‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 246 sur 353 · I. — Exercices proprement dits · texte numérisé non relu

I. — Exercices proprement dits

1° Delà station. — La station debout est un exercice, car elle exige la contraction permanente des muscles extenseurs et fléchisseurs des membres inférieurs et du tronc ; ces muscles sont obligés de se contracter pour se faire équilibre, annuler ainsi leur action réciproque et maintenir la station. C’est un exercice des plus fatigants et qui amène rapidement la courbature des membres inférieurs, par suite de la compression des filets nerveux interfibrillaires. La station n’exerce aucune influence sur les fonctions organiques; et, pour cette raison, cet exercice mérite en quelque sorte le nom de passif; il n’accroît pas la consommation du carbone, n’augmente pas la chaleur animale, et, par conséquent, il ne saurait stimuler les fonctions de la digestion et de la circulation.

2° De la marche. — La marche est le mouvement le plus simple et celui qui est le plus avantageux à l’homme, car il permet l’action simultanée d’un grand nombre de muscles, et il s’exécute avec la facilité la plus grande. C’est donc un exercice des plus hygiéniques, et qui, autant que possible, doit être pratiqué chaque jour par tout individu. On a cherché à estimer l’étendue qu’un homme adulte et en bon état de santé devait parcourir chaque jour dans le but de conserver sa santé et d'entretenir son appétit. Une pareille moyenne est bien difficile à établir, en raison des nombreuses circonstances qui peuvent la modifier ; on est convenu cependant de la fixer entre deux et quatre kilomètres.

On doit établir une distinction entre la marche en plaine et

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celle qui a lieu sur un plan incliné, pour gravir une montagne, par exemple. Cette dernière a de sérieux inconvénients pour les individus atteints de maladies chroniques du cœur ou des poumons; elle augmente quelquefois d!une telle manière leur dyspnée, qu’ils sont obligés d’y renoncer. — Dans les maladies du cœur ou des anévrysmes de l’aorte, parvenus déjà à un degré avancé, on a vu la marche forcée déterminer quelquefois la rupture de ces organes.

3° Du saut. — Le saut est un mouvement en vertu duquel le corps est séparé du sol, sur lequel il repose, par un mouvement d’extension brusque de plusieurs leviers préalablement fléchis.

L’intensité du saut est relative à l’influence nerveuse qui agit, à la vitesse imprimée aux muscles, à la force musculaire de contraction déployée, et, enfin, au nombre d’articulations mises en jeu.

Dans un premier saut, le sol ne communique aucune impulsion au corps; la réaction d’un sol solide, facilement appréciable sur un plancher élastique, ne peut guère être appréciée qu’aux sauts suivants.

On distingue 1° le saut vertical : il est perpendiculaire au sol et exige plus d’efforts que les autres ; 2° le saut tangentiel qui décrit une courbe au-dessus du sol.

On distingue encore le saut compliqué, dans lequel les membres prennent un point d’appui sur l’objet que l’on se propose de franchir. Tel est, par exemple, l’usage d’un bâton sur lequel on prend un point d’appui pour s’élever plus haut et franchir un obstacle plus considérable.

Le saut est un bon exercice, car il met en jeu un nombre de muscles assez considérable, tels que les muscles extenseurs des membres inférieurs, les muscles des lombes, du dos, de l’abdomen et du thorax. Il facilite ainsi beaucoup le développement du système musculaire général. Le saut, entraînant des efforts considérables, doit être toujours évité par les personnes qui sont atteintes d’affections organiques du cœur, d’emphysème et de maladies chroniques des poumons. Les malades qui en sont > affectés supporteraient, du reste, difficilement cet exercice, ou, s’ils venaient à l’exécuter, il en résulterait de sérieux accidents. Le saut est un exercice qu’il faut laisser aux enfants et aux saltimbanques.

4° Course. — La course est un mélange de la marche et du •saut. Dans son exécution, le centre de gravité du corps est successivement et rapidement porté d’un pied à l’autre, et, par conséquent, il est des instants où le corps reste en quelque sorte suspendu et dans un état d’équilibre instable. Il résulte

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de celte condition que les chutes sont fréquentes dans les courses, surtout lorsque quelque obstacle imprévu vient se présenter aux membres inférieurs. La course ne peut avoir lieu sans le développement de contractions musculaires énergiques, et, par conséquent, sans un effort. Toutes les conséquences de l’effort peuvent donc s’observer dans une course énergique et rapide, surtout chez les individus qui présentent déjà des affections du cœur ou des poumons, ou du moins qui y sont prédisposés.

L’homme qui se livre à la course doit nécessairement être plutôt maigre que gras : l’embonpoint s’y oppose, et, si l’on parvient à vaincre cet obstacle, il ne tarde pas à disparaître sous l’influence de la répétition de cet exercice. On s’explique facilement ce résultat en songeant à la grande quantité de carbone qui est brûlée dans l’accomplissement d’un exercice aussi énergique, et à la consommation de la graissé qui, à un instant donné, devient indispensable.

La course est surtout exécutée par des enfants ; elle est excellente pour eux, elle fortifie leur constitution, développe leur système musculaire, aiguise leur appétit et favorise leur digestion.

Le pas gymnastique est une espèce de course que l’on a introduite depuis quelques années dans des corps spéciaux de l’armée. C’est un excellent exercice pour les soldats, chez lesquels il développe le système musculaire des membres inférieurs.

5° Danse. — La danse est un exercice composé de la course, de la marche et du saut. Elle a été en usage chez tous les peuples, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, et le rôle quelle a été appelée à jouer a diminué successivement d’importance, à mesure que la civilisation s’est perfectionnée. On distinguait autrefois trois sortes de danses : 1° la danse religieuse : elle était grave, sérieuse et faisait partie des cérémonies religieuses; 2° la danse guerrière ou pyrrhique ; 3° la danse simple : cette dernière était destinée à exprimer le plaisir et la gaieté. De nos jours les deux premières sont reléguées au théâtre, et la troisième seule jouit de la faveur d’être exécutée dans nos salons pendant les réunions d’hiver.

La danse actuelle comprend deux exercices différents : 1° la danse simple, qui n'est qu’une marche cadencée ; 2° la valse et tous ses dérivés. Cette dernière est véritablement une danse composée de courses et de sauts exécutés rhythmiquement et par une série de mouvements de rotation. La valse est une danse qui ne s’est jamais généralisée et ne se généralisera pas, attendu qu’elle cause chez un grand nombre de personne de la

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