CUAP. XI. — PROFESSIONS A MAT. ANIMALES
qu’au grand air et avec de grands soins de propreté de la part des ouvriers qui exécutent ce travail.
Colle forte. — On appelle ainsi les colles préparées avec les matières animales plus ou moins riches en gélatine, telles que' membranes, peaux, aponévroses, tendons, cartilages et os. On emploie les raclures de peau des mégissiers , les peaux d’emballage et les rognures de peaux venant du Brésil; le résidu de fabrication des buffles, les gros tendons de bœufs, les rognures des parchemineries, les oreilles de mouton, les pieds de veau, les queues rejetées par les tanneurs, enfin les os. Nous ne pouvons entrer dans tous les détails de la fabrication de la colle forte et, en particulier, du dégraissage ; nous dirons seulement qu’elle donne lieu à une odeur infecte, qui empêche d’établir de semblables usines dans le voisinage des lieux habités, bien qu’on n’ait pas remarqué que les ouvriers qui y travaillent soient sujets à des maladies spéciales. Ajoutons encore que les eaux qui s’écoulent de ces fabriques sont chargées de matières animales, qu’elles exhalent une odeur désagréable, qu’elles sont susceptibles d’une putréfaction rapide. Il faut donc les recevoir, aussitôt que possible, dans des citernes ou dans des tonneaux que l’on ira vider dans une voirie voisine ou dans un égout.
Industrie de la soie. — Nous ne pouvons entrer dans tous les détails de cette industrie, nous nous contenterons de dire que l’élève des vers à soie et l’entretien des magnaneries exigent les conditions de salubrité et d’aération les plus parfaites.
Le dévidage des cocons plongés dans une bassine remplie d’eau bouillante est une opération qui n’est pas sans inconvénients. Le contact prolongé avec l’eau chaude détermine, dans les premiers temps surtout, un gonflement et un ramollissement, et parfois même des crevasses et des abcès de l’extrémité des doigts.
Il est une autre affection décrite par M. le docteur Potton, de Lyon, sous le nom de mal de vers ou de mal de bassine , et consistant dans une éruption vésiculo-pustuleuse, qui se développe à la naissance et dans l’intervalle des doigts, ou sur le dos et dans les plis de la main ; elle est parfois bénigne et ne dure que cinq ou six jours, mais, plus souvent, elle est accompagnée de vives douleurs, d’une inflammation très-aiguë, et se prolonge pendant une quinzaine de jours ; elle se complique enfin, dans quelques cas, de phlegmons très-graves.
L’emploi de la vapeur, récemment appliquée au dévidage des cocons, doit apporter une grande amélioration dans cette industrie.
Une autre cause d’insalubrité consiste dans les matières or-
922 HYGIÈNE APPLIQUÉE
ganiques essentiellement putrescibles qui se trouvent dans l’eau qui a servi à échauder les cocons ; de là une odeur fétide et très-désagréable, qui se répand autour des filatures, et qui est principalement due à la prompte décomposition des chrysalides qui restent au fond des bassines. On doit donc procurer à ces eaux un écoulement facile.
BBihlIOKi'aphlc. vidangeurs : Méiiat (F. V.), art. Vidangeurs, in Dict. des sc. méd., t. LVII, 1821. — Bricheteau, Chevallier et Furnari, Note sur les vidangeurs, in Ann. d’hyg., 1« sér., t. XXVIII, p. 46, 1842. — V. la bibliographie des Fosses d’aisances, p. 418.
Bouchers : Morand (J. F .), Histoire d’une maladie très-singulière arrivée à deux bouchers de l’hôtel Roy. des Invalides, in Mém. de l’Acad. des sc., 1766, p. 315. — Beaugrand (E.), art. Bouchers, in Dict. encycl. des sc. méd., t. X, 1869.
Peaussiers : Cirillo (D.), Riflessioni intorno alla qualità delle acque nella concia de’ cuoi. Neapoli, 1785. — Lorenz (V.), Etwas über die Rrankheiten der Lohgerber. Rostock, 1798, in-80. — Laverne, Delunel et Desessartz, Rapport sur l’établissement projeté d’une tannerie et d'une chamoiserie à Chambry, départem. de l’Oise, in Journ. gén. de méd., t. XIV, p. 122, an X. — Buniva (M. Fr.), Mem. intorno ail’ arlicolo di Polizia medica concernente le concierie et cuyorie. Torino, 1800, in-4°. (Anal., in Journ. gén. de méd., t. XVI, p. 109, an XI.) — Dodd (A.), An Essay on the Exemption of Opérative Tanners from Phthisis Pulmonalis, in Lond Med. Gaz., t. III, p. 497, 1829. — Schlegel, Ueber die Schàdlichkeit der Geberwerkstàtten innerhalb einer Stadt, in Henke’s Ztschr., t. XXXV, p. 88, 1838. — Bech (E.), Sind die in Lohgerberwerkstàtten sich entwickelnden Emanationen dem in der N achbarschaft wohnenden Menschen wirklich, und durchgehend nachtheilig ? in Mag. f. St. Arznk. et Schmidt's Jahrbb., t. XLVI, p. 228, 1845. — Nasse, Die Gerberei-Geschâfte in ihrer Wirkung gegen die Tuberkelschwindsucht, in Rein. Monatschr., t. I, ii° 5, 1847, et Schmidt’s Jahrbb., t. LVII, p. 19, 1848. — Weber, Die Gerberei-Geschâfte in. ihrer Wirkung gegen die Tuberkelschwindsucht, in Rein. Monatschr., 1851, et Schmidt’s Jahrbb., t. LXXVI, p. 18. 1852. — Richter, Ueber den Nachtheil der Gerberein auf die menschliche Gesundheit, in Casper’s Vtjschr., t. IX, p. 217, 1856. — Armieux, Du rossignol et du choléra des doigts chez les mégissiers, in Compt. rend, de la Soc. de méd. de Toulouse et Gaz. des hôp., 1853, p. 420. — Sonnenschein, Erstickungsgefahr in Lohgruben, in Arch. der deutschmed. Gesetzgebung, t. II, n°s 8, 9 1854. — Schmauss (A.), Die Fingercholera und die Nachtigall der Gerber, in Bayer, aerztl. Intell. Bl. et Canstatt’s Jahresb., 1861, t. VII, p. 67. — Beaugrand (E.), Recherches historiques et statistiques sur les maladies des ouvriers qui préparent les peaux en général et sur celles des tanneurs en particulier, in Ann. d’hyg., 2® sér., t. XVIII, p. 241, 1862. — Pécholier et Saint- Pierre, Etude sur l’hygiène des ouvriers peaussiers du département de l’Hérault , in Montpellier méd., t. XII, p. 381, 1864. — Droop, Ueber das Trocknen von Thierhàuten auf Hausbôden, in Vtjschr. f. ger. Med., Ne F®, t. IX, p. 375, 1869. — Ziurek, Z ur Révision der Gerbereien, ibid., t. XI, p. 175, 1869.
Boyauderies, fabriques de colle, fonderies de suif, savonneries : Labarracue, (A. G.), L'art du boyaudier (Mém. couronné, etc.). Paris, 1822, in-8°. — Gutachtliche Aeusserung der K. Wissensch Deput., etc., betreffend die Anlage einer Darmsaitenfabrik, in Casper’s Vtjschr., t. XII, p. 311, 1857. — Gutacht., etc., betreffend die Leim fabrication, ibid., t. VI, p. 105, 1854. — Becker, Sind Leimsiedereien der Gesundheit der Arbeiter und Anwohner nachtheilig ? ibid., t. XI, p. 234. 1857. — Kuhlmann, Rapp. sur une fonderie de suif, in Rapp. du Cons. de salubr. du dép. du Nord, t. I, p. 25, 1830. — Darcet, Hygiène des ouvriers savonniers, Description d’un appareil pour leur sécurité, in Ann. d’hyg., lre sér., t. XXI, p. 123* 1839. — Foucou (F.), Note sur un travail d’assainissement exécuté dans la savonnerie de MM. Arlot et-C,e à la Villetle. in Bullet. de la Soc. d’encouraaement.