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CUAP. XI. — DE LA CONVALESCENCE

3° Les maladies chroniques. Dans ce dernier cas, la transition de la maladie à la santé est insensible ; elle se fait progressivement, et il est parfois difficile de préciser l’arrivée de la convalescence, et, plus tard, sa fin. Elle est également rebelle et de longue durée.

La gravité de la maladie exerce encore une influence; et, bien qu’il y ait des exceptions à cette règle, on peut dire qu’une maladie plus grave détermine une convalescence plus longue.

La faiblesse de la constitution joue aussi un grand rôle dans la durée de la convalescence; elle la prolonge et la rend plus pénible; les conditions contraires agissent en sens opposé. L’âge en modifie également les phases. Dans l’enfance et la vieillesse, la convalescence est plus longue, plus pénible, et la réparation de l’organisme plus difficile.

Le tempérament peut modifier la convalescence : ainsi, chez les sujets lymphatiques, elle se prolonge davantage, elle est plus pénible et moins solide.

Le traitement employé pour combattre la maladie qui vient de disparaître influe également sur la durée de la convalescence, et l’on peut établir à cet égard les propositions suivantes :

1° La durée et la stabilité de la convalescence sont en raison inverse de l’énergie du traitement qu’il a fallu faire subir aux malades, et, en particulier, des émissions sanguines et des pertes quelconques qui en ont été la conséquence. Tel est, par exemple, l’affaiblissement qui résulte des soustractions de sang répétées, des purgatifs réitérés, ou des exutoires énergiques agissant sur de larges surfaces et longtemps conservés. En pareil cas, La convalescence est longue.

2° La durée et la stabilité de la convalescence sont également en raison inverse de la diète sévère et prolongée qu’il a fallu imposer aux malades.

3° Les évacuations abondantes, qui ont été une des suites naturelles de l’affection dont l’individu est atteint, exercent la même influence. Ainsi les selles abondantes, une diurèse prolongée, des sueurs copieuses, une suppuration longtemps continuée et intense, peuvent rendre la convalescence plus longue et moins stable.

Dans toutes les circonstances, on suppose la convalescence franche et bien établie; mais il y a également de fausses convalescences : tels sont les cas dans lesquels il existe encore quelques traces de la maladie, ou ceux dans lesquels l’affection, bien que réduite à peu de chose, est passée à l’état chronique. La plupart des acccidents ont disparu, et ceux qui persistent ont échappé, en raison de leur peu d’importance, un obser-

vateur peu attentif. L’existence d’un mouvement fébrile le soir ou la nuit est, à cet égard, un signe infaillible que la convalescence n’est pas franche et qu’il faut se tenir sur ses gardes.

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