des hernies. En pareil cas, elles sont dues à la compression énergique exercée par le diaphragme sur les viscères abdominaux, et, sous l’influence de cette compression, à la sortie de ces mêmes viscères par le canal inguinal ou le canal crural.
2° Des congestions et des hémorrhagies cérébrales. Ces affections sont la conséquence de l’obstacle que le sang éprouve à pénétrer dans la poitrine, et, en raison de cette circonstance, ce liquide reste dans les parties supérieures, où il peut déterminer ces accidents.
3° L’emphysème pulmonaire. Cette affection est la conséquence de*la rupture des parois vésiculaires, et de l’infiltration de l’air soit dans le tissu cellulaire intervésiculaire, soit dans le tissu interlobulaire. Quelquefois cet emphysème est assez considérable pour produire une asphyxie rapide.
4° La rupture des gros troncs vasculaires ou du cœur luimême. Elle est déterminée par la compression énergique que l’air renfermé dans le thorax exerce sur ces organes. Cette rupture ne se produit guère que dans le cas où il existait quelque maladie antérieure de l’organe central de la circulation ou des grosses artères.
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