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C11A P. XXI. — EXERCICE. — MOUVEMENT

i° L’acte cérébral consiste dans le développement de la volonté, sous l’influence de laquelle va s’accomplir le mouvement, et dans une dépense nerveuse qui accomplit cette contraction elle-même. Ce travail cérébral double, et qui est inconnu dans sa nature, n’en est pas moins appréciable par ses effets, qui sont : t° exercice de la volonté; 2° dépense de force nerveuse pour metlre la fibre musculaire en action.

2° L’acte musculaire, la contraction, exige également l’intervention du système nerveux, et, de plus, il détermine des effets physiologiques et physiques qui expliquent d’une manière satisfaisante beaucoup de résultats de l’exercice, dont jusqu’à présent on ne se rendait pas bien compte. Ces effets sont de deux sortes : •

\° Raccourcissement de la fibre musculaire à l'instant de la contraction. — Ce fait physiologique est maintenant généralement admis; il explique très- bien les effets delà contraction. En effet, le raccourcissement et la contraction de la fibre musculaire exercent nécessairement une pression sur les interstices de ces fibres, ou plutôt sur les organes qui s’y distribuent. Or, l’effet de celte pression portant surtout sur les vaisseaux capillaires, et ces derniers étant alternativement comprimés et relâchés, il en résulte une stimulation directe de ces vaisseaux, et consécutivement une accélération du cours du sang. Cette stimulation des capillaires détermine, cela est de toute évidence, une augmentation de la vitalité des tissus, un renouvellement plus rapide et plus fréquent de leurs éléments azotés, une activité plus grande des sécrétions et des excrétions. Ces dernières modifications rendent compte du deuxième effet de la contraction musculaire, qui est le suivant.

2° Augmentation de la température du muscle pendant la contraction musculaire. — Ce fait physiologique important a été découvert par MM. Becquerel et Breschet, et publié dans leurs Recherches sur la chaleur animale. Ces savants ont reconnu, à l’aide des appareils thermo-électriques de M. Becquerel, que l’augmentation de température du muscle qui se contracte va souvent jusqu’à un demi-degré. Or, cette augmentation de température s'explique très-bien par la vitalité plus grande des tissus, par l’activité de leur circulation capillaire, ainsi que par le renouvellement plus rapide de leurs éléments constituants.

Ces deux effets, raccourcissement de la fibre musculaire et augmentation de lachaleur du muscle, rendent bien compte des résultats ordinaires des mouvements et de l’exercice. C’est ce qu’il est facile de démontrer.

1° L’exercice accélère le mouvement circulatoire général et augmente, par conséquent, la fréquence des battements du

A. Becqüerel, 6« édition. 46

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cœur. Ce n’est pas seulement, en effet, dans la trame interstitielle des tissus, et dans les vaisseaux capillaires, que le cours du sang est accéléré; 1’effet produit dans ces parties n’y reste pas borné, et le résultat général de toutes les petites stimulations capillaires locales est une accélération du cours du sang dans tout le système vasculaire. Cette accélération est proportionnelle à l’intensité du mouvement, à sa durée et au nombre de muscles qui sont entrés en contraction pour l’accomplir. Ce n’est pas, du reste, seulement par son action directe sur le système artériel que l’exercice accélère la circulation, mais encore en facilitant le cours du sang dans les veines et en aidant au jeu des valvules.

9.® L’exercice détermine une combustion plus abondante de carbone dans le sang. Ce fait a été positivement démontré par Magnus, par MM. Andral et Gavarret, etc., etc. 11 est positif que plus l’exercice est violent, plus le nombre dé muscles mis en action pour l’accomplir est considérable, et plus la quantité d’acide carbonique exhalé par la muqueuse! pulmonaire est forte. Il y a entre ces deux actes rapport proportionnel et direct. Ce résultat se conçoit parfaitement, puisqu’il y a une vitalité plus grande des tissus, un renouvellement plus rapide de leurs éléments, et, par conséquent, une quantité plus considérable de principes immédiats brûlés et qui cessent de faire partie de l’organisme.

3° L’exercice favorise la production de l’azote, dont il se fait une si grande consommation dans l’économie. Il produit cet effet par le renouvellement rapide des tissus, et par le nombre plus considérable d’éléments brûlés et, dès lors, riches en azote, qui cessent de faire partie de l’organisme.

4° L’exercice accroît la température générale du corps. C’est surtout ce qui a lieu lorsque l’exercice est prolongé, et qu’il est exécuté avec une certaine énergie. Ce résultat s’explique facilement, puisque la chaleur générale du corps n’est que la somme des chaleurs partielles des organes et des tissus, et qu’en définitive, la quantité de carbone brûlée pendant l’exercice est plus considérable que celle qui l’est pendant le repos.

5° L’exercice entraîne nécessairement la consommation d’une quantité plus grande d’aliments réparateurs et d’aliments respiratoires. Cela se conçoit, puisqu’il est nécessaire de fournira l’organisme une quantité plus considérable de carbone. Ce sont, toutefois, les premiers surtout qui sont indispensables; ce qui est dû à ce que la combustion du carbone, dans l’exercice, a lieu d’abord aux dépens des tissus brûlés et qui cessent de faire partie de l’organisme. .

11 résulte, de là, qu’il est surtout nécessaire de fournir des

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aliments azotés, pour remplacer les éléments de môme nature qui ont été consommés. Quant aux aliments respiratoires et, aux alcooliques, ils aident, il est vrai, à la réparation des pertes occasionnées par l’exercice, et ils contribuent à fournir le carbone nécessaire pour la combustion, lorsque la quantité qui est contenue dans les éléments détruits de nos tissus n’est pas suffisante.

De» effet» de l’exercice.

1° Exercice modéré. — L’exercice modéré est nécessaire et môme indispensable à l’homme. Il favorise le développement de l’intelligence, détermine un accroissement convenable du système musculaire et donne de la vigueur à une constitution naturellement débile; de plus, il est presque toujours accompagné d’un sentiment de bien-être et presque de plaisir. Il entretient l’appétit, favorise la digestion et rend régulière l’expulsion des fèces. — Un exercice modéré régularise la circulation, l’établit au même degré dans toutes les parties, et prévient ainsi des congestions que des prédominances d’organes ou des prédispositions spéciales pourraient produire. Enfin, il maintient une chaleur douce et agréable de la peau. L’exercice modéré, pour produire ces résultats divers, ne doit pas être continu. Il est nécessaire, lorsqu’il commence à s’accompagner d’un peu de fatigue, qu’il soit suivi d’un repos suffisant. Quant aux rapports qui doivent exister entre le temps de l’exercice et celui du repos, ils sont surtout réglés par l’habitude, l’âge, le sexe, le tempérament, la profession. La seule règle générale qu’on puisse établir, c’est que le repos est indiqué dès que la fatigue arrive.

2° Exercice immodéré ou exagéré. — L’exercice immodéré produit des effets fâcheux sur la santé, et il est facile de le comprendre. 11 détermine une accélération plus considérable du cours du sang, augmente la température, et, par conséquent, brûle une quantité anormale de carbone. Ces effets se produisent soit aux dépens des éléments des tissus qui vont cesser de faire partie de l’organisation, soit aux dépens des aliments respiratoires, soit enfin aux dépens de la graisse du corps. La conséquence forcée d’un exercice exagéré est, en premier lieu, la courbature. Les phénomènes qui la caractérisent se développent rapidement, et on doit les attribuer à la compression des filets nerveux interfibrillaires, produite par la contraction incessante et répétée des muscles. Il se fait, en même temps, une dépense considérable de force nerveuse, et le résultat final est, bien [souvent, l’épuisement de l’individu.

La conséquence de la répétition fréquente de la courbature est l’amaigrissement. Cet eflet est dû à la destruction de la graisse, qui est brûlée pour suffire à la quantité de calorique que dégage l’exercice exagéré, et à la combustion de carbone qu’il nécessite. Les individus qui se livrent à un exercice immodéré éprouvent encore d’autres accidents, et, sous ce rapport, on ne peut mieux les comparer qu’aux animaux surmenés et qui succombent à des affections adynamiques, à des gangrènes, û des altérations du sang. L’exercice immodéré produit, en effet, les résultats suivants : il prédispose les individus qui s’y sont livrés à contracter, plus facilement que d’autres, toute espèce d’états morbides, et, en particulier, les maladies générales (fièvre typhoïde, fièvres intermittentes, etc., etc.) ; de plus, ces affections, une fois développées chez ces individus, ont une tendance assez grande à présenter la forme typhoïde. Dans d’autres circonstances, l’exercice immodéré produit le scorbut par défibrination du sang. /

La production de ces états généraux divers, et dont on ne peut révoquer en doute l’existence, est assez difficile à expliquer. Les raisons suivantes paraissent toutefois en rendre un compte assez satisfaisant. La consommation énorme d’éléments organiques et de carbone qui se fait dans un temps donné, par suite d’un exercice immodéré, épuise d’abord les tissus élémentaires, et ensuite la graisse; puis, enfin, elle agit sur les éléments du sang. Ce liquide s’altère, s’appauvrit ; sa fibrine, qui en est l’élément en quelque sorte le plus vital, diminue, et cette diminution explique soit les états typhoïdes aigus qui se développent alors, soit le scorbut chronique qu’on rencontre également. Pour qu’il en fût autrement, il serait indispensable que cette consommation énorme de tissus, de graisse et de fibrine du sang, fût compensée par une nourriture abondante et mixte. Malheureusement il ne peut en être ainsi. D’une part, le tube digestif ne pourrait digérer, même dans l’état normal, la somme d’aliments réparateurs et respiratoires nécessaire pour subvenir aux pertes déterminées par l’exercice immodéré; et, d’une autre part, cet organe fonctionne lui-même, en pareil cas, avec moins d’énergie que d’habitude, l’appétit est moins grand, et l’estomac et les intestins participent à l’atonie que l’épuisement du système nerveux général a produite. L’exercice immodéré est donc une des causes pathogéniques les plus capables d’influencer l’homme et de déterminer chez lui la production d’états morbides de diverse nature.

3° Exercice insuffisant. — L’exercice insuffisant, combiné avec une très-petite quantité de nourriture, n’a pas des effets bien sensibles sur l’organisme. On consomme peu d’aliments, mais

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