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CHAPITRE XXIX

Fécondité. — Stérilité.

Tous les mariages ne sont pas féconds, et bon nombre d’époux n’ont jamais d’enfants. Les causes qui produisent de tels résultats dépendent, soit de l’homme, soit de la femme, quelquefois de tous les deux.

Les causes inhérentes à la femme sont locales ou générales. Parmi les premières on doit ranger :

1° Les divers vices de conformation des organes génitaux, qui ont pour caractères l’absence ou l’occlusion du vagin; l’absence de l’utérus, des trompes ou des ovaires ; l’occlusion de l’orifice du col ou des trompes ;

2° L’absence de menstruation, qui indique, en général, qu’il n’y a pas d’ovulation spontanée;

3° La plupart des maladies du corps ou du col de l’utérus, et en particulier l’antéversion ou la rétroversion, la métrite chronique, rinflammalion catarrhale de la membrane interne de la cavité du col ou du corps de l’utérus, le cancer de cet organe.

Parmi les causes générales, on doit placer la faiblesse de la constitution, la mauvaise santé habituelle, les maladies chroniques déterminant un état cachectique; la chlorose, les diverses espèces d’anémies.

On regarde encore comme causes de stérilité, les travaux physiques exagérés, les marches forcées, l’équitation. L’abus des plaisirs vénériens et le tempérament génital très-prononcé conduisent souvent à ce résultat. La prostitution est une des causes les plus fréquentes d’infécondité.

Enfin, bien souvent, aucune cause ne peut rendre compte de la stérilité de la femme, et elle se produit malgré l’intégrité anatomique et physiologique de tous les appareils organiques, et malgré une belle et forte constitution.

Chez l’homme, les causes de stérilité ne sont pas moins nombreuses, et elles tiennent également aux organes génitaux ou à l’ensemble de l’organisme.

Parmi les premières, on trouve les vices de conformation de la verge, l’hypospadias, l’absence du pénis, l’absence des testicules (en supposant qu’ils ne sont pas restés dans l’abdomen), le volume trop considérable de la verge, qui s’oppose à son in-

troduclion ; l’impuissance proprement dite, consistant dans l’impossibilité de l’érection ; l’absence d’animalcules spermatiques (I), la liquidité trop grande du sperme: les maladies de la prostate, de l’urèthre et des vésicules spermatiques.

Les causes générales sont les excès vénériens, la spermatorrhée, la faiblesse primitive de la constitution, les cachexies diverses, les anémies symptomatiques de divers états généraux, tels que les fièvres intermittentes, les intoxications mercurielles et saturnines, une alimentation insuffisante ou insuffisamment réparatrice : toutes ces influences générales déterminent probablement la disparition des spermatozoaires et la liquidité du fluide spermatique.

Enfin, de même que chez les femmes, il est un certain nombres de cas dans lesquels, avec une constitution excellente, absence complète de maladie, et composition normale du sperme, il y a une stérilité de l’homme que l’on ne sait à quelle cause rapporter.

L’hygiène et la thérapeutique indiquent les moyens de remédiera quelques-unes de ces altérations et de faire disparaître un certain nombre de ces causes.

Ce n’est pas, toutefois, ici, le lieu d’en parler, et il en a été suffisamment question en traitant des divers agents dont la matière de l’hygiène peut disposer.

En prenant la question d’un peu plus haut, on trouve des causes générales qui tiennent aux climats, à l’alimentation des peuples, à leur richesse, et qui ont une influence prononcée sur la fécondité des populations. Ce sont ces causes générales qu’il s’agit d’examiner.

Les climats exercent une grande influence sur la fécondité. Il a été démontré précédemment que cette fécondité était plus considérable dans les pays chauds, et moindre dans les contrées septentrionales.

La richesse d’un pays, l’abondance de ses productions, la fertilité de son sol, augmentent la fécondité de ses habitants. Les conditions contraires la diminuent dans une proportion notable.

[Voici, d’après M. Bertillon, la fécondité au moins très-approximative des mariages dans les différents pays de l’Europe.

(1) Il est généralement admis aujourd’hui que les petits corps filiformes que le microscope fait reconnaître dans le sperme ne sont pas des animalcules, mais des corps vibratiles; aussi, a-t-on changé leur nom de spermatozoaires en celui de spermatozoïdes. Au total, ce que dit ici M. Becquerel n’en est pas moins vrai, leur présence est indispensable dans le sperme pour que ce liquide soit apte à féconder

E. Bgd.

CnAP. XXIX. — FÉCONDITÉ. — STÉRILITÉ. 837

Hongrie .

Russie

’Rspagnf»

Écosse

Hollande

Autriche. . . . .

Bohème

Belgique . . ..

Italie t ... .

Angleterre. . .

Norwége

Saxe

Suède

Danemark. . . .

Wurtemberg. . . . <-rT 77

Bavière

Prusse

France

Ainsi la France occupe le dernier rang, et encore, d’après les derniers recensements, la natalité va-t-elle diminuant. Nous avons examiné plus haut [population, p. 79 et suiv.) les effets de cette diminution.]

On comptait \ naissance en Russie, en 1842, sur 23 habitants; en Autriche, en 1^40, 1 sur 26 habitants; en Prusse, en 18i0, 1 sur 27 habitants; en Angleterre, en 1841, 1 sur 31 habitants.

En France, les naissances ont suivi depuis quatre-vingts ans une marche décroissante, et voici le tableau et les résultats que nous empruntons au travail de M. Boudin.

HABITANTS

pour 1 naissance.

HABITANTS

pour 1 naissance

On voit, ajoute-t-il, que depuis 1772 la fécondité a diminué de plus de 40 pour 100. On comptait, en 1784, sur 24,800,000 habitants, 965,648 naissances. En 18H, le nombre de ces dernières ne dépassai t pas 970,929, sur une population de 34,230,000 individus.

Quelle est la cause de cette diminution ? 11 faut l’attribuer, selon M. Boudin, à l’énorme proportion des anciens prolétaires devenus propriétaires par le fait de la Révolution.

La même diminution de fécondité se montre dans plusieurs autres contrées de l'Europe. Elle est, en Allemagne, de 1 sur 13, en 17 ans; en Suède, 1 sur 9, en 61 ans; en Russie, 1 sur 8, en 28 ans; en Espagne, 1 sur 6, en 30 ans; en Danemark, 1 sur 4, en 82 ans ; en Prusse, 1 sur 3, en 132 ans ; en Angleterre, 1 sur 3, en 100.

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Stérilité : Un très-grand nombre de dissertations et d’ouvrages, parmi lesquels : Belin de Bellhfort, De sterilitate muïierum. Basileæ, 1604, in-4°. — Naboth, De sterilitate muïierum. Lipsiæ, 1617, in-4°. — Finck, De sterilitate muliebri. Helmstadii, 1619, in-4°. — Bourgeois (Louise), dite Boursier, Obs. sur la stérilité, perte de fruit, fécondité, etc. Paris, 1852, in-12. — A Pratis (J.), Tractatus de arcendà sterilitate et pro gignendis liberis. Amstelodami, 1654, in-12. — Fr anck de Franckenau (G.), De sterilitate muliebri. Heidelbergæ, 1673, in-4°. — Stahl (G. Ern.), Progr. de sterilitate fœminarum per xtatem. Halæ, 1699, in-4°. — Alberti (Mic.), De infecunditate corporis propter fecunditatem animi in fœminis. Halæ, 1743, in-4°. — Buchner (Andr. El.), Disquisitio causarum sterilitatis utriusque sexus. Halæ, 1747, in-4°. — Gruner (Chr. Godefr.), De causis sterilitatis in sexu sequiori. Jenæ, 1769, in-4°. — M estimer (E. A.), Recherches sur la stérilité, considérée dans les deux sexes. Th. de Paris, an XI, n» 195, in-8. — Heinse (C. G.), Unterricht über das weissen Fluss und die Unfruchtbarkeit der Weiber. Leipzig, 1803, in-8°. — Jung (F. W.), Die Ehe, oder Beitrâge über schwachliche Ehestandsfàhigkeit mànnliches anver moyen und weibliche Unfruchtbarkeit, nebst, etc. Berlin, 1811, in- S» — CoMBET (L. A. P.), Recherches sur les causes de la stérilité dans le mariage. Th. de Paris, 1818, n» 178. — Mondât, De la stérilité de l’homme et de la femme, et des moyens d’y remédier. Paris, 1820, in-12, 5e édit., 1840, in-8°. — Meissner (F. L.), Ueber die Unfruchtbarkeit des mànnlichen und veibliche Geschlechts, ihre Ursachen, etc. Leipzig, 1820, in-8°. — Donné (A.', Nouv. expér. sur les animalcules spermatiques et sur quelques unes des causes de la stérilité chez la femme. Paris, 1837, in-8°. — Wesch (G.), De sterilitatis muïierum causis. Berolini, 1838, in-8°. — Tilt (E. J.), On Diseases of Menstruation, etc., in Connection with Sterility, etc. London, 1850, in-8°. — Mistler, Quelques mots sur la stérilité de la femme ; des moyens propres à y remédier, in Gaz. méd. de Strasb., 1851, p. 1. — Roubaud (F.), Traité

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