CHAT. VU. — PROFESSIONS SÉDENTAIRES
des moins avancées en France, où il serait à désirer qu’on introduisit les divers perfectionnements adoptés en Angleterre.
[Couturières. — Nous n’aurions rien de particulier ;i dire sur les couturières, si l’introduction des machines à coudre n’était venue apporter certaines modifications dans l’exercice de cette profession. Le docteur Gardner, qui, le premier, sYst occupé de cette question en Amérique, n’en a vu que de très-heureux résultats ; moins de fatigue, gain plus considérable, travail dans de vastes ateliers bien aérés, possibilité de prendre plus d’exercice, tels sont les avantages qu'il attribue à l’usage des machines. Mais, en France, on a signalé quelques inconvénients qui n’avaient pas été reconnus par le professeur de New-York. Ainsi, M. Guibout a constaté que le mouvement alternatif des deux membres inférieurs pour faire mouvoir certaines de ces machines détermine un frottement continuel et rapide des deux cuisses l’une sur l’autre, mouvement qui se transmet à la vulve. 11 en résulte, chez beaucoup de femmes, une excitation génitale très-vive, d’où une leucorrhée, des gastralgies, de l’amaigrissement, la perte des forces, etc. Beaucoup sont obligées d’interrompre de temps en temps leur travail pour selotionner avec de l’eau fraîche. Ces mêmes faits ont été observés par d’auires médecins, et nous-même avons été consulté à cet égard par quelques ouvrières. D’une enquête toute récente, comprenant 661 ouvrières, faite par M. le DrDecaisne, il résulte que le travail à la machine à coudre donne souvent lieu à de la fatigue dans les reins, mais surtout dans les cuisses quand le travail est prolongé pendant plusieurs heures de suite. La question de l’excitation des parties génitales ne lui a pas fourni des faits aussi nombreux qu’on aurait pu le croire d’après les premières observations de M. Guibout ;dans la plupart des cas de ce genre, il y avait des habitudes vicieuses antérieures à l’emploi de la machine. Ses recherches ne lui ont pas permis de constater que les métrorrhagies, les fausses couches, la péritonite, la leucorrhée fussent plus fréquentes chez les mécaniciennes que chez les autres ouvrières des villes, employées à des occupations sédentaires.
Le seul moyen de remédier aux inconvénients signalés, bien que plus rares qu’on ne l’avait cru, c’est de mettre en usage des pédales isochrones de préférence aux pédales alternatives, mais surtout de recourir, et dans les ateliers cela est facile et assez généralement répandu, à l’emploi d’un moteur commun. Dans ce cas toute cause de fatigue ou d’excitation doit disparaître.]
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