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LA ROUGEOLE.—La rougeole est la fièvre éruptive la plus fréquente. C’est une maladie commune à presque tous les humains. Elle s’observe surtout dans la première et la seconde enfance ; l'adulte n’en est pas exempt. Les récidives sont rares.—La rougeole est assez grave, parce qu’elle se complique souvent d’inflammation du poumon, etc. La rougeole est certainement le résultat d’un microbe, Eminemment contagieuse, cette affection est inoculable au moyen du mucus nasal, des crachats, des selles, des urines, des larmes, du sang et de la desquamation de la peau qui succède l’éruption. Comme toute autre maladie, la rougeole a ses formes légères, graves et mortelles. L'intervention du médecin est toujours nécessaire,
LA PHTISIE OU CONSOMPTION.—La médecine contemporaine a démontré la nature parasitaire de la tuberculose ou phtisie, Les expériences ont réussi à isoler le microbe, à le cultiver et à l’inoculer à des animaux, qui sont morts de phtisie. Le microbe de cette affection se trouve dans les poumons, d’où il est rejeté au dehors par l'expiration et les crachats; dans le sang qui le transporte sur tous les points de l'organisme. On s’explique facilement les faits de contagion directe, qui sont si fréquents entre les personnes qui vivent ensemble, surtout entre frères, entre sœurs, entre mari et femme, couchant dans un même lit.—Il est aussi reconnu que cette affection est fréquente dans l'espèce bovine, surtout chez les vaches stabulées. Et la science prouve que la phtisie peut être transmise à l’homme par le lait
de la vache pommelière et par la viande d'animaux tuberculeux. D'où l’importance de se défier du lait et des rosbifs saignants! Le porc, le cheval, le lapin, les gallinacés sont, comme l'espèce bovine, fréquemment atteints de phtisie, et doivent être l’objet de la plus miuutieuse attention de la part des médecins inspecteurs des viandes, D’où l'importance de bien faire cuire les viandes et de bien faire bouillir le lait, afin du tuer le microbe, s’il existe.
LA DÉCLARATION OBLIGATOIRE DES CAS DE MALADIES CONTAGIEUSES.— La déclaration obligatoire des maladies contagieuses est la base de la prévention de ces maladies. La population d’une paroisse, d’une ville, étant avertie de l’existence d’une maladie contagieuse, cherche à s’en préserver. La famille où sévit la maladie s’entoure des mesures hygiéniques les plus rigoureuses, qui détruiront sur place les microbes infectieux. Dans ces conditions, le malade a plus de chances de gutrison, et la famille plus d'espérance d'éviter les atteintes de la contagion.—Le temps n’est plus, où l’on croyait à l’origine spontanée des maladies contagicuses. Elles sont toutes et toujours déterminées par des microbes spécifiques. D'ailleurs la science moderne nous en donne des preuves éclatantes. Ainsi, toutes les fois qu’une maladie infectieuse fait son apparition dans une famille, elle est toujours le résultat d’un microbe spécifique, C’est un parent, un ami, un étranger, un paquet de marchandises, des substances alimentaires, une lettre, ete, qui ont été les facteurs du microbe
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producteur de cette affection, C’est souvent encore votre enfant qui, à l’école, s’est trouvé en contact direct avec un petit camarade qui avait dans sa famille la maladie en question, Enfin les maladies infectieuses ont pour producteurs des microbes qui peuvent conserver bien longtemps, bien des mois, toute leur vitalité, avant d’exercer leurs ravages ; ce qui donne une explication satisfaisante dans bien des circonstances. Nous comprenons, d’après ce qui précède, toute l'importance d’une déclaration obligatoire au Bureau d'hygiène de la municipalité, afin que les mesures sanitaires les plus rigoureuses soient prises pour détruire tous les princives contagieux, qui ne tarderaient pas de se propager.
L'ISOLEMENT DES CAS DE MALADIES CONTAGIEUSES, — En abordant cette partie de mon travail, sur les maladies contagieuses, je vois se dresser devant moi les sentiments de la plus vive horreur de tout un peuple contre l'hôpital d'isolement et mes convictions comme médecin. Cette nécessité de l'hôpital d'isolement, reconnue par la science, est constamment refusée par la pratique dans tous les pays. Aussi je ne puis pas argumenter scientifiquement contre l’hospitalisation, mais je veux en exposer les inconvénients et les difficultés.
Il importe d'admettre en principe qu'il ne faut jamais froisser les sentiments familiaux d’un peuple, car ces sentiments, qui partent du cœur, exigent le respect. Je dirai plus, il fau’ éviter de commettre des abus d’autorité au nom de la santé publique. Une pareille loi concernant l'isolement obligatoire à l’hôpital, ne peut
s'appliquer qu’à ceux qui n’ont pas de domicile privé: mais pour les autres, quoiqu'ils n’habitent pas des maisons toujours convenablement disposées pour l’isolement, ils trouveront toujours les moyens d'éviter la loi,
Voici encore une autre objection : l’hospitalisation obligatoire suppose une déclaration obligatoire, Fera-t-on toujours cette déclaration ? (Certainement non. Très souvent le chef de la famille ne fera mander le médecin qu’à l'extrémité, alors que ln maladie menace la vie, et que les microbes se seront répandus et communiqués à d’autres individus, Dans beaucoup de cas encore, le client aise forcera le médecin au silence, et payera l'amende pour lui à l’occasion. Nous voyons tout de suite que, dans bien des circonstances, cette loi d’hospitalisation ferait beaucoup de mal, et porterait les plus graves entraves à la pratique de l'hygiène. Mieux vaut laisser le malade à sa famille et isoler l'habitation, Cette dernière mesure est plus acceptable et favorisera plus la déclaration obligatoire. Pour donner plus d’efficacité à la déclaration obligatoire, la loi pourrait ajouter que la famille qui ne ferait vas cette déclaration et ne pratiquerait les mesures sanitaires nécessuires en pareil cas, s'exposerait à voir le malade patir pour l'hôpital.
Un autre point très important en hygiène, et qui n’est malheureusement pas observé, c’est l'isolement du malade dans lhabitation, L'hygiène veut que la chambre du malade soit la meilleure pièce du logis, celle qui reçoit le plus d’air et de lumière solaire, Elle veut aussi l'enlèvement de tout ce qui n’est pas d’absolue nécessité pour le malade. Ainsi meubles supcæ-
(lus, tapis, rideaux, oiseaux, ete, sont considérés comme nuisibles, et servant à la conservation des germes, Le personnel doit s’entourer de toutes les précautions hygiéniques, d’abord pour éviter la maladie, puis pour empêcher la propagation.
LA DÉSINFECTION. — (Cest une question de très grande valeur hygiénique que celle de la désinfection, Aussi ja science lui imprime-t-elle tous les jours des progrès nouveaux, La théorie est très avancée, mais la pratiqg" * de la désinfection ne suit pas la théorie d’un pas égal , cependant elle semble accélérer sa marche chez tous les peuples. Ce mouvement, auquel nous assistons, marque une ère nouvelle, et signale le plus beau triomphe de la science microbienne sur les microbes producteurs des maladies infectieuses. Cette innovation fait époque dans les annales de la science médicale, et nous insistons de la voir régulariser par une sage législation et une bonne réglementation. Car la pratique de la désinfection, généralisée chez tous les peuples, est la plus sûre garantie de la diminution, de l'extinction des maladies contagieuses, A nos hommes d'Etat de comprendre que nous ne pouvons lutter avec plus d'avantage contre aucune maladie contagieuse qu'avec une désinfection bien conduite, Dans la suite le public mienx éclairé sur ses véritables intérêts comprendrait vite que la désinfection est aussi nécessaire contre les germes infectieux que l’eau l’est contre l'incendie,
Nos ressources en fait de désinfectants ne font pas défaut ; la liste déjà longue s'accroît encore tous les
jours. Mais il faut se méfier du mercantilisme et du
charlatanisme, qui lancent dans le public des prépara.tions sans valeur scientifique, A l'hygiène ofticielle de se familiariser avec le sujet, et de proclamer les moyens reconnus les plus efficaces sur cette matitre.
Dans ce traité, nous ne pouvons parler au long des désinfectants reconnus par la science, Nous passerons sommairement en revue les plus usités.
Parmi les solutions employées, les plus usitées sont :
le sulfate de fer en solution dans l'eau, à 1 partie pour 10;
le sulfate de cuivre, le sulfate de #ine, le chlorure de zinc, l'acide sulfurique, l'acide chlorhydrique, en solution dans l’eau, à 1 partie pour 20 :
l’acique borique en solution saturée dans l’eau ;
le chlorure de chaux en solution dans l’eau, 1 partie pour 16;
la solution à l'acide carbolique, à 1 partie pour 2Ù;
la solution au bichlorure de mercure, à 1 partie pour 1000 jusqu’à 10,000 ;
les fumigations sulfureuses sont encore pratiquées dans presque tous les pays. Cette désinfection consiste à faire brûler du soufre pour développer un atmosphtre de gaz acide sulfureux. M. Vallin demande qu'on biûle un once de soufre par 4 pieds cube d’air, Avant de brûler le soufre, et pour rendre l'acide sulfureux plus actif, il est préférable d'y dégager de la vapeur au préalable, Il y a encore d’autres moyens désinfectants qui figurent en tête, et qui ont révolutionné la technique de la désinfection ; ce sont les systèmes d’étuves à air chaud, à vapeur sans pression, à vapeur surchauffée ou à vapeur sous pression, Ces trois classes d’étuves sont
en grande faveur en Europe, et paraissent donner de très bons résultats, surtout l’étuve à vapeur sous pression, qui semble l'emporter sur les autres,
Nous terminerons par les propositions suivantes, qui nous serviront de résumé et de conclusion. Nous les
empruntons du Congrès de Vienne, tenu en septembre
1. Pour que la désinfection produise tous ses fruits, il faut qu’une loi générale, liant tout le pays, la rende obligatoire dans les cas de maladies contagieuses graves (parmi lesquelles devrait figurer la tuberculose) ; la même loi devra imposer aux médecins traitants la déclaration obligatoire de ces maladies.
2. La désinfection ne mérite confiance que lorsqu'elle est faite par un personnel dressé spécialement à cet effet, et surveillée par des personnes compétentes.
3. Au point de vue fiscal, le sentiment dominant semble être la gratuité pour les indigents seulement.
4. Il faut plutôt encourager que décourager les tentatives de désinfection entreprises par l'industrie privée, tout en souhaitant de voir créer partout des établissements publics de désinfection.
5. La désinfection des vêtements, meubles, objets de literie s'obtient aujourd’hui d'une manière suffisante avec les étuves à vapeur.
6. La désinfection des locaux n’est pas facile à obtenir d'une façon sûre avec les moyens dont nous disposons ; nos efforts devront tendre à faire disparaître cette lacune, la plus sérieuse qui existe dans la pratique actuelle de la désinfection.
Dans les latrines et égouts, le seul bon moyen consiste dans une installation irréprochable au point de vue technique et dans un entretien soigneux.