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tée par un certain nombre d’anthropologistes contemporains. Llle consiste à admettre que le berceau de l’homme n’a pas élé unique, et qu’il y a nécessairement plusieurs types primitifs produits simultanément dans divers endroits du globe, à l’instant de la création. Les auteurs qui la partagent n’admettent plus des races principales, des rameaux ou des variétés, mais un certain nombre de types , qui probablement ont eu chacun leur berceau. Le professeur P. Bérard, qui a discuté avec soin cette question, admet aussi des types dont il établit vingt espèces.
1°T. hottentot ; 2° T. éthiopien ; 3° T. cafre ; 4° divers types nègres, sur lesquels on n’est pas assez renseigné pour en faire des types spéciaux ; 5° T. abyssinien pur ; 6° T. berbère ; 7° T. arabe ; 8° T. celtique ; 9° T. pélasge ; 10° T. scythique ; 11°T. caucasique; 12°T. indou ; 13° T. mongolique ;14°T. kourilien ; 15° T. mélanésien ; 16°T. polynésien ; 17° T. des Américains du Nord; 18° T. race ando-péruvienne; 19° T. race pampéenne ; 20 T. race brasiléo-guaranienne.
La première de ces deux opinions, c’est-à-dire celle du berceau unique de l’homme, est celle que j’admets ; je regarde, en effet, comme convaincantes les preuves nombreuses que le docteur Prichard a accumulées dans son intéressant ouvrage, auquel je renvoie le lecteur.
Les hommes dont la réunion constitue les races diverses, présentent une similitude complète dans l’accomplissement des divers actes de la vie organique et de la vie de relation. L’examen le plus simple suffit pour le prouver. Il est curieux, cependant, de rechercher les résultats auxquels ont conduit un certain nombre de recherches statistiques. Les propositions suivantes, qui en sont l’expression, démontrent que, dans toutes les races humaines, il existe une uniformité remarquable, relativement aux principales lois de l’économie animale et au mode d’accomplissement des grandes fonctions physiologiques.
1° La durée moyenne de la vie humaine esta peu près la même dans les différentes races d’hommes. Cette durée varie uniquement parce que les causes extérieures qui amènent des catastrophes accidentelles et prématurées, ou bien celles qui nuisent à la santé et altèrent l’organisation, sont plus communes dans un climat que dans l’autre.
2° La température du corps est la meme dans toutes les races d’hommes, ainsi que l’a démontré Davy ( Y. pl. bas l’article Température).
3° Il n’y a pas non plus entre les races de différence remarquable relativement à la fréquence du pouls.
4° L’époque de l’établissement de la puberté, celle de la ré-
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volution critique, sont, ainsi que l’a démontré Prichard, les mômes dans les diverses races. Les relevés nombreux du docteur Robertson le prouvent également (V. p. 88).
o° Les caractères physiologiques sont les mômes dans toutes les races humaines, et chez toutes, l’observation des faits permet de reconnaître un seul et môme mode d’intelligence.
Les ressemblances et les analogies entre les hommes des diverses races sont donc incontestables. Mais cette ressemblance et cette analogie ne sont pas absolues, et il survient, sous l’influence des climats, des modifications spéciales qui ont pour but d’adapter les types organiques particuliers aux conditions locales d’existence. Ces modifications influent sur la constitution et le tempérament de certaines races, au point de leur permettre de supporter sans inconvénients les climats qui sont malsains et môme mortels pour d’autres.
Une observation attentive des faits démontre du reste que ce changement ne s’opère que graduellement, et n’est complet qu’après plusieurs générations ; mais que, une fois produits, les nouveaux caractères deviennent héréditaires et restent imprimés d’une manière permanente sur la race.
Il serait curieux de connaître quelles sont ces modifications de constitution, de tempérament, d’hérédité, d’habitudes propres à chacun de ces types ; de rechercher s’ils diffèrent peu ou beaucoup, ou s’ils sont semblables; d’examiner si l’action des agents physiques s’exerce de la môme manière, s’ils sont sujets aux mômes maladies, et si ces dernières se présentent avec des caractères identiques. La connaissance de toutes ces circonstances permettrait d’établir l’hygiène comparée des diverses races, et enseignerait les modifications hygiéniques différentes qu’il faudrait imposer aux peuples de chacune des parties du globe pour arriver aux mômes résultats. On pourrait alors étudier avec fruit toutes les questions qui se rapportent à l’acclimatement et en établir les bases d’une manière certaine (1).
(1) M. le docteur Broca, dans son remarquable mémoire sur l’ Hybridité, a démontré, par des faits nombreux, l’infécondité relative du croisement du nègre et de la blanche ; la stérilité relative de certains mulâtres de premier sang; l’infériorité physique ou morale de certains métis; la stérilité relative du croisement des Européens avec les Australiennes et les Tasmaniennes. Suivant un médecin américain, le docteur Pendleton, la fécondité des négresses et mulâtresses serait supérieure à celle des femmes blanches dans le rapport de 2,42 à 2,05. Les secondes seraient aussi atteintes dans une plus forte proportion (2 à 1) de troubles divers de la menstruation qui nuisent nécessairement à la fécondité. De son côté, le regrettable Boudin s’est efforcé, dans de savantes et ingénieuses recherches, d’établir les rudiments d'une pathologie ethnique, c’est-à-dire de montrer que les différentes races présentent des aptitudes ou des incompatibilités pour différentes causes de maladies.
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Malheureusement on possède peu de notions exactes sur toutes ces choses. La physiologie comparée des différentes races d’hommes est toute à faire, et l’hygiène comparée qui en serait le corollaire ne peut encore songer à naître. Si je me suis étendu sur cette question, c’est uniquement pour poser les bases des problèmes qu’on doit essayer de résoudre.
On peut admettre les propositions suivantes comme exprès-, sion de la généralité des faits :
1° L’homme habitant indigène d’un pays est physiquement conformé de manière à pouvoir vivre convenablement dans ce pays.
2° Sa conformation extérieure est adaptée aux exigences du climat qu’il habite.
3° L’exercice de toutes ses fonctions est tout à fait conforme au milieu dans lequel il vit, et à l’influence spéciale des agents extérieurs avec lesquels il est en contact.
4° La constitution, le tempérament, les idiosyncrasies, les habitudes physiologiques sont également en harmonie avec le milieu dans lequel l’homme est placé.
5° Les maladies auxquelles il est sujet sont la conséquence des influences spéciales résultant du climat qu’il habite. Leurs
Ainsi, d’après les voyageurs les plus sérieux, les Cafres ne seraient point sujets aux affections catarrhales des voies respiratoires.
Dans l’Inde, la mortalité des troupes anglaises est trois fois plus élevée que celle des cipayes dans la province de Bombay, et quatre fois plus dans la présidence du Bengale. Le choléra, la dysenterie, l’hépatite font, dans ce même pays, beaucoup plus de victimes parmi les Européens que parmi les indigènes, et, bien qu'il s’agisse d’un pays chaud, la phthisie emporte beaucoup plus de soldats anglais que de cipayes.
Mais où la différence est bien marquée, c’est pour les deux races si nettement tranchées, les blancs et les nègres. Aux Antilles, de 1817 à 1836, tandis que la mortalité dans les différentes îles va de 40 à 150 pour 1,000 parmi les troupes anglaises, elle n’est que de 28 à 46 au plus parmi les nègres. C’est surtout pour les fièvres paludéennes, si graves dans les régions tropicales, que se montre l’immunité du nègre ; la mortalité de ces derniers par les fièvres de marais est à celle des Anglais :: 1 : 8. On peut en dire autant pour la fièvre jaune ; l’immunité est même absolue à l’égard des nègres nouvellement arrivés en Amérique. — Quant aux affections de poitrine, les résultats sont diamétralement opposés. A Maurice (mer des Indes) aussi bien qu’à Saint-Christophe Antilles), les noirs succombent aux maladies de poitrine dans la proportion de 3 à 1 comparés aux soldats anglais : à Gibraltar, la proportion est plus forte encore, elle est de 8 à 1. Les décès par phthisie en particulier s’élèvent à mesure que le nègre s’éloigne de son pays, non-seulement dans le sens de la latitude, mais encore de l’est à l’ouest et de l’ouest à l’est. — La maladie du sommeil est endémique chez les noirs de la côte occidentale d’Afrique. — Aux colo- • nies, le pian attaque plus particulièrement les nègres ; le tonga , sorte de maladie cutanée, semble particulier aux indigènes à peau noire dans la Nouvelle-Calédonie.
Au Cap, dans l’hémisphère austral, il est vrai (V. plus bas Climats ), la mortalité dans les troupes anglaises et hottentotes est presque identiquement la même, ce qui accuse une sorte d’égalité dans les prédispositions morbides. E. Bgd.
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caractères, leur gravité, leur traitement sont souvent modifiés par ces mêmes causes.
Ces cinq propositions ne doivent jamais être perdues de vue toutes les fois qu’il s’agira d’une question d’acclimatement. Il en est de même des suivantes :
t° Les individus de types différents peuvent s’unir entre eux .et procréer. Les métis qui en proviennent peuvent également s’unir entre eux et produire de nouveau, mais ils sont moins féconds que les individus dont ils proviennent.
2° Le métis s’unissant ensuite avec des individus d’un type analogue, soit à celui du père, soit à celui de la mère qui l’ont engendré, les rejetons reviennent à l’un des types primitifs au bout d’un certain nombre de générations, ainsi que cela a été dit plus haut (V. p. 113).
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