‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 267 sur 353 · CHAI'. XXV. — DES FACULTÉS INTELLECTUELLES, ETC · texte numérisé non relu

CHAI'. XXV. — DES FACULTÉS INTELLECTUELLES, ETC

coup. La nécessité de ces interruptions se fait d’autant plus sentir que l’enfant est plus jeune.

La nature des travaux doit être variée, et cette variété même fatigue moins le cerveau qu’un travail de même espèce et portant sur le même sujet. De même qu’il est nécessaire de changer plusieurs fois dans le même jour la nature des travaux intellectuels, dcrfhïïme il faut varier, autant que possible, l’espèce d’exercice que l’on fait exécuter aux jeunes sujets : la promenade, la gymnastique, la natation, la danse, l’escrime, seront tour à tour conseillées : elles favorisent le développement du système musculaire et des forces physiques, et le mettent en rapport avec celui des facultés intellectuelles. Ces exercices divers ne devront toutefois jamais être exagérés, de manière à produire de la fatigue ou de la courbature. C’est un juste équilibre entre les occupations intellectuelles et physiques, qui constitue les conditions les plus favorables pour le développement régulier du jeune sujet. Voici, à cet égard, de quelle manière on peut disposer la journée de travail d’un enfant de huit à quinze ans.

Huit à neuf heures de sommeil sont nécessaires. Il faut qu’ils se couchent de bonne heure, afin de pouvoir se lever de bon malin. Le réveil et le lever, à o heures 1 /2 en été et à 6 heures en hiver, commencent la journée : ils sont suivis de deux heures de travail, de 6 à 8. — A 8 heures, on leur donne un liquide nourrissant : tel qu’un potage, du chocolat, etc. — De 8 à 9 heures, les enfants doivent se livrer à l’exercice physique, et une récréation atteint ce but. — De 9 à 11 heures du malin, on les occupe pendant deux nouvelles heures de travail. A 1 1 heures doit avoir lieu le déjeuner, composé de viandes et de légumes ; il doit être suivi d’une nouvelle récréation ; d’une demi-heure de durée, de 1 1 h. 1 /2 à midi. De midi à 2 h. 1 / 2 de nouvelles occupations sérieuses et un travail suivi d’une récréation ; de 2 h. 1/2 à 3 h., récréation accompagnée d’une légère collation solide. Le travail recommencera de 3 à 5 h. 1 /2 du soir, et à oh. 1/2 le dîner aura lieu. — De 6 à G h. 1 / 2 doit avoir lieu la dernière récréation de la journée, et une dernière étude, de 6 h. 1/2 à 9 h. du soir la terminera. C’est à 9 heures qu’il est bon de faire coucher.

On regarde comme une chose utile pour les jeunes sujets de leur accorder le jeudi une demi-journée de congé, et le dimanche une journée entière.

2 «-Adultes. — Chez les hommes faits et suffisamment développés, l’exercice anormal des facultés intellectuelles influe puissamment sur leur organisation physique. Les effets, toutefois, sont moins prononcés que dans le jeune âge. Parmi les consé-

quences de cet exercice anormal des facultés cérébrales, on doit citer la diminution de l’appétit, les digestions languissantes, et, fréquemment, des gastralgies et des dyspepsies.

Chez d’autres, ce sont des palpitations nerveuses, des névroses du cœur et une prédisposition singulière aux affections organiquesdel’organe central de la circulation, ou bien encore des migraines, des céphalalgies nerveuses, des névralgies de diverses espèces. Plus tard, enfin, lorsqu’on a négligé les premiers phénomènes qui annonçaient déjà une fatigue cérébrale, on peut voir se développer un notable affaiblissement des organes des sens, une impossibilité de travailles éblouissements et des vertiges continuels. Enfin, dans quelques cas, ce sont des maladies mentales, ou bien des congestions et des hémorrhagies cérébrales, qu’on voit se développer. En même temps, l’organisation physique ressenties atteintes du travail forcé de l’encéphale, l’embonpoint se perd, le teint pâlit, les forces diminuent, et l’exercice musculaire est supporté avec peine.

Il est évident, d’après cela, qu’il est toujours inutile de ne pas se livrer avec trop d’ardeur aux travaux intellectuels. On doit, autant que possible, chercher à les équilibrer par des exercices physiques convenables.

C’est ainsi que les personnes qui sont placées dans cette position se trouvent très-bien de promenades à pied, réitérées chaque jour et exécutées surtout après chaque repas. 11 est, en effet, de la plus haute importance de ne pas se livrer, immédiatement après le repas, à des occupations sérieuses et à une application soutenue, si l’on ne veut voir des troubles digestifs se développer, et quelquefois même, plus tard, survenir des phénomènes cérébraux. Les hommes livrés aux travaux de l’esprit doivent toujours consacrer un temps suffisant à un sommeil tranquille et réparateur, destiné, sinon à neutraliser, du moinsà diminuer la fatigue cérébrale. (Voyez, plus bas, Hygiène des gens de lettres.)

Bibliographie. — Cette question de l’influence du moral appartenant plutôt à la psychologie et à la physiologie qu’à l’hygiène, nous laisserons de côté la multitude de dissertations qui ont été écrites sur ce sujet, ne nous arrêtant qu’aux princ:paux ouvrages. — Zimmermann (J. G.), Betrachtung über die Etnsamkett . Zürich, 1756, in-8°. — Du même, Von der Eisamkeit. Leipzig, 1784-85, 4 vol. in-8°; trad. fr. sous le titre : La solitude considérée relativement à l'esprit et au cœur, par M. Mercier. Paris, 1790, 2 vol. in-12, et par Jourdan. Paris, 1825 et 1840, in-8°. — Beauchesne (de), De l’influence des affections de l’âme sur les maladies nerveuses des femmes. Montp., 1781. — Cabanis, Rapp. du phys. et du moral de l’homme. Paris, 1802, in-8°. Fabre (P.), Essai sur les facultés de l'âme considérées dans leurs rapports avec la sensibilité de nos organes. Paris, 1785, iu-12. — Conp, Essay on the Changes produced in the Body by Operations of the Mind. Lond., 1792, in-8°. — Petit, Essai sur la médecine du cœur. Lyon, 1806, in-8°. — Scm-

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