CHAPITRE YII Professions sédentaires des villes
Cette classe renferme la partie la plus nombreuse de la population des villes; on doit y ranger les tailleurs, les couturières, les cordonniers, les ouvriers de tout genre, et tout le petit commerce. Chez tous ces individus, la circonstance de la profession joue un rôle peu important : si Ton met de côté la fréquence des hémorrhoïdes chez les tailleurs, qui travaillent accroupis, et la dépression du sternum, ainsi que les gastralgies, très-
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communes chez les cordonniers, qui appuient sur cette région l’objet de leur travail, ce son l toutes les circonstances générales de l’hygiène ordinaire qui règlent la santé de ceux qui exercent ces professions diverses. Leur état sanitaire dépend de l’habitation qu’ils occupent, des vêtements dont ils sont couverts, de 1 alimentation dont ils font us-ge, ainsi que des exercices qu’ils accomplissent. Quant aux facultés intellectuelles, il n’y a aucun excès à craindre sous ce rapport, et ce n’est pas l’usage immodéré qu’ils pourraient en faire, qui peut être une source de maladies pour les individus qui exercent les professions sédentaires manuelles des villes.
Un mot sur deux ou trois de ces professions est indispensable pour faire connaître quelques particularités.
Tableurs. — Les tailleurs sont sujets à toutes les infirmités et à tous les accidents produits par un travail sédentaire.
Par suite de l’attitude particulière qu’ils gardent constamment assisses jambescroiséesetle corps penché en avant, on observe :
1° Une tumeur rouge, de volume variable et très-molle, sur les malléoles externes ;
2° Une seconde tumeur analogue, mais moins grosse, sur le bord externe du pied, au niveau de l’extrémité tarsienne du cinquième métatarsien;
3° Une callosité rougeâtre sur le cinquième orteil.
On observe encore, dans la partie inférieure du thorax des tailleurs, une dépression considérable, causée par la voussure de la poitrine.
[De nombreux relevés statistiques ont fait voir que la phthisie fait de grands ravages chez les tailleurs.]
Cordonniers. — Cette profession est une des plus pénibles ; elle exige une position et des mouvements qui laissent sur les différentes parties du corps des traces indélébiles.
M. Tardieu a décrit avec soin les altérations qui surviennent dans les deux mains: nous y renvoyons le lecteur. De plus, la pression de la forme sur la poitrine détermine un enfoncement du thorax, immédiatement au-dessus de l’appendice xiphoïde : le sternum offre dans ce point un creux profond, régulier, circulaire, très nettement circonscrit, et sans déformation générale du thorax.
Les maladies communes aux ouvriers cordonniers, qui viennent s’ajouter aux déformations physiques que nous venons de signaler, sont les scrofules et le rachitisme; le cancer de l’estomac, d après Corvisart et Mérat ; les hémorrhagies pulmonaires, suivant Stahl; les troubles très-variés de la digestion et de la circulation, et un notable appauvrissement du sang, d’après Turner-Thackrath. La profession de cordonnier est une