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CHAPITRE XIII

De quelques professions dans lesquelles les ouvriers sont exposés à des émanations ou à des poussières minérales ou organiques.

[Nous réunissons ici un certain nombre d’industries assez différentes les unes des au très, mais dans lesquelles les dangers proviennent plus spécialement d’émanations ou de poussières dégagées pendant le travail.]

I. Bleu de Prusse. — On sait que l’on fabrique du bleu de Prusse à l’aide de substances organiques azotées, et, en particulier, du sang desséché, des cornes, des sabots de chevaux, du cuir, que l’on fait chauffer dans un creuset avec 1/8 de potasse et un peu de limaille de fer.

Les accidents que l’on peut redouter dans cette opération et dans les mélanges subséquents sont :

1° Les détonations ;

2° Le dégagement d’une grande quantité d’hydrogène sulfuré.

Comme prophylaxie, Darcet a indiqué la construction de cheminées partielles destinées à chaque chaudière, et venant aboutir à la cheminée centrale. Ce moyen paraît excellent.

Bibliographie. — Darcet, Description d’un appareil salubre pour fabriquer le bleu de Prusse, in Ann. de chim., lre sér., t. LXXXII, p. 165, 1812, et les traités de toxicologie.

IL Nacre de perle. — Cette profession a été étudiée avec soin par M. Chevallier; c’est une industrie très-répandue en Angleterre, en Allemagne, en Hollande et dans quelques départements de la France, en particulier, dans l’Oise. Elle sert à la fabrication d’une foule d’objets d’utilité ou de luxe, tels que

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boutons doubles et simples, éventails, objets de tabletterie fine, etc.

Dans cette profession, il y a deux causes d’insalubrité, qui sont le dégagement de la poussière et le travail à la meule.

Celte poussière, d’un blanc jaunâtre, est extrêmement abondante; elle est composée de grains excessivement ténus, qui donnent une sensation rude au toucher. Elle dégage, de plus, une légère odeur de substance animale. C’est cette dernière circonstance qui explique pourquoi l’eau dans laquelle baignent les meules devient si promptement infecte. D’après M. Chevallier, les maladies qui attaquent surtout les ouvriers nacriers sont les suivantes : les toux opiniâtres, les bronchites chroniques, l’emphysème pulmonaire, les hémoptysies, les ophthalmies et les gerçures aux mains. Pour remédier à tous ces inconvénients, on ne peut que conseiller l’assainissement des ateliers, une ventilation convenable, des courants d’air disposés de manière à entraîner la poussière, le renouvellement fréquent de l’eau dans laquelle baignent les meules.

IBi!bIiogi*ag>3iic. — Chevallier (A.) et Mahier, Mém. sur les ouvriers qui travaillent les coquilles de nacre de perle , in Ann. d’hyg., lr® sér., t. XLVIII, p. 241, 1852.

III. Poudre et amorces fulminantes. — On emploie à peu près seul aujourd’hui le fulminate de mercure, qui est une combinaison de protoxyde de mercure avec l’acide fulminique, formé lui-même de cyanogène et d’oxygène. Nous ne pouvons entrer dans les détails de la fabrication de ce composé, dont les effets ont été étudiés avec soin par M. Théophile Roussel, et dont on trouve les détails dans le dictionnaire de M. Tardieu.

Les accidents à redouter sont : les explosions et les détonations. Pour les prévenir, il faut conseiller d’isoler les ateliers, de les construire en matériaux très-légers, tels que des toiles et des planches, afin d’éviter, en cas d’explosion, la projection de masses très-lourdes; enfin, de les chauffer par une circulation d’eau chaude. Parmi les opérations, il en est une, la charge des capsules, qui est des plus dangereuses ; il est important de préserver les mains des ouvriers qui exécutent ce travail à l’aide d’un bouclier de tôle, qui les protège contre les explosions.

Uihliogragihie. — Barroel et Gaultier de Claubry, Rapport sur la préparation des poudres fulminantes , in Ann. d’hyg., lre sér., t. XIX, p. 241, 1833. — Chevallier, Sur la santé des ouvriers qui manipulent le fulminate de mercure dans les fabriques d’amorces, pour les fusils à percussion, ibid., t. XXXVII, p. 322, 1844. — Du même, Descript. d’un appareil destiné à éviter les dangers d’empoisonnement dans la fabrication du fulminate de mercure , imaginé par M. Cuaxdklox (analyse avec fig.), in Ann. d’hyg., lre sér., t. XXXVII, p. 215, 1847. — Du même, Dangers

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