‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 43 sur 353 · CIIAP. II. — DES AGES · texte numérisé non relu

CIIAP. II. — DES AGES

lésions très-diverses. Le second genre de mort par le cœur consiste dans la rupture de cet organe, rupture qui ne se produit guère que lorsque le cœur est déjà altéré, malade, et qu’en pareil cas il survient quelque cause accidentelle d’excitation de cet organe.

3° La mort arrive par le cerveau. — Les fonctions cérébrales sont loin d’ôtre toujours intactes dans les deux genres de mort précédents. Les maladies diverses dont le cerveau est le siège peuvent se terminer par le cœur ou les poumons, et les maladies de ces organes retentissent également sur l’encéphale. Indépendamment de ces cas, on peut admettre que le cerveau lésé entraîne la perte des individus malades de deux manières : ou bien la mort arrive à la suite de la diminution et de la suspension progressive de l’action cérébrale, diminution et suspension qui constituent l’état comateux ; ou bien, au contraire, la vie s’éteint, le malade étant tourmenté par l’exaltation des facultés cérébrales : c’est alors qu’on voit survenir le délire, les convulsions, et un état d’excitation générale considérable.

4° La cessation de la vie a lieu par les seuls progrès de l'âge. — L’individu est arrivé aune sorte d’épuisement de la force vitale, qui a pour conséquence l'affaiblissement ou l’abolition des diverses fonctions organiques.

Voilà des genres de mort assez différents, mais les causes qui les déterminent sont plus différentes encore, et on les trouve dans les nombreuses maladies qui affligent l’espèce humaine. Il serait curieux de rechercher quelles sont les affections qui interrompent le cours de la vie avant l’âge, quelle est leur proportion relative, quelles sont celles qui sont les plus fréquentes, celles qui sont les plus rares. En France, aucune donnée statistique un peu exacte ne peut servir de base à une pareille appréciation. En Angleterre, l’obligation que l’administration impose aux médecins, depuis quelques années, de consigner aussi exactement que possible le genre de mort auquel ont succombé les malades, a déjà fourni d’utiles renseignements. Le Register Office est destiné à résumer ces documents, que Boudin a reproduits en partie dans les Annales d'hygiène. Ces tableaux sont trop étendus pour pouvoir être rapportés ici en totalité. Quelques exemples choisis suffiront.

Les tableaux publiés donnent le résultat de la mortalité et du genre de mort pendant les cinq années 1838, 1839, 1840, 1841 et 1842. Pendant ce temps, il y a eu 1,734, 435 décès (22,071 en moyenne annuelle sur 1,000 habitants).

Voici maintenant quelques résultats : phthisie pulmonaire,

297,300, ou un peu plus de 59,000 par année, ce qui dépasse un peu le cinquième de la totalité des décès. On peut encore représenter ces rapports par les comparaisons suivantes :

Phthisie "297,300 ou 3,850 décès sur 1,000,000 d’habitants.

Yariole 45,056 ou 493 — — —

Typhus 82,665 ou 1,080 — — —

Mort violente 57,165 ou 746 — — —

Mort subite 18,021 ou 235 — — —

L’examen des tableaux, pour chaque année, montre que lesproportions des diverses maladies qui peuvent être causes de mort sont annuellement à peu près les memes.

Dans un autre mémoire publié dans le même volume, Boudin a étudié, diaprés le Register Office , l’influence de la densité des populations sur leur état sanitaire. Voici quelques-uns des résultats auxquels il est arrivé .

L’âge moyen, atteint au moment de la mort, est vingt-neuf ans pour toute l’Angleterre, vingt ans à Manchester, dix-sept ans à Liverpool.

Un million d’habitants des villes, pendant quatre années, a produit en moyenne 7,773 décès de plus que le même nombre d’habitants des campagnes.

La mortalité par suite de maladies du système nerveux est double à peu près, dans les villes, de ce qu’elle est dans les campagnes. Il en est de même pour les maladies aiguës des organes respiratoires, ce qui semblerait devoir être le contraire. Les décès par phthisie sont également plus fréquents dans les villes.

Les campagnes jouissent d’une espèce d’immunité pour les décès suite de hernies, de maladies de l’utérus, des suites des couches et d’affections rhumatismales.

En France, Trébuchet a essayé un travail analogue pour la ville de Paris. On ne saurait cependant accorder une confiance absolue aux résultats qu’il donne touchant la nature des maladies causes de la mort, lorsqu’on sait de quelle manière s’opère, dans les hôpitaux, l’inscription de la cause de mort sur les feuilles des sujets qui succombent, et lorsqu’on voit que ce sont ces mêmes inscriptions qui ont en partie servi de bases à ses relevés. Il serait à désirer que l’on parvînt à faire inscrire sur les pancartes des malades des hôpitaux la véritable affection à laquelle ils succombent, et que, pour les individus de la ville qui meurent, les médecins vérificateurs de décès ne et contentassent pas de la simple déclaration des familles, se qu’ils exigeassent un bulletin signé du médecin qui a donné

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