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CHAPITRE II

DES AGES

pale de la maladie scrofuleuse se trouve dans l’inspiration habituelle d’un air vicié ne contenant qu’une quantité insuffisante d’oxygène, comme cela a lieu lorsque les enfants sont placés dans un endroit trop étroit et mal disposé pour le renouvellement de l’air qu’il renferme.

llaudelocque trouve toutes ces conditions défavorables réunies dans les professions des individus qui fournissent le plus de malades aux salles de scrofuleux de l’iiôpital des enfants. Telle est celle des portiers qui occupent des loges étroites et mal aérées ; telles sont encore toutes les professions exercées dans des réduits où l’air n’est pas convenablement renouvelé. Cet observateur distingue encore, comme cause de scrofules, l’habitude qu’ont beaucoup d’enfants de s’endormir la tête cachée sous les couvertures, et respirant, par conséquent, un air altéré par l’expiration et par les produits de la perspiration cutanée. Pour Baudelocque, en définitive, c’est dans les obstacles permanents et longtemps continués à la respiration d’un air pur qu’il faut rapporter presque exclusivement la cause des scrofules. (Études sur les causes , la nature et le traitement des maladies scrofuleuses. Paris, 1834, in-8°, p. 123-166.)

Les organes respiratoires devant fonctionner avec énergie pendant l’enfance, il n’est pas étonnant qu’ils soient le siège de maladies fréquentes. Aussi observe-t-on un grand nombre de laryngites, de bronchites, de croups, de coqueluches, de pneumonies ; de plus, les pneumonies dites secondaires ou consécutives à d’autres maladies sont bien plus fréquentes dans l’enfance que dans l’âge adulte; ce qui signifie que les maladies générales, dans lesquelles ces phlegmasies peuvent se développer comme complication, affectent plus facilement les poumons qu’aux autres époques de la vie.

L’influence du froid et des courants d’air humide détermine également chez les enfants beaucoup de phlegmasies aiguës des bronches et des poumons.

L’absorption, toujours active dans le jeune âge, rend bien compte de la fréquence des maladies contagieuses et de la facilité avec laquelle les enfants les contractent. Nous citerons la variole, la rougeole, la scarlatine.

Une nouvelle fonction se développe, c’est l’intelligence, qui, j usqu’à deux ans, était obtuse et bornée à peu près aux instincts. Ce développement des facultés intellectuelles, déjà frappant à l’âge de trois, quatre et cinq ans, et variable selon les sujets, se poursuit sans interruption jusqu’à douze ou quinze ans, et correspond à une grande activité organique et fonctionnelle du cerveau. Il résulte de la suractivité de cet appareil une prédisposition particulière aux diverses maladies de l’encéphale, et un

4 8 PREMIÈRE PARTIE. — SUJET DE l’üYGIÈNE.

retentissement facile et rapide des affections des autres organes sur le cerveau. La méningite aiguë et chronique, les convulsions, l’épilepsie, la chorée, la maladie à laquelle on a donné le nom de contracture des extrémités, sont toutes fréquentes chez les enfants, et sont la conséquence de cette suractivité organique et fonctionnelle du cerveau.

Tout obstacle apporté à l’accroissement des tissus, et destiné à l’entraver, peut, comme dans le premier âge, être la cause et le point de départ de certaines maladies générales. On peut avancer, et c’est précisément cette dernière circonstance qui en rend compte, qu’à durée et à intensité égales, toute maladie détermine bien plus rapidement chez les enfants que chez les adultes l’affaiblissement et l’émaciation ; en pareil cas, c’est la prédominance du mouvement interstitiel de composition qui est entravée, soit par la maladie elle-même, soit par l’absence de nourriture qu’entraînait cette maladie.

Les affections diathésiques ont également bien souvent pour point de départ, chez les enfants de deux à quinze ans, d’autres affections qui, par le seul fait de leur existence, ont entravé la nutrition des tissus. C’est ainsi que le rachitisme, les tubercules, les scrofules ont été souvent précédés de maladies des voies digestives, qui ont agi en s’opposant à la digestion, et, par conséquent, à l’assimilation des aliments, et en altérant la nutrition interstitielle.

2° Production ou développement d'organes nouveaux ou qui n'étaient encore qu'ci l'état de germe ou de rudiment. — L’influence exercée par ce phénomène est moins grande dans le deuxième âge que dans le premier, et cependant on observe de grandes modifications dans la dentition. Ainsi, à quatre, cinq ou six ans, on voit paraître quatre molaires, qui sont des dents permanentes, et qui portent le nombre des dents à vingt-quatre. On voit bientôt après s’effectuer la chute des dents de la première dentition, et ces dernières être remplacées par des dents permanentes. Enfin, vers douze ans, paraissent quatre nouvelles grosses molaires, qui complètent vingt-huit dents. Eh bien ! toute cette éruption dentaire s’effectue sans être accompagnée des mêmes orages que la première dentition, et rarement observe-t-on quelques troubles passagers ou quelques accidents de peu d’importance.’On ne peut même signaler aucun phénomène particulier qui soit propre à la sortie des dents permanentes, ni à celle des huit dernières molaires.

3° Impressionnabilité plus grande des enfants par les agents extérieurs, et résistance plus faible. — Cette opposition, dont il a été longuement question précédemment, est encore fort remarquable dans le deuxième âge, et elle est la source de bien des ma-

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