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CIIAP. VI. — DE L’HÉRÉDITÉ

par un croisement bien entendu. Ainsi, il convient d’unir un homme fort, vigoureux, à peau brune, à système musculaire développé, avec une femme à cheveux blonds, yeux bleus, peau blanche et fine, à tempérament lymphatique enfin, et vice vei'Sd.

3° L’union de deux individus à tempérament nerveux produira des enfants chez lesquels les conditions de ce tempérament seront exagérées. Il sera préférable de conseiller le mariage d'un individu de tempérament nerveux avec une personne à tempérament sanguin, afin de mélanger par ce croisement le produit et d’atténuer en même temps les conditions propres à ces deux tempéraments. Le croisement méthodique peut donc, dans l’espèce humaine, contribuer à améliorer les constitutions, les tempéraments et les prédispositions morbides des enfants qui naissent de ces unions.

Considéré dans les races et les espèces différentes, il produit des résultats bien connus et dont voici quelques exemples :

L’union d’un noir et d’une blanche, ou d’un blanc et d’une négresse, produit un mulâtre; celle d’un mulâtre et d’une mulâtresse est moins féconde que l’unioii de deux individus non métis, mais peut donner des rejetons capables eux-mêmes de se reproduire.

L’union du mulâtre avec une femme blanche produit un quarteron au teint basané, aux cheveux noirs et longs, au type déjà éloigné du mulâtre. Un quarteron et une blanche donnent naissance à un octavon moins basané et plus près de la race blanche. Enfin, un octavon et une blanche produisent un rejeton tout à fait conforme au type caucasique.

Quatre générations en sens inverse feraient également redescendre le type blanc au type noir.

Les indigènes africains se reproduisent d’une manière indéfinie; mais leur croisement avec des étrangers donne comme résultat des individus dont le type nouveau finit assez rapidement par disparaître.

2° Prédispositions organiques morbides héréditaires .

Lorsque la prédisposition morbide héréditaire a été constatée chez un enfant, ou bien lorsqu’il existe chez les parents quelque maladie héréditaire dont on redoute le développement chez les enfants qui en sont issus, l’hygiène a souvent pour devoir de combattre, de modifier ou d’atténuer ces prédispositions morbides, et, quelquefois même, de les neutraliser complètement.

L’hygiène, à cet égard, a cinq ordres de moyens à sa disposition.

1° Un allaitement convenable, à l’aide d’une nourrice forte, robuste, bien musclée, à peau brune, et présentant des con-

A. Becquerel, 6e édition. 8

ditions tout opposées à celles des caractères physiques des parents.

2° Après la lactation, une alimentation convenable et propre à combattre la prédisposition morbide ; s’il existe, par exemple, chezles parents des affections scrofuleuses ou tuberculeuses, et chez l’enfant un état lymphatique qui constitue précisément la prédisposition morbide, que diverses causes occasionnelles pourraient faire aboutir plus tard, un régime et une alimentation convenables aideront puissamment à combattre, et môme à faire disparaître cette prédisposition.

3° Le choix d’un climat ou d’une localité autre que celle où les parents ont contracté la maladie héréditaire, et destiné précisément à détourner les effets de la prédisposition morbide qu’ils ont transmise à leurs enfants.

4° L’éducation physique et morale agissant en sens opposé à cette prédisposition morbide peut encore l’atténuer. Voici quelques exemples :

Qu’un enfant soit issu de parents scrofuleux ou tuberculeux, et présente dans son enfance les attributs du tempérament lymphatique, nul doute qu’il n’ait hérité de la prédisposition morbide aux affections dont étaient atteints ses ascendants. Eh bien*! l’éducation physique, les exercices judicieux et concourant au développement musculaire, n’aideront-ils pas, avec l’alimentation et le climat, à combattre cet état et à éloigner au moins l’instant où les maladies héréditaires se développent ? D’autres fois, un enfant né de parents atteints de maladies nerveuses, transmissibles par hérédité, peut ne présenter dans son enfance que les attributs du tempérament nerveux. 11 est cependant sous l’influence héréditaire dont il est question. En pareil cas, l’éducation peut aussi intervenir pour combattre celte influence, en enseignant qu’il faut à l’enfant une vie toute physique et dans laquelle le système nerveux soit le moins possible mis en jeu, afin d’éviter de le fatiguer et surtout de le surexciter.

5° La profession qu’on donne à un enfant né de parents atteints de quelque maladie héréditaire peut contribuer aussi à combattre la prédisposition morbide. Il serait trop long d’entrer dans des détails à ce sujet : l’établissement du principe suffit.

Bibliographie. Hérédité : Deriuuth de Meara, Pathologia hæreditaria seut de morbis hæreditariis , etc. Dublin, 1619, in-12, et Amstclod, 1666, in-16. — Bourges (de). An a semine morbi hæreditarii? { Resp. affirm.) Th. de Paris, 1621, in-fol.

— Lyonnet (Rob.), Brevis dissert, de morbis hæreditariis . Qua probatur, etc. Paris, 1647, in-4°. — Welsch (Godfr.), De morbis hæreditariis in genere. Lipsiæ, 1665, in-4°.

— Alberti, De morbis hæreditariis, Erfordiœ, 1692, in-4°. — Hoffmann (Frid.), De

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