‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 247 sur 353 · CIIAP. XXII. — EXERCICES PROPREMENT DITS · texte numérisé non relu

CIIAP. XXII. — EXERCICES PROPREMENT DITS

éphalalgie, des vertiges, des nausées, des vomissements, et parfois des syncopes plus ou moins complètes. La danse, surtout lorsqu’on l’apprend, est un bon exercice gymnastique, car alors on fait exécuter des mouvements variés à un grand nombre de muscles, et on développe ainsi le système musculaire. L’étude de la danse est, sous ce rapport, excellente pour les jeunes filles faibles, débiles et à tempérament lymphatique. La danse exécutée dans les salons est mauvaise, en raison des circonstances dont elle est accompagnée. Ces circonstances sont la chaleur, l’encombrement et l’altération de l’air, etc., etc., qui caractérisent les réunions d’hiver.

[6° Escrime . — Telle qu’elle fut importée chez nous au milieu du seizième siècle, par les maîtres italiens, l’escrime se composait d’attitudes et d’évolutions diverses, variées à l’infini. Les deux adversaires tournaient autour l’un de l’autre, s’avançaient, reculaient, se repliaient, sautaient de côté, multipliant les feintes et les parades. C’était là un exercice très-actif et très-fatigant, qui développait à la fois la force et l’adresse. Depuis lors, le jeu des armes a été bien simplifié, et, à part la projection du corps en avant pour se fendre , et le redressement pour la reprise de position , presque tous les mouvements se passent dans le membre supérieur droit. Cependant, tel qu’il est encore, il est très-utile pour donner de la souplesse et de l’aplomb, de la grâce et de l’assurance, de la justesse dans le coup d’œil, de la fermeté dans les mouvements du poignet, de la force dans le membre supérieur, pour développer la poitrine par Y effacement, etc. On devra donc conseiller l’escrime dans les cas où ces résultats doivent être obtenus : il est bon aussi d’exercer alternativement les deux côtés, afin de répartir la force et l’adresse entre les deux membres supérieurs, chose trop souvent négligée.]

7° Chasse. — La chasse est un exercice complexe ; il suppose l’intervention de la marche, de la course, du saut, l’exercice de la vue, de l’ouïe, du tact : il entraîne même la mise en jeu de l’intelligence, la ruse, l’amour-propre. On s’explique ainsi qu’il puisse devenir une véritable passion. La chasse est conseillée avec fruit aux personnes atteintes d’affections nerveuses, et, en particulier, d’hypochondrie ou de mélancolie encore à leur début. On la conseille pour détourner les jeunes gens vigoureux d’autres passions, et les empêcher de se livrer prématurément aux plaisirs de l’amour.

[Pris d’une manière modérée, l’exercice de la chasse ne peut être que salutaire; mais, on vient de le dire, cette distraction peut devenir une passion véritable, dont M. Legrand du Saulle a démontré les dangers. Suivant lui, l’exercice de la chasse

trop fréquemment renouvelé ou poussé jusqu’à l’excès, coproduisant, dans la grande majorité des cas, du trouble dans la circulation, une élévation de température anormale, une fatigue extrême, une très-grande dépense de force nerveuse, une vive surexcitation des facultés de l’intelligence, et, consécutivement, un état voisin de l’accablement comateux, est une cause assez fréquente de congestion cérébrale. Aussi, ajoute-t-il, lâchasse doit être interdite aux vieillards. Chez eux, la circulation est ralentie, la contractilité artérielle diminuée, la pléthore veineuse dominante, et, par un exercice immodéré, ils ne peuvent que s’exposer plus directement à un danger qui les menace. (Gaz. des Hôpit ., 1862, p. 18.)]

8° Billard. — Il est peu d’exercices qui soient plus exempts de fatigue et qui cependant mettent plus en jeu le système musculaire. L’homme qui s’y livre marche, se penche, exécute des mouvements des bras qui se communiquent au; tronc, et en môme temps son esprit entre en action : il imagiùe des combinaisons, il anime le jeu par des saillies et une conversation enjouée. Le billard est un exercice qui favorise essentiellement le travail de la digestion, en raison des mouvements qu’il fait exécuter et, en môme temps, du peu de fatigue qu’il détermine. Il est bien entendu que nous parlons ici du jeu de billard chez les particuliers, à la ville ou à la campagne, et non pas dans les estaminets enfumés, où l’on respire un air vicié par l’acide carbonique aussi bien que par les produits des exhalations pulmonaire et cutanée. Celui-ci a plus d’inconvénients que d’avantages.

[9° Jeu de la balle , de la paume et du volant. — Le jeu de la balle ou du ballon, si usité dans les institutions de jeunes gens, est des plus favorables à la santé. Il exige une foule de mouvements variés : il faut courir, reculer, sauter de côté, en avant, en arrière, se plier dans différentes altitudes ; une prompte détermination pour les mouvements à exécuter, l’adresse pour attraper et frapper la balle, soit avec la main et dans des positions variées, quelquefois môme derrière le dos, soit avec le pied, sont constamment en jeu.

La paume, à peu près complètement abandonnée aujourd’hui, était un exercice très-fatigant, qui réclamait beaucoup de vigueur et ne convenait guère qu’à des constitutions qui avaient plutôt besoin de perdre que de gagner de la force.

Le volant ne demande pas d’efforts, il est surtout en usage chez les jeunes filles, dont il développe l’adresse, la grâce et l’élégance. Ici, encore, il est bon de faire alterner les deux mains.]

10° Natation. — L’exercice de la natation a pour but de per-

Page 1