CHAPITRE II. — DES AGES
ladies chez les enfants. On doit admettre toutefois que cette susceptibilité diminue à mesure que les enfants avancent en Age, qu’elle est en rapport avec la force de leur constitution, avec le bon état antérieur de leur santé, et avec la manière dont s’est accompli leur allaitement.
Si cette susceptibilité, considérée d’une manière générale, est diminuée, la résistance de ces jeunes êtres est aussi plus grande, et cette résistance est en raison directe de l’âge plus ou moins avancé, de la force, de la constitution, de la santé antérieure plus robuste, et enfin d’un bon allaitement. La conséquence à tirer est toute simple, c’est que, plus les enfants rempliront ces quatre conditions d’une manière complète, moins ils seront exposés aux chances de développement des maladies, et plus la terminaison de ces maladies sera favorable.
Règles hygiéniques. — Alimentation. — 1° Il faut aux enfants une nourriture saine, de facile digestion, contenant, dans des proportions suffisantes, les éléments réparateurs azotés et les éléments respiratoires. Il faut en même temps que cette nourriture soit d’une facile assimilation, et qu’elle n’exige pas de la muqueuse digestive un travail trop énergique, qui pourrait ainsi devenir la cause de diverses maladies de cet appareil.
Cette nourriture doit être réglée, et être prise à des heures fixes et régulières, jamais trop abondante, les indigestions répétées chez les enfants pouvant être l’origine de phlegmasies des voies digestives.
V Les aliments doivent être cependant en suffisante quantité et suffisamment réparateurs. Ces deux conditions sont de la plus impérieuse nécessité, car leur absence est bien souvent, dans les classes malheureuses de la société, le point de départ de maladies qui portent sur l’ensemble de l’organisme. Ainsi, le rachitisme, les tubercules et les scrofules sont bien souvent la conséquence d’une alimentation insuffisante. Quant au choix des aliments et des boissons, ce n’est que plus tard qu’il en sera question (V. Régime).
3° L’appareil respiratoire exige une satisfaction complète : il faut à l’enfant un air suffisamment renouvelé; il faut qu’il soit couché dans une chambre ventilée d’une manière convenable, et habitée par peu de personnes, à moins qu’elle ne soit trèsspacieuse. On surveillera le sommeil de l’enfant, pour qu’il ne plonge pas la tête sous les couvertures. La température de l’air devra être maintenue à un degré convenable, tout en évitant de placer le lit des enfants sur le trajet des courants d’air.
4° Chez les enfants, il est nécessaire d’éviter avec soin toute
A. Becquerel, 6' édition. 4
fatigue intellectuelle trop grande, toute tension d’esprit trop considérable, toute émotion trop vive. Ces causes diverses peuvent déterminer des accidents immédiats, ou bien, lorsqu’elles viennent à se répéter et à persister, elles donnent au système nerveux une sensibilité excessive, qui pourrait dominer la vie entière ou bien amener des névroses de diverses natures.
5U Enfin une règle importante à observer chez les enfants, c’est d’éviter de leur laisser contracter des habitudes vicieuses ; car, dans le jeune âge, ces habitudes se prennent avec une grande facilité, et ne peuvent être déracinées qu’avec peine.
Salles d'asile. — Les salles d’asile sont une institution toute moderne, qui a déjà rendu de grands services et qui est appelée, par son développement, à en rendre de plus grands encore à la classe ouvrière.
Les salles d’asile sont destinées à recevoir les enfants de deux à cinq ans, et à les garder toute la journée pendant le travail des parents, et cela, tantôt en percevant une légère rétribution, tantôt gratuitement. L’enfant y reçoit le commencement de l’éducation et de l’instruction. Ces établissements sont placés sous la surveillance d’une directrice. Les heures y sont partagées entre un travail simple, à la portée des jeunes enfants, des chants simples et des jeux. Un médecin est attaché à chaque salle d’asile; le rôle qu’il est appelé à remplir est le suivant : il doit s’opposer à la présence d’un nombre d’enfants trop considérable, c’est-à-dire à l’encombrement, et veiller à ce que les salles soient suffisamment grandes, à ce que l’air y soit renouvelé d’une manière convenable. Il doit examiner les enfants malades, afin de les rendre à leur famille, et leur donner des soins s’il y a lieu. Enfin, il faut qu’il s’oppose à l’introduction, dans la salle d’asile, d’enfants atteints de maladies contagieuses ou transmissibles, telles que la gale, la teigne, qui pourraient infecter une partie des jeunes sujets.
L’origine des salles d’asile n’est pas très-ancienne. — C’est à Oberlin, pasteur du Ban-de-la-Roche, qu'est due leur création. La marquise de Pastoret les introduisit à Paris, et, en 1820, sous l’influence de Cochin et d’autres philanthropes, un grand nombre de salles d’asile ne tardèrent pas à s’ouvrir. Une ordonnance royale de 1837 a placé ces établissements sous le régime de l’instruction publique.
En 1837, on comptait en France 361 salles d’asile, existant dans 172 communes, et contenant 29,515 enfants. En 1840, il en existait 555 dans 332 communes, et contenant 51,000 enfants. Enfin, en 1860, le nombre des asiles s’élevait à 3,000, recevant environ 200,000 enfants. Dans quelques salles d’asile, on nourrit ies enfants les plus pauvres et on leur fournit quelques vête-