‹ Traité élémentaire d'hygiène privée et publiqueChapitre 52 sur 353 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Des sexes.

La considération du sexe a une grande importance en hygiène. Il est toutefois impossible de tracer l’histoire physiologique de l’homme et de la femme ; on ne peut que signaler les différences principales qui les caractérisent, différences que peut expliquer l’action des agents sur leur organisme. Voici les plus saillantes.

1° La présence des organes génitaux chez’l’homme et chez la femme est la première et la plus importante de ces différences.

8 8 PREMIÈRE PARTIE. — SUJET DE l’üYGIÈ.NE.

Chez l’homme, ce sont les organes génitaux mâles, dont on no peut donner ici la description. Chez la femme, ce sont les organes femelles : utérus, ovaires, mamelles.

Sans entrer dans des détails bien circonstanciés touchant lc& fonctions de ces organes,. il est indispensable de donner quelques explications relatives à leur action.

Les organes génitaux femelles, indépendamment de la fécondation et de la gestation, remplissent deux fonctions qui doivent nous arrêter quelques instants. La première est l’ovulation spontanée ; la deuxième est la menstruation.

Ovulation spontanée. — D’après les travaux de Négrier, Gendrin, Pouchet, Coste, etc., on peut admettre la théorie suivante de l’ovulation spontanée, et la formuler dans ces quatre propositions :

1° Chez la femme, il y a une époque qui correspond au rut chez lesanimanx, c’est la maturation de l’ovule;

2° Celte maturation a lieu tous les mois ;

3° Une fois à l’état de maturité, cet ovule, contenu dans une des vésicules dites de Graaf, en détermine le gonflement, puis la rupture. De là, l’ovule passe dans les trompes de Fallope, puis enfin dans l’utérus, où il meurt s’il n’est pas fécondé.

4° Cette rupture s’accompagne d’une congestion générale de l’utérus, et les deux causes réunies (rupture et congestion) déterminent l’écoulement du sang qui constitue les règles.

Menstruation. — Il est généralement admis que la menstruation commence chez les femmes à l’âge de quatorze à quinze ans (Marc d’Espine, etc.) en moyenne, dans nos climats. Haller pensait que la puberté des femmes commençait beaucoup plus tôt dans les pays chauds, où elle se montrait, en général, vers l’âge de huit à neuf ans, tandis qu’elle se faisait attendre beaucoup plus dans les climats froids. Un médecin anglais, Roberston, dans le but de résoudre cette question, a ouvert une correspondance avec les médecins anglais établis dans les diverses contrées du globe, et il a consigné les résultats de celte correspondance dans le Journal d’Edimbourg.

La différence la plus remarquable que présentent ses relevés, c’est qu’un plus grand nombre de femmes indoustanes sont réglées à douze ans, tandis qu’en Europe le développement de la menstruation est reporté entre la onzième et la seizième année.

[D’importantes recherches communiquées au congrès international de Paris, en 1867, par des médecins de différentes contrées, et notamment par MM. Joulin, de Paris; Tilt, de Londres ; Faye et Yogt, de Christiania ; Lieven, de Saint-Pétersbourg ; Louis Mayer, de Berlin ; Cortesarena, de Madrid, per-

Page 1