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CHAPITRE II

DES AGES

Au milieu de la discussion académique sur la mortalité des enfants en nourrice, était venu se placer un rapport de M. Delpech sur l’utilité des crèches dans lequel le rapporteur avait, comme M. Yernois, vanté les bienfaits de cette institution. Ilusson a combattu ces tendances optimistes ; il a fait voir que ces établissements sont peu fréquentés ; que l’installation d’un très-grand nombre d’entre eux laisse beaucoup à désirer sous le rapport de l’hygiène; que les inspections n’y sont pas faites avec la fréquence et la régularité désirables; que l’article du règlement, d’après lequel la mère est tenue de venir deux fois par jour allaiter son enfant, n’est pas exécuté, et que, dès lors, la crèche n’est pour elle qu’un moyen de se débarrasser de son enfant pendant le jour.

Une institution véritablement excellente, c’est celle de la crèche à domicile et qui consiste dans le prêt d’un berceau, d’objets de literie, de linge, etc., avec un secours en argent, à la condition que la mère allaitera et soignera elle-même son enfant. C’est ce que font les sociétés de charité maternelle. Il faut donc soutenir et encourager celles-ci par tous les moyens.

A Mulhouse, l’association des fabricants a organisé un système d’après lequel les femmes des manufactures qui accouchent, reçoivent pendant six semaines l’équivalent de leur salaire habituel, c’est-à-dire environ 1 fr. 50 par jour; puis, reprenant leur travail, elles apportent leur enfant à la fabrique, où il est placé dans une salle particulière, de manière à ce qu’elles puissent l’allaiter plusieurs fois dans la journée. Cette belle institution, que l’on serait bien heureux de voir se multiplier dans les pays de fabrique, a fourni sous le rapport de la mortalité les meilleurs résultats. Sur 100 nouveau-nés allaités pendant six semaines au moins au domicile, la perte a été seulement de 24 p. 100, tandis qu’elle était de 73 p. 100 pour les enfants nourris au biberon, et de 36 p. 100 pour ceux de la population ouvrière.

En résumé, la principale objection à faire aux crèches, c’est que l’enfant au-dessous d’un an, de huit mois au moins, ne doit pas être séparé de sa mère dont la présence lui est incessamment nécessaire, soit pour le calmer avec le sein dans les moments de crises si communes à cet âge, soit pour le couver en quelque sorte entre ses bras. La crèche n’est donc utile qu’à partir du sevrage.]

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