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II. — Exercice de la voix

L’exercice de la voix comprend quatre sortes d’exercices différents, qui sont les suivants : 1° l’action de parler ; 2° la lecture à haute voix ; 3° la déclamation ; 4° le chant. Ces quatre exercices, qui ont entre eux une grande analogie, se rapprochent en effet les uns des autres par un certain nombre de points de contact. Ils exigent un travail plus actif de l’inspiration et de l’expiration, et, par conséquent, des muscles inspirateurs et expirateurs. Ils introduisent dans la poitrine une quantité d’air plus considérable que dansla simple respiration. Enfin, ils mettent en jeu les muscles du thorax, du pharynx et de la bouche.

Exécutés avec modération, les mouvements qui produisent la

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voix n’ont aucune influence fâcheuse sur la santé, et ils ont lieu, la plupart du temps, sans que l’individu qui les opère en ait la conscience. Exagérés, ces mouvements divers produisent des effets appréciables : les muscles se fatiguent ; la bouche, le pharynx et les voies aériennes se dessèchent ; quelquefois même il en résulte une petite toux sèche, la voix se voile, s’affaiblit, et peut s’éteindre complètement. En pareil cas, les contractions synergiques des muscles des autres parties du corps qui s’exécutent toujours en môme temps, déterminent de plus un sentiment de fatigue et de courbature générale.

1 0 Action de parler. — Lorsqu’il s’agit de parler en public, et au milieu d’une assemblée nombreuse et bruyante, la fatigue arrive rapidement, et elle est due aussi bien à l’action de parler qu’aux efforts violents que l’orateur est obligé de faire pour que sa voix domine le tumulte, ou bien se fasse entendre à l’extrémité d’une vaste salle.

Les règles hygiéniques que doit suivre l’orateur, aussi bien que le professeur, pour atténuer, autant que possible, les fâcheux effets de ces efforts musculaires, sont les suivantes :

Quelle que soit la position que l’on ait en parlant, que l’on soit debout ou assis, on doit éviter de faire entrer en contraction synergique les muscles des membres inférieurs et ceux du tronc. On doit, au contraire, se servir largement des bras et des épaules pour donner à la parole l’animation et l’expression nécessaires. Les gestes des membres supérieurs sont non-seulement utiles pour animer les discours, mais encore ils contribuent à faire sortir le son avec plus d’énergie, et ifs prennent, en quelque sorte, pour eux, une partie de la fatigue que les muscles qui concourent à l’articulation des sons auraient seuls éprouvée par suite de leur contraction.

Les gestes expressifs des bras et de la partie supérieure du thorax doivent être subordonnés à l’idée exprimée par la parole. Forts et énergiques quand il s’agit de l’affirmation, de la menace, de la colère et de l’expression des idées ou des passions violentes; doux et modérés, au contraire, quand il ne s’agit que de descriptions calmes, d’expositions mesurées, d’idées riantes ou paisibles.

On doit encore observer de faire marcher les gestes parallèlement à la parole, faisant marcher l’une et les autres simultanément, sans que l’un des deux précède ou suive l’autre.

Tels sont les caractères du geste, caractères qu’il est de la plus haute importance pour l’homme qui parle en public d’observer, car il atténue singulièrement la fatigue que peuvent causer soit un discours, soit une leçon.

La voix et la parole doivent être articulées nettement et avec

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le plus de lenteur possible : il faut que le geste se trouve en rapport d’énergie ou de douceur avec l’idée que l’on veut exprimer et le sujet que l’on traite. Il est encore un autre conseil qu’il est toujours bon de suivre : c’est de faire des phrases plutôt courtes que longues : rien ne fatigue plus les muscles de l’expiration et de la prononciation que ces dernières.

La manière de respirer est encore une circonstance qui est loin d’être sans importance pour l’orateur. La respiration ne doit être ni trop énergique ni trop faible, et elle doit se borner à fournir la quantité d’air suffisante à l’émission du son et de la parole.

Les conséquences de l’abus de la parole en public, avec tous les effets que cet abus entraîne, ne sont à redouter que pour les poitrines faibles, délicates et prédisposées aux tubercules, à l’emphysème du poumon, aux maladies organiques du cœur, ainsi qu’aux laryngites aiguës ou chroniques. On peut craindre alors de voir ces maladies se développer.

L'abus de la parole, dans les habitudes ordinaires de la vie et dans la conversation intime, exigeant, en général, peu d’efforts, n’est que bien rarement suivi d’inconvénients sérieux. Tout au plus voit-on se développer la sécheresse de la bouche, du pharynx, la soif, et plus rarement de l’enrouement,

2° Lecture à haute voix. — 3° Déclamation . — Ces deux exercices exigent un travail analogue à celui de la voix de la part des muscles destinés à l’émission du son et à l’articulation de la parole. On doit noter, toutefois, que la lenteur dans le débit, presque toujours nécessaire dans la lecture à haute voix et la déclamation, le peu d’efforts dont ces actes sont accompagnés, le caractère rhythmique enfin qu’ils présentent, doivent les faire considérer comme des exercices parfaitement salutaires. Ils sont propres, sous tous les rapports, à favoriser le développement de la poitrine et à perfectionner le ton, le timbre et l’énergie du son articulé. En résumé, on doit regarder la lecture à haute voix et la déclamation comme des exercices hygiéniques dont on peut tirer un grand parti dans l’éducation des enfants et des jeunes gens.

4° Chant. — Le chant exige des efforts assez énergiques. Il nécessite l’introduction dans la poitrine d’une quantité d’air assez considérable, et la conservation de cet air et sa sortie ménagées à l’aide de la retenue opérée par une semi-contraction des muscles expirateurs. Le chant demande, en outre, une contraction énergique des muscles expirateurs du thorax, et cette contraction est nécessaire pour donner une impulsion plus vive et plus étendue, ainsi qu’une force plus grande, au son modulé. Cet exercice, surtout lorsqu’on l’exagère, ne saurait donc

se produire sans une contraction musculaire intense et sans un effort assez considérable; il peut amener, par conséquent, tous les accidents qui surviennent quelquefois à la suite de l’effort.

La fatigue de la voix chantée, sa raucité, le changement de son timbre, son usure prématurée, si l’on peut ainsi dire : voilà quelles sont les conséquences de l’abus du chant. Des accidents plus fâcheux peuvent s’observer. Dans quelques cas, ce sont des laryngites aiguës ou chroniques, d’autres fois un emphysème pulmonaire plus ou moins intense. L’exercice du chant, à peu près impossible pour les individus atteints de maladies organiques des poumons ou du cœur, détermine, lorsqu’on parvient à vaincre la dyspnée qui les accompagne, une fatigue plus grande de ces organes, une aggravation de la maladie, et quelquefois des accidents plus sérieux.

11 résulte de tout ceci qu’il est très-importanffde surveiller l’exercice du chant et de le modérer le plus possible. Si l’on suivait ces préceptes, on ne verrait pas si fréquemment les belles voix de nos grands théâtres s’user avant le temps, et s’éteindre prématurément. Il est vrai que dans quelques théâtres lyriques il faut tenir compte, en oufre, de la vaste étendue de la salle, de leur propre résonnance acoustique, de l’énergie et de la force de l’orchestre, ainsi que des masses chorales. Ce sont là autant de circonstances qui contribuent à fatiguer rapidement l’organe vocal des chanteurs et à leur faire perdre la voix. Est-il encore utile d’ajouter que, s’il existe une prédisposition aux hémoptysies, aux tubercules, l’abus du chant peut favoriser le développement de ces maladies?

Quelquefois on observe, à la suite d’un chant forcé, les conséquences de l’effort, telles que des hernies, des congestions cérébrales, etc.

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