‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 324 sur 353 · CI1AI*. XI. — PROFESSIONS A MAT. ANIMALES · texte numérisé non relu

CI1AI*. XI. — PROFESSIONS A MAT. ANIMALES

tion des peaux ne produit pas, par elle-même, d'aflections particulières.

— [Des recherches auxquelles nous nous sommes livré sur la profession des tanneurs, mégissiers,- etc., il résulte que, chez eux, les seules maladies qui se présentent avec une certaine fréquence sont les rhumatismes et les inflammations des voies respiratoires, ce qui résulte de cette partie de leur travail qu’on appelle travail de rivière.]

Les vidangeurs sont exposés à deux maladies spéciales. L’une est l’asphyxie, qui est la conséquence de l’inspiration des gaz dégagés par les matières fécales concentrées dans un espace peu étendu. L’autre est l’ophthalmie, due aux sels ammoniacaux qui se trouvent parmi les gaz qui remplissent l’atmosphère provenant des fosses d’aisances.

Quant aux matelots qui forment l’équipage des navires baleiniers, c’est une opinion généralement admise parmi les gens de mer, qu’ils sont tous d’une santé plus vigoureuse que les marins des autres bâtiments : or, leurs navires sont toujours, ainsi qu’on le sait, imprégnés d’émanations de matières animales d’une extrême fétidité.

On peut en dire autant des fabricants de colle forte.

Parent-Duchâtelet, qui, comme Warren, a examiné la plupart de ces questions, est arrivé aux mêmes conséquences, c’est-àdire à soutenir l’innocuité des émanations provenant des matières animales. Ce sujet a été longuement discuté plus haut ,* les opinions émises sur les détails qui précèdent sont uniquement destinées à résumer leur influence.

Il est utile maintenant que nous entrions dans les détails de quelques-unes de ces professions.

Bougies. — La bougie peut se fabriquer avec la cire, le blanc de baleine et l’acide stéarique. Nous n’avons rien à dire des deux premières substances, qui sont des produits naturels et dont la manipulation est sans dangers.

La confection des bougies stéariques s’opère en soumettant d’abord la graisse à l’action de la chaux vive, qui transforme en acides gras les deux principaux éléments, la stéarine et l’oléine ; une seconde opération consiste à décomposer le stéarate et l’oléate de chaux formés à l’aide de l’acide chlorhydrique ou de l’acide sulfurique. Il n’y a de danger que dans le maniement de ces acides, mais on ajoute souvent un peu d’acide arsénieux pour rendre, dit-on, les graisses plus combustibles. On a pu trouver jusqu’à 0&r,30 de cet acide. On conçoit que ce principe, venant à se volatiliser dans la combustion, a pu déterminer des accidents chez les personnes qui faisaient usage des bougies.

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L’emploi de l’acide arsénieux est interdit maintenant par l’autorité.

Chandelles. — La fabrication des chandelles, en mettant de côté le danger d’incendie, développe une odeur fade et nauséabonde, extrêmement désagréable ; on n’a cependant pas à signaler d’accidents particuliers aux ouvriers qui les travaillent.

Fabriques de savon. — Ces fabriques ne sont pas, par ellesmêmes, insalubres, mais elles dégagent une fumée et une odeur tellement désagréables, qu’elles ont été classées dans les établissements insalubres. De plus, la nature des résidus solides et liquides qui en proviennent et qui sont facilement décomposâmes, pourraient, si on les abandonnait sur la voie publique, donner lieu à un dégagement considérable de vapeurs infectes et de gaz sulfhydrique, essentiellement nuisible à la santé.

Pour éviter ces inconvénients, les résidus solides provenant de la saponification doivent être provisoirement placés sous des hangars, afin que les eaux pluviales ne puissent les délayer et les répandre sur la voie publique. Les résidus liquides doivent être recueillis avec soin dans une fosse ou dans un récipient parfaitement étanche, pour être enlevés ultérieurement avec les résidus solides.

Quant aux fumées épaisses et nauséabondes qui se dégagent de ces fabriques, il faut en éviter la dissémination, ce qu’on ob tient à l’aide de la combustion des vapeurs, ou bien en les expulsant au moyen de cheminées d’appel très-élevées.

On a pu craindre, dans quelques fabriques, que les ouvriers ne fussent précipités dans les chaudières de lessive bouillante où s’opère la cuisson. Darcet a proposé l’emploi d’une sangle et d’une corde de suspension fixée à une barre de fer solide, qui retiendrait l’ouvrier.

Os. — Nous avons étudié plus haut le parti qu’on pouvait tirer des os. Nous avons démontré qu’on en extrayait de la graisse, de la gélatine, qu’on pouvait les distiller et les transformer en noir animal. Nous ne pouvons donc revenir sur tous ces détails, et nous considérons, avec M. Tardieu, les nombreux usages auxquels on destine maintenant les os, comme étant un des moyens les plus précieux d’assainissement pour les voiries et les équarrissages. On ne doit pas, toutefois, se dissimuler que le voisinage de telles fabriques ne soit essentiellement désagréable, en raison des émanations de matières animales, plutôt qu’en raison des dangers réels auxquels elles pourraient exposer.

Boyauderies. — On comprend sous ce nom la fabrication à

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l’aide des intestins des bœufs, des moutons et des chevaux, de divers produits employés dans les arts.

La préparation des boyaux consiste d’abord dans une putréfaction assez avancée, qu’on doit préalablement leur faire subir. Cette opération donne naissance à une horrible puanteur ; mais d’après Parent-Duchâtelet, il n’en résulte pour les ouvriers aucun inco vénient. Cependant, d'après MM. Chevallier et Guérard, les ouvriers, au début de leur travail dans ces établissements, ressentent souvent de la fièvre et un trouble plus ou moins profond dans les voies digestives. On doit à Labarraque d’avoir appliqué à l’art de la boyauderie les propriétés désinfectantes des chlorures, et d’avoir permis d’éviter ainsi les inconvénients sans nombre, inséparables, jusque-là, de la préparation des boyaux.

Asticots. — On appelle ainsi des vers qui proviennent des œufs que plusieurs espèces de mouches déposent dans les viandes en putréfaction. On les emploie pour la pêche à la ligne, et la pourriture des faisans et de la volaille. C’est dans un coin du clos d’équarrissage deMontfaucon qu’on les récolte. Nous ne pouvons en dire qu’une chose, c’est que cette fabrication répand l’odeur la plus infecte, car rien ne peut être comparé à celle des matières animales décomposées et aux asticots eux-mêmes. Il faut donc les reléguer aussi loin que possible des habitations.

Nourrisseurs. — Les établissements destinés à l’élève des vaches laitières, des chèvres, des ânesses, et parfois même des porcs, des lapins et des oiseaux de basse-cour, sont considérés comme des établissements incommodes pour des villes ayant une population qui dépasse 5,000 âmes. Un grand nombre de ces établissements laissent, en effet, beaucoup à désirer pour la bonne tenue des étables, l’écoulement facile des eaux, l’entassement des animaux.

Des vaches placées dans un tel cloaque, ne respirant qu’un air impur, mal nourries et mal soignées, ne peuvent fournir qu’un lait de mauvaise qualité. De plus, elles sont exposées à mourir de phthisie pulmonaire, d’inflammation aiguë de poitrine. Le Conseil de salubrité a prescrit des mesures de précaution, destinées à prévenir ces inconvénients sérieux, et à faire disparaître ces causes d’insalubrité.

On conçoit qu’il s’agit des règles relatives à la situation des étables, à leur spécialité et à leur bonne tenue.

Tannerie. — Mégisserie. — Corroierie. — Les tanneries sont des foyers d’émanations plus ou moins désagréables, mais qui ne sont peut-être pas très-insalubres ; tout consiste dans une

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disposition convenable et dans une hygiène bien entendue de ces sortes d’établissements.

M. Armieux a signalé, chez les mégissiers d’Annonay en particulier, deux maladies des doigts assez curieuses : la première {choléra des doigts) est une ecchymose qui envahit la partie interne des doigts, là où l’épiderme est très-mince : elle est noirâtre, dure souvent longtemps sans être douloureuse et finit souvent par s’ulcérer, ce qui cause à l’ouvrier des souffrances atroces. Le repos et les corps gras les guérissent, mais elles récidivent facilement.

La seconde maladie, appelée par les ouvriers rossignol, consiste en un petit trou qui se forme à l’extrémité de la pulpe des doigts; il est dû à l’amincissement delà peau, corrodée par la chaux. Il y a sortie de gouttelettes de sang, et des douleurs atroces par suite de l’action de l’air sur les papilles nerveuses. Pour remédier à ces deux sortes d’accidents, M. Armieux conseillel’e mploi des gants huilés.

Chiffonniers. — M. Benoiston de Châteauneuf les classe parmi les professions qui exposent les poumons à l’action d’un air chargé de molécules végétales et disposent à la phthisie.

M. Tardieu pense que c’est presque uniquement parla saleté dans laquelle croupissent ceux qui l’exercent, et par les habitudes abjectes et les excès de toute sorte auxquels ils s’abandonnent, que celte profession peut être nuisible à la santé. Il est certain néanmoins qu’ils sont exposés à gagner des maladies contagieuses, et, en particulier, la gale, et à être atteints de toutes sortes de maladies de la peau. Ils ne pourraient éviter tout cela que par des soins de propreté et une hygiène bien entendue.

Criniers. — Cette profession est insalubre sous plusieurs rapports que voici : d’abord, les ouvriers respirent une poussière animale très-ténue, qui irrite les bronches et détermine de la toux ; ensuite les matières employées sont souvent imprégnées de sang et de matières fécales, ou bien elles proviennent d’animaux affectés de maladies contagieuses. Dans l’un et l’autre cas, elles donnent naissance à des émanations développées ou accrues par la fermentation et douées de propriétés délétères.

Le déballage de crins provenant de pays étrangers est surtout l’opération dans laquelle ces dangers sont à redouter. Les accidents qu’on remarque chez les criniers sont, en particulier, les éruptions furonculeuses, les anthrax, le charbon, la pustule maligne et peut-être même la morve. Les seuls conseils qu’on puisse donner consistent à n’ouvrir les ballots de crin

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