SUR A. BECQUEREL
Alfred Becquerel naquit, à Paris, le 3 juin 1814; fils d’uti physicien éminent, il apprit, pour ainsi dire en se jouant et sans s’en apercevoir, les sciences physiques et chimiques, dont la profonde empreinte se remarquera plus tard dans ses travaux. Ses études médicales furent signalées par tous les succès, tous les avantages que peut donner un travail opiniâtre. Interne, lauréat des hôpitaux, lauréat de l’École pratique, il se fit recevoir docteur en 1841 ; en 1847, à son second concours, il était nommé professeur agrégé, et, en 1851, il entrait au Bureau central. Becquerel était doué de cette ardeur fiévreuse, pour le travail, qui use la vie et qui tue avant l’âge tant d’hommes distingués. Comme l’a dit sur sa tombe M. H. Roger : « Veilles studieuses, publications multipliées, visites hospitalières prolongées et pénibles, enseignement clinique, clientèle étendue, il suffisait à tout par son infatigable activité. Mais l’esprit trop tendu devait se briser; le flambeau de cette vive intelligence vacilla, puis s’éteignit. » Atteint d’un ramollissement cérébral, il succomba le 42 mars 1866, dans une maison de santé, où se trouvait aus Cazeaux, cette autre victime du travail et qu’il précéda d’un mois dans la tombe.
Becquerel, comme le font pressentir les lignes précédentes, a énormément écrit. Il s’attacha surtout à appliquer ses connaissances en physique et en chimie à la pathologie; de là sestravaux si connus sur les urines, sur le sang, sur le lait, sur l’emploi de l’électricité dans la thérapeutique, etc. Un bégaiement dont il était affecté depuis sa jeunesse, et dont il avait triomphé à force de persévérance et d’énergie, dirigea un