‹ Traité élémentaire d'hygiène privée [microforme]Chapitre 29 sur 36 · PR AE MERE NE · texte numérisé non relu

PR AE MERE NE

fage de l’habitation mérite de captiver quelques instants notre attention. On entend par chauffage l’art d’utiliser la chaleur artificielle produite par les divers combustibles, pour élever et maintenir dans les pièces de l'habitation une température convenable, Le but est de nous garantir contre l'influence du froid,

Nous savons que le poumon fonctionne avantageusement quand il respire un air convenablement froid, et que le contraire arrive quand l'air se trouve à une température chaude, La combustion des matériaux alimentaires n’est régulièrement répartie dans tout l'organisme, et la circulation ne se fait librement, qu’à la condition expresse que la température de notre corps soit maintenue à 3725. L'air ambiant, chaud ou froid, influe sur notre température corporelle. IT nous réchauffe et nous refroidit par contact. Dans une atmosphère chaude, la peau se distend, ses pores s'ouvrent; des millions de glandes situées dans la profondeur de la peau fonctionnent, la sueur sort, la vapeur se produit. Ainsi notre corps dissipe le trop de calorique qu’il possède.—A une basse température, notre peau se pare à la résistance, Elle se contracte, se ramasse sur elle-même, C’est un véritable épaississement artificiel appelé vulgairement “ chair de poule, ” et qui protège l’homme à la manière des fourrures, Même couverts d’épais et de chauds vêtements, nous ne sommes pas suffisamment protégés contre les intem-

péries de nos climats. J1 nous faut demander à la chaleur artificielle de restituer à nos murailles d’habitation une température convenable.

L'AÉRATION ET LE CHAUFFAGE.—(Cette excellente

solution, le chauffage, qui tend à garantir l’homme contre l'influence du froid, ne doit pas exister au détriment de laération. L’aération et le chauffage sont deux opérations distinctes, séparées et indépendantes, Il convient d’aérer avec l’air du dehors, et il faut maintenir dans les temps froids une température intérieure convenable, La réalisation de ces données n’est pas toujours facile. C’est à cette solution qu'il faut viser toujours, et il faut s'en approcher le plus possible dans les applications.

Il existe plusieurs méthodes de chauffage, et les plus usités sont à la fois de très précieux moyens d'aération, Les principales conditions de salubrité de tout système de chauffage résident dans l'élévation suffisante de la température, et dans le renouvellement incessant

de l'air. M. Coulier, dans le Dictionnaire encyclopé-

dique des sciences médicales, résume très bien les conditions de l'appareil de chauffage,

1. Dégager une quantité de chaleur variable à volonté, de manière à entretenir dans les locaux habités une température constante, malgré les influences saisonnières ;

2. Fonctionner durant la nuit, malgré l’absence ou la négligence des proposés ;

3. Ne pas laisser pénétrer, dans l'atmosphère respirable des appartements, les produits gazeux de la combustion ;

4, Ne pas modifier l'état hygrométrique de l'air chauffé ;

5, Réaliser toutes ces conditions avec économie, et

présenter toutes les garanties possibles contre les incendies.

Les poêles et les calorifères À air chaud et À eau chaude sont les appareils les plus employés. Avec les usages des poêles et des calorifères À air chaud, il faut redouter deux inconvénients graves: la sécheresse de l'air, et la possibilité de l’asphyxie par l'échappement des gaz acide carbonique et oxyde de carbone. On corrige le premier inconvénient par la présence, au-dessus du feu, d’un vase rempli d’eau, et le second en surveillant avec défiance et facilitant le plus possible le tirage, Enfin, l'appareil de chauffage à l’eau chaude est considéré aujourd’hui comme le meilleur,

LE DEGRÉ DE CHALEUR ARTIFICIELLE POUR L'HABITA- TION.—On ne peut déterminer d’une façon rigoureuse le degré de chaleur artificielle de la maison, parce que les enfants, les vieillards et les femmes, ont besoin d’une température plus élevée que l’homme adulte, La malade demande aussi plus de chaleur et une température plus soutenue. Cependant, on prendra pour limite inférieure une température de 12 degrés, et pour limite supérieure 20 degrés centigrades.

DE L'ÉCLAIRAGE.—Le jour où l’homme apprit à se protéger contre l'influence du froid en allumant le premier feu, 11 découvrit du même coup le moyen de lutter contre les ténèbres. A son crigine, la lumière artificielle provenait du foyer domestique. Plus tard, l'éclairage se sépara du chauffage et s’accommoda d’appareils distincts. Dans l'antiquité païenne, le plus simple de ces appareils consistait en un vase rempli d'huile où brûlait une mèche grossière. Cette lampe

antique servit aussi à éclairer une grande partie du moyen âge. ('e n’est que de nos jours que les chandelles, les bougies, les lampes compliquées, le gaz, enfin l'électricité, furent inventés comme modes d'éclairage.

LES DIVERS MODES D’ÉCLAIRAGE.—Nous passerons rapidement en revue les modes d'éclairage aujourd’hui en usage. Nous en considérerons les avantages, les inconvénients, et l'influence sur la santé,

Les lumières toutes modernes et très répandues sont les lampes à l’huile de pétrole, et la flamme du gaz hydr)gène bicarboné, Presque partout les lampes à l'huile, qui donnent une clarté vive et soutenue, constituent le mode habituel d'éclairage, Cette lumière est bien favorable à la vue; mais l'élévation de température qu’elle détermine, l'oxygène de l'air qu’elle brûle, et l'odeur désagréable qu’elle répand, sont autant d’inconvéuients qui agissent d’une manière défavorable sur la santé, 11 faut ajouter à ces inconvéuients la possibilité des explosions, qui fait de ces lampes un danger permanent. La lumière du gaz hydrogène bicarboné tend à reraplacer, dans les villes au moins, celles des lampes. La flamme du gaz a aussi ses défauts; elle exhale des gaz délétères, produit une énorme chaleur, et fait une prodigieuse consommation d'oxygène. Il faut ajouter encore la fréquence des fuites de gaz, et le danger de l’asphyxie ou de l'explosion, Avec ces systèmes d’éclairage, il importe de corriger sans cesse, par une active à ventilation, l’altératoin rapide de la température et de l'atinosphère. Les récents et surprenants progrès de la lumière électrique nous font présumer qu'après une série de perfectionnements, on parviendra à en faire

l'éclairage de l'avenir, supplantant tous les autres, Déjà divers appareils prouvent qu’elle satisfait à toutes les conditions de l'éclairage publie; l’inventien des lampes, d'autre part, paraît se prêter à toutes les nécessités domestiques. On comyrend l'immense avantage de l'éclairage électrique sur tous les autres; elle ne produit qu’une chaleur inappréciable, et ne brûle pas d'oxygène, Ce progrès est un bienfait pour l’hvgiène,

LA PROPRETÉ DE L'HABITATION—La propreté de li maison est l'indispensable facteur de la santé des individus. “ A un point de vue plus élevé, dit Monin, la propreté du logis s'élève à la hauteur d'une véritable importance sociale.” On se porte mieux et on se p'ait davantage dans un logement bien entretenu: L'amour du foyer, qui joue, dans ce qu’on nomme ‘“ question sociale, un rôle incontestable, devient done aussi le carollaire direct de la propreté.”

“ La meilleure garantie de la civilisation, a dit Lord Beaconsfield, est le logement. C’est l’{cole de toutes les vertus domestiques, Car, sans un intérieur agriable, l'exercice de ces vertus est impossible,”

L'hygiène, qui assainit la maison, rend la dignité à la famille et le charme au foyer ; elle retient désurmais le père à son retour du travail, et le dispute victorieusement au cabaret.

Pour obtenir cette hygièie de l'habitation, nous ne croyons ritn de mieux que de conseill'r l’observance des préceptes qui suivent, et que nous trou vons dans le livre de M. Monin : La propreté de l'individu cet de La maison.

“ Tenir la maison, tant à l'intérieur qu’à l'extérieur,

dans un état constant de propreté, Les cubinets d’uisances seront disposés et ventilés selon certaines règles d'architecture ; le sol sera imperméable et proprement entretenu, Pour empêcher les habitations de tuer tant d'individus et d’irradier autour d'eux tant de ferments morbides ; il faut entretenir également les éviers et les cours intérieures ; établir partout le système des fosses mobiles ; blanchir tous les ans à la chaux les murs des souterrains, des cuisines et des cours; éloigner des maisons tout ce qui est susceptible de décomposition (déchets culinaires, os, ligumes, ete). A l’intérieur des pièces habités, vernir les murs à l’huile, cirer les planchers ; balayer avec soin toutes les parties de l'habitation, éviter d’épousseter les plafonds et les meubles, mais les frotter avec un chiffon humide et les essuyer; remplacer partout les tapisseries par des peintures : l'huile ; reblanchir souvent les plafonds ; laver souvent les carrelages et nettoyer les murs ; entretenir limpides les vitres des croisées; battre quotidiennement les tapis, rideaux et nattes. Il faut essuyer et nvtioyer de préférence les angles et les coins des chambres, les aspérités et les moulures des murs, des meubles et des plafonds: c’est dans les anfractuosités que séjournent de préférence les poussières miasmatiques.”

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