‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 331 sur 353 · CIIAP. XII. — PROFESSIONS A MAT. MINÉRALES · texte numérisé non relu

CIIAP. XII. — PROFESSIONS A MAT. MINÉRALES

que les doigts sont déviés en dedans, de manière à former un angle avec le métacarpe, et à ne pas permettre d’opposer l’un à l’autre l’indicateur et le pouce.

Une autre infirmité fort commune, c’est une contraction des doigts, et môme de la main, qui ne permet pas de les étendre ni de les ouvrir.

A tous ces inconvénients on doit joindre l’âge peu avancé des ouvriers que l’on y fait travailler, l’odeur infecte, lhumidité, l’absence de renouvellement de l’air des ateliers ; on aura l’explication des autres maladies qu’ils peuvent avoir, et qui sont les suivantes : l’ophthalmie, causée par la lumière ardente du feu de forge; le coryza et les affections rhumatismales et catarrhales dues aux brusques variations de température ; l’amaurose et la surdité.

On voit qu’il y a beaucoup à faire pour assainir la profession de cloutier. Nous renvoyons au Mémoire que M. Masson a publié dans les Annales d'hygiène.

Bibliographie. — Masson, Des conditions hygiéniques des ouvriers clouliers et ferronniers dans l’Ardenne française (anal, par Tardibu), in Ann. d’hyg., lfe sér., t. XLI1I, p. 217, 1850.

[6° Arsenic. — L’extraction du minerai arsénifère n’est ordinairement accompagnée d’aucun accident, et même, dans les usines métallurgiques où l’on prépare ce métal, lorsque les précautions voulues sont bien observées, on ne rencontre que des accidents locaux d’éruptions pustulo-ulcéreuses. On ne voit que très-rarement, et, presque exclusivement, dans les établissements mal tenus, des phénomènes d’intoxication arsenicale chronique; l’empoisonnement aigu est véritablement exceptionnel. Les précautions à prendre sont les suivantes : une ventilation active, des cheminées d’appel bien disposées, trèsélevées, et, de la part des ouvriers, de grands soins de propreté ; l’application, pour certaines parties du travail, d’un appareil d’interception (éponge humide, mouchoir mouillé, etc.) au-devant de la bouche ; pendant le travail, des vêtements bien serrés à toutes les ouvertures, et que l'on quitte après le travail ; ne jamais laisser d’aliments, ni prendre les repas dans les ateliers.

Les arsenicaux, mais surtout le vert de Schweinfurt, mis en œuvre dans beaucoup d’industries (fabriques de papiers peints, fleurs artificielles, etc.), causent souvent des lésions locales, éruptions diverses, et même des empoisonnements plus ou moins graves. Ici l’interdiction d’une substance aussi dangereuse devrait être de rigueur.]

ISlSilio^n'nphlo. — Bræmer (E.), Arsenikausschlag , in Casper’s Wchnschr. 1840, n° i 5, et Schmidt’s Jahrbb., t. XXXI, p. 290, 1841. — Blandet, Mém. sur l empoisonnement externe produit par le vert de Schweinfurt, ou de l’œdème, et de l'éruption professionnels des ouvriers en papiers peints, in Journ. de méd. de Beau , t. III, p. 112, 1845. — Chevallier (A.), Essai sur les maladies qui atteignent les ouvriers en papiers peints , qui emploient, dans la préparation de ces papiers, le vert de Schweinfurt, etc., in Ann. d’hyg., lre sér., t. XXXVIII, p. .“6, 1847. — Du même, liecherches sur les dangers que présentent le vert de Schweinfurt, le vert ai senical, l'arsénite de cuivre, ibid., 2® sér., t. XII, p. 49, 1859. — Brockmann, Des accidents occasionnés par l’arsenic chez les ouvriers qui travaillent ce métal dans les mines du Harz, in Die metall. Kran/ch., etc. Nordhausen, 1851 ; trad. et extrait par E. Beaugrand, in Monit. des hôpit., 1858. — Die Anfertigung arsenikhaltiger Farben , in einer Farbenfabrik,\n Casper’s Vtjschr., t. VII, p. 229, 1857. — Follin. Sur l’éruption papulo-ulcéreuse qu’on observe chez les ouvriers qui manient le ver de Schweinfurt, in Arch. gén. de méd., 5® sér. t. X, p. 683, 1857. — Pietra-Santa (P. de), Existe-t-il une affection propre aux ouvriers en papiers peints qui manient le vert de Schweinfurt? in Ann. d’hyg., 2® sér., t. X, p. 339, 1858. — Beaugrand (E.), Des différentes sortes d’accidents causés par les verts arsenicaux employés dans l’industrie, in Gaz. des hôpit., 1859, n°s 25, 28. — Vbrnois (M.), Mém. sur les accidents produits par l’emploi des verts arsenicaux chez les ouvriers fleuristes en général et chez les apprèteurs d’étoffes, etc., fig., in Ann. d’hyg., 2® sér., t. XII, p. 319, 1859. — Ueber Arsenik farben undderen Anwendung in sanilàts-polizeilicher Beziehung , in Casper’s Vtjschr., t. XVI, p. 18, 1859. — Vandenbroeck, Des dangers que présentent la fabrication, le travail et l’usage des feuilles et des fleurs artificielles, in Bullet. de l’Acad. roy. de Belgique, 2e sér., t. IV, p. 34, 1861. — Hassall (A. Hill), Observations on the Employement in the Arts of Scheele’s Green or Arsenite of Copper, in The Lancet, 1863, t. I, p. 204. — Behrend (Fr.), Die Krankheiten der Tapetemaler, etc., in Henke’s Ztschr., 1861, Hft. 1. — Charvet (U.), Étude sur une épidémie qui a sévi parmi les ouvriers employés à la fabrication de la fuchsine (intoxication arsenicale). Th. de Paris, 1863, n° 116. — Beaugrand (E.), art. Arsenic (hvg. publ.), in Dict. Encyclop. des sc. méd. (Bibbogr. très-étendue), t. VI, 1867. Et voy. bibliographie des habitations (papiers de tenture au vert arsenical), p. 393.

Chhistmann, Ueber Vergiftung dure h arsenhaltige Farben, in Würt. Corresp.- Bl., Bd. XXXIX, 1869. — Delpech, Sur une cause non encore mentionnée d’intoxication chronique par l’arsenic, in Ann. d’hyg., 2® sér., t. XXXIII, 1870. — Lorderbau, Intoxication arsenicale externe, in Un. méd., 1872. — J'àderholm, Vergiftung durch arsenhaltiges Anilin, in Deutsche Klinik, n° 47, 1873. — Gintl, Ueber eine neue art giftiger Kleiderstoffe, in Zeitschr. f. Naturwiss.. Jahrg. XXIV, 1874. — Kathery, Note sur le diagnostic des éruptions arsenicales et des éruptions syphilitiques, in Un. méd., févr. 1874.

[Phosphore.— Une particularité fort remarquable, c’est que la préparation du phosphore ordinaire n’offre aucun inconvénient pour la santé des ouvriers, tandis que la fabrication des allumettes, dites chimiques allemandes, dans la composition desquelles entre le phosphore, donné lieu à des accidents d’une extrême gravité. Ces accidents étudiés en Allemagne, d’où est revenu le procédé dont il s’agit, sont les suivants :

On observe d’abord chez les ouvriers employés à ce travail, mais surtout chez ceux qui sont chargés de tremper les allumettes dans la pâte, des bronchites assez intenses, avec toux sèche, opiniâtre, oppression ; des gastralgies, de l’anorexie ;

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mais, la conséquence la plus fâcheuse de ce genre de travail, consiste dans une nécrose des os maxillaires et surtout des maxillaires inférieurs, trop souvent suivie de la mort. Dans 71 cas relevés par M. Trélat, on a compté 23 morts, 28 guérisons, 8 encore en traitement, 9 perdus de vue et 9 ayant succombé à des maladies intercurrentes ; ainsi, en éliminant ces dernières, on aurait perdu près de la moitié des malades !. . .

En outre, nous devons signaler le danger des incendies nonseulement dans les fabriques, mais par les allumettes ellesmêmes, sans parler des empoisonnements accidentels ou criminels. On ne sera donc pas étonné si cette industrie dangereuse étant de litres est soumise à de sévères réglementations. Mais le mieux serait de proscrire absolument l’emploi du phosphore blanc et d’exiger l’emploi du phosphore amorphe qui ne donne lieu à aucun accident pour les ouvriers, qui n’est pas vénéneux, et exige un frottoir spécial, ce qui rend plus difficiles les chances d’incendie.]

Bibliographie. — Heyfelder, Ueber Nekrose der Kieferknochen , durch Einwirkung von Phosphordâmpfen , in Archiv fur physiol. Heilk, t. IV, p. 400.

1845, et Arch. gén. de méd., 4® sér., t. IX, p. 204, 1815. — Lorinser, Nécrosé der Kieferknochen in Folge der Einwirkung von Phosphordâmpfen, in Med. Jahrbb. des Oesterr. Staates, t. LI, p. 257, 1845. — Du même, Ueber die durch Phosphordâmpfe erzeugten krankhaften Verànderungen an den Kieferknochen, in Wien. Ztschr., t. Vil, n° 1, 1861. — Strohl, Note sur une nécrose particulière des maxillaires développée dans les fabriques d’allumettes chimiques, in Gaz. méd. de Strasbourg, 1845, p. 360. — Neumann, Die Nekrosis der Kieferknochen durch Phosphor- Jàmpfe, in Bayer. Corresp. Bl. et Canstatt’s Jahresb., 1847, t. IV, p. 312. — Roussel, Becherches sur les maladies des ouvriers employés à la fabrication des allumettes chimiques, in Rev. méd., 1846, t. I, II. — Bricheteau (J.), De l’influence de la fabrication des allumettes chimiques sur la santé, in J. de méd., 1845, p. 75. — Dupasquier (A.), Mém. relatif aux effets des émanations phosphorées sur les ouvriers employés dans les fabriques de phosphore et les ateliers, etc., in J. de méd. de Lyon, t. XI, p. 241, 1846. — Pluskal, Einfall von Nekrose der Kieferknochen in Folge der Einwirkung von Phosphordampfe, in Oesterr. Med. Wchnschr.,

1846, p. 900. — Sédillot, Nécrose des os de la face produite par le phosphore, in Compt. rend, de l’Acad. des sc., t. XXII, p. 437, 1847. — Bibra (E. de) und Geist, Die Krankheiten der Arbeiter in den Phosphorzündholzfabriken insbesondere d s Leiden der Kieferknochen durch Phosphordampfe vom chemisch-pathologischenmedizinisch-chirurgischen und medizinisch-polizeilichen Standpunkte bearbeitet mit Taf. Erlangen, 1847, in-8°. — Bricheteau, Boys de Loury et Chevallier (A.) Mém. sur la fabrication des allumettes chimiques, in Compt. rend, de l' Acad, des sc., t. XXIV, p. 618, 1847. — Hervieux (E.), De la nécrose des mâchoires produite par l’influence des vapeurs de phosphore dans la fabrication des allumettes chimiques, in Union méd., 1848, p. 200. — Maschka, Die Fabrikation der Frictionszündhôlzchen, inmediz. poliz. Besichung , i wHenkes Ztschr. et Canstatt’s Jahresb., 1852, t. VII, p. 15. — Ebel, Einfluss der Phosphorzündholz fabrikation auf die Gesundheit der Arbeiter, in Casper’s Wchnschr., 1851, n°s 10, 11. — Harrisson (J. B. , On the Injurious Effects arising from Manufacture of Lucifer Matclies, as ob served., etc., in Dublin Quart. Journ., t. XIV, p. 10, 1852. — Weihe (AI.), Intox cations-Krannheiten der Phosphorziindholz-Arbeiter in Zanow (Bericht, etc.), in Günsburg’s Ztschr., t. IV, p. 1 14, 161, 1853. — Chevallier (A.), Série de recherches

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sur le phosphore amorphe substitué au phosphore ordinaire , m Ann. d'hyg ., 2» sér., t. III , p. 124, 1855, t. V, p. 374. — Du même, Mém. sur les allumettes chimiques préparées avec le phosphore ordinaire, et les dangers qu’elles présentent, ibid., t. XV, p. 254, 1861. — Chevallier fils et Gaussé, ibid., t. III, p. 134, 1855. — Tardieu (A.), Etude historique et médico-légale sur la fabrication et l’emploi des allumettes chimiques, ibid., 2« sér., t. VI, p. 5, 1856. — Glenard (a.), Sur la fabrication du phosphore et des allumettes phosphorées à Lyon, m Gaz. méd. de Lyon, 1856, p. 95. — Trélat [Y.), De la nécrose causée par le phosphore (renferme une très-bonne bibliographie, à laquelle nous renvoyons comme complément, surtout pour les observations particulières). Th. de conc., 1857, in-8°. — Leudkt (E.), Recherches cliniques sur l’empoisonnement par la matière phosphorée des allumettes

chimiques, in Arch. gén. de méd., 2» sér., t. IX, p. 308, 1857 Sieber, Ueber die

Anfertigung der Phosphorzündholzchen und ihre Nachtheile fur Gesundheit der Arbeiter, in Henlce’s Ztschr., 1856, 4 Hft., et Canstatt’s Jahresb., 1857, t. VII, p. 54. — Jendritza, Ueber die Nachtheile der Phosphorzündholzfabrikation und die Maasregeln, etc., in Günsburg’s Ztschr., t. VIII, p. 449, 1857. — Gaulthier de Claubry, Des allumettes chimiques avec et sans phosphore, in Ann. d’hyg., 2e sér., t. XII, p. 260, 1859. — Chaumier, Études chimiques, hygiéniques et médico-légales sur le phosphore. Th. de Paris, 1859, n° 167, in-4°. — Chevreul, Rapp. sur les allumettes chimiques dites hygiéniques ou de sûreté, les allumettes androgynes, etc., in Compt. rend, de l’Acad. des sc., t. XLIX, p. 434, 1859. — Coigset frères, Communication faite à la Société d’encouragement sur un nouveau système d’allumettes chimiques, etc. Paris, 1859, in-8°. — Des memes, Mém. sur les allumettes chimiques, etc. Paris, 1860, in-4°. — Poggiale, Rapp. sur la fabrication et l’emploi des allumettes chimiques , et discussion, in Bull, de l’Acad. de méd., t. XXV, p. 246, 1860. — Bouvier, De la nécrose phosphorée et de la prohibition des allumettes chimiques. Rapp. fait à l’Acad., etc., ibid., p. 1031, 1860. — Hornemann, Ueber den Handel und die Verarbeitung des Phosphor’s in hygienischer und forensicher

Hinsicht, in Henké s Ztschr., 1860, et Canstatt’s Jahresb., 1861, t. VII, p. 61.

Beaugrand (E.), art. Allumettes, in Dict. encyctop. des sc.méd., t. III, 1865.

— • Bellini, Délia confezione dei fiammiferi ecc. in Lo Sperimentale, 1867 et 1 868. — Panthel, Zur Hygieine der Zündhôlzchenfabriken, in Monatsbl. f. med . Statist. Bd. I, 1869.

[8° Soufre. — Il ne saurait être question ici des vapeurs d’acide sulfurique ou sulfureux, il en a été parlé ailleurs. (Voy. p. 226.)Nous avons mentionné aussi les ophlhalmies qui se montrent chez les ouvriers, surtout des femmes et des enfants, qui, à l’aide d’un soufflet ou de tout autre appareil, projettent de la poussière de soufre sur les vignes atteintes d’oïdium. Ophlhalmies peu graves d’ailleurs (Bouisson). D’un autre côté, MM. Pécholier et Saintpierre ont fait connaître les conséquences du travail dans les moulins à triturer le soufre, et ils en résument ainsi les effets : « Les ouvriers de ces moulins à soufre sont, à un haut degré, sujets à l’ophthalmie des soufreurs. Les poussières de soufre sont si épaisses dans l’atmosphère des usines, qu’elles déterminent une rougeur de la peau, une excitation générale, de l’insomnie, de l’anorexie et de la diarrhée. Elles exercent une action très-irritante sur les organes pulmonaires. En compensation, les maladies scrofuleuses, herpétiques et parasitaires sont fort rares chez les ouvriers des moulins à soufre. » Le seul moyen prophylactique à

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