C1IAP. XI. — DE LA CONVALESCENCE
vomissements et de la diarrhée, une véritable indigestion enfin. Dans ce cas, un mouvement de fièvre vient presque toujours s’y joindre. Il est des maladies, telles que les fièvres typhoïdes, dans lesquelles une indigestion a des conséquences bien autrement graves et peut amener une récidive de la maladie, récidive trop souvent mortelle. La constipation est un des caractères habituels de la convalescence.
Absorption. — Elle est en général très-active ; c’est ce qui explique la facilité avec laquelle les convalescents contractent les maladies miasmatiques.
Circulation. — Le pouls est en général faible et peu développé, peu résistant; il s’accélère avec une grande facilité sous l’influence de la moindre émotion, des occupations sérieuses, et, quelquefois même, par les effets du travail de la digestion.
La peau est, en général, pâle, et souvent il y a un peu d’œdème sus-malléolaire le soir. La modification survenue dans le sang et dont nous avons parlé plus haut rend compte de ce phénomène.
La lenteur et la faiblesse de la circulation expliquent encore le défaut de calorification que l’on observe chez les convalescents; ils ont habituellement froid et présentent une tendance au refroidissement, qui est pour eux une cause de rechute ou de maladie nouvelle.
Respiration. — L,es convalescents ne peuvent, en général, exercer des mouvements un peu énergiques, monter un escalier un peu vivement, se livrer à un exercice quelconque sans être aussitôt essoufflés.
Sécrétions. — Les urines cessent en général de présenter les caractères qu’elles offraient pendant la maladie. Elles sont plus abondantes, moins denses, moins colorées, et moins chargées d’acide urique.
Les productions inorganiques de la peau tombent quelquefois pour se renouveler. L’épiderme s’exfolie, les cheveux et les poils tombent à la suite de certaines maladies graves et longues.
Génération. — Les menstrues se rétablissent chez les femmes. • Les désirs vénériens se réveillent chez l’homme. Parfois, dans la convalescence, il se manifeste des pollutions nocturnes involontaires qui sont, dans certains cas, assez fréquentes pour fatiguer les sujets et nuire à la radidité et à la stabilité de la convalescence.
Fonctions de relation. — Les facultés cérébrales se réveillent et se régularisent, mais elles ont encore peu d’énergie. Les perceptions se nsoriales sont régulières. La réflexion et l’expres-
sion sont plus justes que dans la maladie, mais aussi l’exercice de ces facultés fatigue rapidement le malade, qui ne peut s’y livrer impunément dans les premiers jours de la convalescence.
Üans celle qui suit les maladies aiguës graves, telles que la fièvre typhoïde, les facultés intellectuelles sont beaucoup plus lentes à reprendre leur activité normale, il faut souvent plusieurs mois pour cela.
Le système musculaire a peu d’énergie ; il est faible, vacillant: les mouvements, d abord incertains et lents, n’acquièrent que progressivement un peu plus de force et d’activité.
Les organes des sens supportent d’abord mal les impressions un peu vives, et ce n’est qu’après un certain temps qu’ils reprennent leur état normal et leur force habituelle de réaction.
Le sommeil, pendant la convalescence, perd les caractères qu’il avait dans la maladie. Au lieu d’être inquiet, agité, il devient calme, tranquille, réparateur.
Tels sont les caractères généraux de la convalescence. Leur degré, leur intensité sont variables, et nous n’avons voulu tracer ici qu’un tableau général, dont on peut diminuer ou exagérer les teintes pour se faire une idée d’une convalescence légère ou pénible.
Règles hygiéniques. — L’hygiène exerce une influence puissante sur la convalescence, et c’est un des états où cette science montre le mieux son pouvoir. Voici les principes que le médecin ne doit jamais perdre de vue en pareil cas.
1° Le convalescent doit être soustrait avec le plus grand soin aux variations de température, à l’action de l’air froid, aux courants d’air, ainsi qu’à l’influence de l’humidité. Il est beaucoup plus capable, en cet état, d’être impressionné par tous ces agenls, qui pourraient déterminer, soit une récidive, soit l’invasion de quelque complication plus ou moins fâcheuse.
2° [/emploi de vêtements chauds, plus chauds même que ne le comporte la saison dans laquelle on se trouve, est une chose indispensable pour préserver des influences précédentes.
à0 Les bains ne doivent êlre employés que vers la fin de la convalescence, encore faut-il qu’ils soient courts. On doit les préférer légèrement stimulants (bains savonneux, alcalins). A la suite du bain, il faut entourer le sujet de nombreuses précautions, destinées à le garantir du froid. Les bains doivent être absolument interdits dans la convalescence des maladies aiguës de l’appareil respiratoire.
4° Le régime alimentaire sera surveillé avec le plus grand