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C1IAP. I. — DE LA CHALEUR

DeHumboldt, près des cataractes de l’Orénoque, a vu un sable granitique à gros grains couvert d’une belle végétation de graminées, qui avait une température de 03°, 2, tandis que celle de l’air n’était que de 29°, 6.

On a vu, en Égypte, la température du sol monter à 67°, 5.

L’examen de ces tableaux donne une idée de la température moyenne d’un grand nombre de points du globe, situés à diverses latitudes ; ils prouvent encore un fait qui pourrait être appuyé sur un beaucoup plus grand nombre d’exemples, c’est qu’à latitude égale, les points situés dans le voisinage de la mer ont une température moyenne annuelle moins élevée.

Le tableau des maxima et des minima donne également une idée des extrêmes de température auxquels l’homme peut être soumis dans les lieux qu’il habite.

La plus haute température à laquelle il ait pu être exposé est celle d’Esné, indiquant -]- 47°, 4, et la plus basse constatée au Fort-Reliance par le capitaine Bach, lorsqu’il allait rejoindre Ross, fut de — 56°, 7. Il y a entre ces extrêmes 104 degrés de différence.

Il est un fait digne de remarque, c’est que, dans les diverses localités du globe, les maxima de température diffèrent beaucoup moins entre eux que les minima. Il y a une grande analogie entre les premiers et beaucoup de différence entre les seconds.

A mesure qu’on s’élève dans l’atmosphère, l’air devenant de moins en moins dense, il y a moins de calorique rayonnant absorbé par ce fluide, et la température s’abaisse. Aux limites de l’atmosphère, le degré de chaleur doit peu différer de celui des espaces planétaires.

La température ne diminue pas régulièrement avec la hauteur : un certain nombre d’autres causes influent sur sa dé-, croissance ; tels sont, en particulier, la saison, le vent régnant et l’heure de la journée où on fait l’observation. La diminution de température ne suit donc nulle part une loi parfaitement uniforme. Humboldt a donné les résultats suivants pour la décroissance sous l’équateur..

Hauteur.

Température moyenne.

Différence.

Température «le l’Iiommc.

La température de l’homme, prise avec grand soin à l’aide d’un thermomètre placé sous l’aisselle, peut être représentée par une moyenne de 37°, 50. — Celle de la bouche est un peu inférieure ; elle est de 37° seulement. Les expériences beaucoup plus précises de MM. Becquerel et Breschet, faites à l’aide d’un appareil thermo-électrique, ont donné pour moyenne de la température intérieure des muscles 36°,75. — La température du tissu cellulaire sous-cutané voisin était de l°,50à 1°,25 en moyenne au-dessous de ce chiffre.

La température du biceps d’un homme, placé quelques minutes dans un bain à une température de -f- 49°, s’est élevée seulement de 1 / 5 de degré.

Influence de la chaleur artificielle sur les animaux. — Avant d’exposer l’histoire de l’influence de la chaleur artificielle sur l’homme, il est utile de parler de quelques résultats curieux de physiologie comparée obtenus par Magendie.

Les animaux soumis à une haute température éprouvent : 1° une accélération notable de la circulation et de la respiration ; 2° une diminution très-sensible du poids total du corps, diminution qui est plutôt le résultat de l’abondante perspiration pulmonaire que de celle de la peau ; 3° si la chaleur est prolongée, ils ressentent d’abord de la lassitude, se couchent, sont dans un état de souffrance et d’angoisse, et finissent par succomber au bout d’un temps variable, et qui dépend de la durée de l’expérience, du degré de la température et de la force de réaction des animaux.

Un autre résultat bien curieux, c’est que les animaux vivants, placés dans une haute température, s’échauffent dans tous leurs tissus à la fois, il est vrai, mais dans des limites assez restreintes et qui ne dépassent jamais 5 à 6° sans danger pour leur existence, tandis que les êtres privés de vie s’échauffent à la manière des corps inertes, c’est-à-dire de proche en proche, et dans une limite indéfinie.

Dans quelque température qu’ils soient placés, les mammifères ne peuvent dépasser 45 à 40°, et ils meurent tous avec les mêmes symptômes et les mêmes lésions anatomiques.

Ces lésions consistent dans une altération particulière du sang; ce fluide contenu dans les veines et les artères est devenu noir foncé, en partie incoagulable, plus liquide; la fibrine qu’il renferme est moins consistante et moins tenace qu’à l’état normal. Le résultat de cette altération du sang est de permettre à ce liquide de s’infiltrer dans les divers tissus. On trouve, en

Cil AP.

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