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III. Tempérament lymphatique

Les caractères qu’on peut assigner aux individus qui présentent ce tempérament sont les suivants : cheveux rouges ou blonds, fins; yeux bleus; peau fine et blanche; système pileux peu développé ; chairs molles ; orifices muqueux peu colorés ; volume exagéré du nez, des lèvres, des oreilles; dents altérées; joues plaquées de rouge; mains et pieds volumineux.

On a souvent décrit, à la place de ce tempérament, les trois états morbides suivants, qu’il faut cependant bien en distinguer :

c n A P . 1Y. — DE LA CONSTIT. ET DES TEMPÉRÀM. 103

1° L’atonie de tous les organes:

2° L’anémie;

3° La scrofule.

Michel Lévy assigne la cause suivante à ce tempérament : « Prédominance de développement, de vitalité et d’activité de « tous les tissus pénétrés par des liquides non sanguins, et de « tous les organes qui fournissent ces liquides. Les élaborations « blanches (mucus, sérum, lymphe, etc.) l’emportent ici sur « l'hématose. » Cette définition est une hypothèse, tout aussi bien que celle qui consistait à admettre la prédominance du système lymphatique.

D'après Royer-Collard, dont Michel Lévy tend à admettre les idées sur ce point, il y aurait, chez les individus doués d’un tempérament lymphatique, une diminution dans le nombre des globules du sang, et-, comme conséquence, une diminution de l’action de ce sang, ainsi appauvri, sur le système nerveux. Le sang étant d’une part moins excitant et de l’autre étant lancé avec moins de force, il en résulterait un alanguissement de toutes les fonctions. Les facultés intellectuelles seraient moins vives, le système musculaire moins énergique, la contractilité organique, en un mot, serait affaiblie. En émettant cette opinion, Royer-Collard a tout simplement confondu le tempérament lymphatique avec l’anémie, de même qu’il avait confondu le tempérament sanguin avec la pléthore.

En supposant même qu’on admît une telle opinion, ce n’est que reculer la difficulté : il faut donc se borner à reconnaître, sans chercher à remonter à la cause première, que, chez les individus présentant le tempérament lymphatique, la force vitale est moins active, moins énergique, moins puissante, en un mot, que chez ceux qui sont doués des autres tempéraments.

Le tempérament lymphatique est congénital ou acquis. Dans ce dernier cas, on suppose que l’individu, à un âge encore peu avancé, a été soumis, pendant un temps assez long, à des causes débilitantes un peu actives, qui ont influé d’une manière fâcheuse sur sa santé.

Les caractères de cette modification de l’état physiologique peuvent se résumer dans les propositions suivantes :

t° Les individus présentant le tempérament lymphatique ne possèdent qu’un faible degré de résistance à l’action des agents physiques et aux causes pathologiques de diverse nature. Il en résulte que les maladies ont plus de prise et sévissent de préférence sur eux.

2° Ces mêmes individus ont une prédisposition singulière aux inflammations aiguës, et surtout chroniques; des membranes muqueuses et de la peau. Ainsi, du côté des organes des sens,

les ophthalmies, les coryzas, les otites ; du côté du tube digestif, les angines, les entéro-côlites ; du côté de l’appareil respiratoire, les bronchites aiguës ou chroniques, etc., etc.

La peau est très-souvent, chez les sujets lymphatiques, le siège d’affections cutanées à marche chronique et essentiellement rebelles. Le lupus survient chez eux de préférence.

Les flux muqueux se développant sans inflammation, ou succédant à des phlegmasies , sont encore fréquents en pareils cas. Telles sont, par exemple, l’otorrhée, la diarrhée et la leucorrhée.

3° Les individus lymphatiques sont, en raison même de leur tempérament, prédisposés aux affections scrofuleuses et tuberculeuses, qui ont été considérées comme une conséquence de leur organisation.

4° Enfin, il est d’observation que, chez ces sujets, la plupart des maladies tendent à prendre le type chronique e*t à s’éterniser. Elles sont plus rebelles, plus difficiles à faire disparaître d’une manière radicale que chez d’autres.

Règles hygiéniques. — Les principes suivants ne doivent jamais être perdus de vue toutes les fois qu’on désire combattre un tempérament lymphatique, ainsi que les affections diverses auxquelles il prédispose :

1° Respiration d'un air pur suffisamment renouvelé. S’il se peut, séjour à la campagne dans un lieu sec et élevé,* habitation saine, aérée, sèche;

2° Exercice régulier, suffisant et en rapport avec les forces ;

3° Alimentation saine, abondante, essentiellement azotée, et cependant mélangée à quelques végétaux frais;

4° Éviter avec soin l’influence de l’humidité et toutes les causes morbifiques quelconques ;

5° Combattre rapidement les affections dès leur début, insister peu sur les moyens débilitants, tels qu’émissions sanguines, purgatifs; car ces maladies tendent à se perpétuer d’une manière indéfinie. Prescrire de bonne heure les toniques généraux et locaux.

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