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DE LA CHALEUR

effet, à l’autopsie, le sang suintant à la surface des intestins ou infiltrant les poumons, le foie et les reins.

Tous ces effets, obtenus dans une étuve disposée convenablement, et sous l’influence de la chaleur sèche, sont beaucoup plus caractérisés lorsqu’on agit avec la chaleur humide.

[D’une suite d’expériences conçues et exécutées avec cet art merveilleux dont il a le secret, M. Cl. Bernard a conclu que les animaux soumis à réchauffement succombent quand la température du sang s’est élevée de 4 ou 5 degrés au-dessus de la chaleur naturelle. La mort arrive ici par la cessation de la contractilité des muscles de la vie organique. Les battements du cœur, les contractions péristaltiques de l’intestin s’arrêtent. Le tissu musculaire est tué, si bien qu’immédiatement après la mort il reste insensible à ses excitants physiologiques ordinaires, et la rigidité cadavérique s’établit avec une grande rapidité. Quant à l’état noir du sang privé d’oxygène, c’est un effet de la chaleur qui favorise la transformation de ce gaz en acide carbonique, mais le sang n’a pas, comme les muscles, perdu ses propriétés ; agité avec l’air, il reprend sa coloration rouge.

Delaroche voyait dans l’évaporation à la surface de la peau et dans l’exhalation pulmonaire la cause de la résistance à la mort, mais l’animal s’échauffe très-vite, il n’y a donc pas d’ohslacle réel. Suivant le même observateur, si la mort est plus prompte dans une étuve humide que dans une étuve sèche, c’est parce que la vapeur d’eau contrarie l’évaporation ; M. Cl. Bernard pense que cela a lieu parce que la présence de cette vapeur accélère réchauffement.

Les conclusions de M. Cl. Bernard ont été confirmées par un habile expérimentateur, M. Vallin (du Val-de-Grâce). Le fait de la cessation d’action du tissu musculaire déjà signalé en 1806, par Delaroche dans sa remarquable dissertation, et confirmé par quelques physiologistes modernes, serait dû à l’action de la chaleur sur le suc musculaire coagulable à + 45°.]

Influence du froid sur les animaux. — Lorsque les animaux sont soumis à l’influence d’un froid considérable, leur température peut s’abaisser, et cet abaissement est même possible dans des limites beaucoup plus étendues que l’élévation de température chez les mêmes animaux. Les conclusions auxquelles Magendie a été conduit à cet égard sont les suivantes :

1° Un animal plongé dans un milieu dont la température est de 0 à 8°, pendant un temps qui ne peut excéder 5 minutes, subit un refroidissement qui peut descendre aux deux tiers de sa température normale ;

2° Cet abaissement de température continue de s’opérer

d’une manière spontanée, après que l’animal a été retiré d’un milieu réfrigérant ;

3° Quand l’animal est abandonné à lui-môme, sa température continue de s’abaisser jusqu’à ce qu’on atteigne à peu près la moitié de sa température normale, et il succombe ensuite ;

4° Que si, au contraire, il est réchauffé, il peut être ramené à sa température propre, pourvu que son refroidissement n’ait pas atteint tout à fait la moitié de sa température normale.

MM. Becquerel et Breschet ont prouvé, par une expérience curieuse, que la suppression absolue des fonctions de la peau détermine rapidement un abaissement de la température intérieure et la mort. Dans une expérience faite sur un chien dont la peau avait été couverte d’un enduit résineux, ils ont vu la mort survenir au bout de quelques heures, après un abaissement de température de 6° au-dessous du degré de chaleur normale.

Influence de la chaleur sur l’homme.

Chaleur artificielle sèche. — Les phénomènes que détermine l’action de la chaleur sèche sur l’homme sont les suivants :

. 1° La circulation s’accélère, le pouls bat plus vite et plus fortement; la peau, d’abord sèche, rugueuse et comme parcheminée, ne tarde pas à se couvrir d’une sueur abondante ;

2° La respiration devient plus fréquente et finit même quelquefois par être anxieuse ; il survient en même temps une augmentation notable de l’exhalation pulmonaire, qui proportionnellement est plus considérable que celle de la peau ;

3° A ces phénomènes ne tarde pas à se joindre un certain degré d’excitation cérébrale, d’agitation, de malaise et de gêne.

L’équilibre de la température, rompu par l’action de la chaleur, est rétabli par la perspiration cutanée et pulmonaire, de telle sorte que la température intérieure de l’homme ne s’élève que dans une proportion très-restreinte. J. Davy, dans ses expériences, a trouvé que la température des Européens habitant l’île de Ceylan dépassait à peine de 1° celle de l’homme habitant dans les régions tempérées.

La température des matelots, prise après le passage de la ligne(12° latitude S.), s’est trouvéede l^l au-dessus de ce qu’elle était chez les mêmes sujets à l’instant du départ.

Chaleur humide. — La présence d’une certaine quantité d’humidité dans un air chaud réduit au minimum ou anéantit même presque complètement la sécrétion de la peau et celle de la muqueuse pulmonaire. Aussi l’homme supporte-t-il la chaleur humide beaucoup moins bien que la chaleur sèche, et

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