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traîne après soi une perte de substance quelquefois considérable, et d’amener des irritations pulmonaires et gastriques , d’autant plus dangereuses qu’elles marchent chroniquement. Il faut convenir que l’habitude modifie singulièrement ces résultats.
Lors de l’éruption des premières dents chez les enfans , phénomène qui ne s’accomplit jamais sans de vives douleurs, il conviendra d’appliquer sur les gencives des topiques émolliens pour en faciliter la déchirure; et, comme alors la muqueuse buccale est constamment le siège d’une congestion sanguine plus ou moins considérable , qui entraîne souvent à sa suite des affections cérébrales , le plus souvent meurtrières à cette époque de la vie, il faut que l’enfant, pendant le temps que dure le travail de la première dentition , soit soumis à un régime adoucissant, c’est-à-dire à l’usage de boissons émollientes et au sein de sa nourrice. On aura soin aussi d’entretenir le ventre libre;
car du moment où la tête est irritée, il sur-
vient constamment une constipation opiniâtre qui à son tour contribue à entretenir les congestions cérébrale et gengivale. Il n’est
pas sans incdnvénient d’obéir à l’usage reçu de faire mordre aux enfans des corps plus ou moins durs, dans le but d’amincir les gencives; on ne doit leur donner que des corps qui , comme la racine de guimauve , se déchirent facilement; car les morceaux de corne ou d’ivoire qui décorent leurs hochets étant très-durs , irritent les gencives , les durcissent, et les rendent calleuses. Les mêmes règles sont applicables à la seconde dentition ; mais de plus , comme cette époque est le moment où tombent les premières dents pour être remplacées par celles de la seconde dentition , il faut avoir soin d’arracher les dents infantiles du moment où elles sont chancelantes; et même il ne faut pas attendre cet instant du moment où un engorgement douloureux de la gencive annonce qu’une seconde dent cherche à faire issue.
Lorsque les vieillards perdent leurs dents, ils doivent , quand ils le peuvent , en faire replacer d’artificielles afin d’assurer la mastication et de conserver à l’acte digestif toute sa perfection ; cependant il finit avouer qu’il est des vieillards qui n’ont pu supporter l’application d’un faux râtelier, et qui
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néanmoins se portent bien; c’est qu’alors leurs gencives sont devenues calleuses, e't qu’ils ont soin de ne se nourrir que d’alimens de facile digestion. Toute affection pathologique de la muqueuse gengivale est une contre-indication à l’usage d’un faux râtelier pendant le temps que dure la maladie.
§ II. — Hygiène de V appareil digestif et des glandes qui y ont rapport.
Les modificateurs propres à l’appareil digestif sont les alimens et les boissons. On a onguement disserté pour savoir si l’homme •st carnivore ou frugivore, ou l’un et l’aure à la fois. Les nombreuses considérations ui ont été présentées sur ce sujet ont amené e résultat, que l’homme est né pour senourir de végétaux et d’animaux, et qu’il n’y ut que des esprits chagrins qui aient pu lettre sur le compte de la civilisation une abitude que nous verrons être nécessaire, t si les anciens , et surtout les Indiens et les erses, s’astreignirent à une diète purement égélale, n’attribuons ce fait qu’à la difféînce du climat , qui amène une végétation hygiène. 4
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plus active, et donne à ses produits des qua» lités nutritives que ne possèdent point les végétaux de nos contrées. D’ailleurs, la conformation de notre canal intestinal, la présence de dents destinées à broyer et déchirer, prouvent jusqu’à l’évidence cette assertion.
Effets des alimens considérés d'une manière générale. — Toute substance qui, introduite dans notre économie, y subit des modifications telles qu’elle finisse parfaire partie de notre organisation, et serve ainsi à l’accroissement, au développement et au renouvellement de nos organes , doit être considérée comme aliment. Soit que les boissons contiennent quelques substances assimilables, , soit au contraire qu’elles ne fassent que faciliter l’assimilation , dans l’un comme dans l’autre cas elles doivent être considérées comme des alimens. 11 en est de même des assaisonnemens qui, pris en grande partie dans • ]e règne inorganique , ne font que stimuler nos organes , et faciliter ainsi le travail de a digestion , tout autant cependant qu’on len fait un usage modéré.
Si les alimens sont pris en quantité modérée, c’est-à-dire , que si l’individu ne va ja-
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mais jusqu’à la satiété , ils accomplissent parfaitement leur but, sans que leur ingestion clans l’estomac et leur passage dans les voies circulatoires déterminent ni malaise, ni accablement, ni fatigue, ni agitation. Loin de là, ils font éprouver, un sentiment de bien-être général, la circulation devient plus active, la respiration plus fréquente et plus facile; les facultés intellectuelles jouissent d’une plus grande énergie; et les fonctions digestives s’accomplissent presqu’à notre insu. Si, au contraire, flattés par la variété et le goût des mets, nous poussons l’ingestion des alimens au-delà de nos besoins, l’estomac refoule les poumons et rend la respiration pénible ; les muscles sont dans un état d’affaissement général, et le cerveau éprouve une espèce d’engourdissement qui a quelque ■ analogie avec un commencement de narco- Itisme; nous nous trouvons presque invinciblement portés à nous abandonner à un sommeil toujours fatigant; la digestion, pour s’opérer, exige de la part de l’estomac Ile déploiement d’une énergie considérable, et malgré tous ses efforts , il ne laisse pénétrer dans les intestins qu’un chyme mal éla-
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boré, peu réparateur et irritant. Alors les selles deviennent abondantes et sans cohésion, l’individu maigrit, et finit par succomber à une affection désorganisatrice des organes digestifs. Mais lorsque l’habitude de beaucoup manger, a été contractée peu à peu, l’appareil de la digestion acquiert un très-haut degré d’énergie et d’activité; et ce surcroît d’exubérance vitale ne se produit jamais qu’aux dépens des autres fonctions. C’est ainsi que chez les grands mangeurs , les fonctions sensoriales, cérébrales et locomotrices perdent toute leur activité. Et comme la continuité d’une pareille habitude amène une réparation de beaucoup supérieure aux pertes éprouvées par l’économie, il en résulte un état de pléthore générale qui ne tarde pas à amener les maladies les plus graves et les plus promptement mortelles. Pris en trop petite quantité, les alimens jettent l’homme dans la faiblesse et l’épuisement ; et alors le trop ou le trop peu amène les mêmes désordres. Il résulte de tout ceci que l’alimentation doit être constamment en rapport direct avec les pertes éprouvées par l’organisation ; qu’ainsi celui qui mène
HYGIÈNE UE l’aI>PAREIL DIGESTIF. 53 une vie active devra consommer davantage que 1 homme dont les occupations sédentaires 1 obligent à peu de mouvemens. Mais, dans tous les cas, il serait absurde de prétendre ramener cette règle générale à une donnée mathématique quelconque, ainsi que 1 ont voulu certains hommes.
II faut donner à l’estomac des alimens lorsque le besoin se fait ressentir, et cesser de manger aussitôt que le sentiment de la faim est apaisé. Ce serait ici le lieu de présenter quelques considérations sur les différences de qualité de digestibilité et de propriété nutritive que présentent les diverses espèces d’alimens ; mais , afin d’éviter les répétitions inutiles , nous passerons à l’examen de chaque classe d’aliment en particulier, ou chacune de ces questions se trouvera naturellement traitée.
Substances végétales .—Alimens r féculent.
Ce principe immédiat qui sert à dénommer cette classe d’alimens est la fécule amylacée. >n la rencontre dans toutes les graines des légumineuses et des graminées, dans les pommers , les marronniers, les châtaignes , les pommes-de-terre, les racines d’arum, de
bryone et de plusieurs espèces d’orchis, le vermicelle, la semoule, le tapioca , l’arowroot, le sagou, le salep. Dans nos substances alimentaires, la fécule ne se trouve jamais à l’état de pureté; elle est toujours unie à d’autres substances, telles que le gluten, le sucre, l’albumine, des résines, des sels et du mucilage.
Cette classe d’alimens séjourne moins longtemps dans l’estomac que les viandes et les autres substances végétales ; et leur passage est d’autant plus rapide, que l’aliment a plus fermenté ; il nourrit bien, et a l’avantage de former peu de matières fécales. La digestion de l’aliment féculent n’augmente que peu la chaleur animale, n’accélère pas sensiblement la circulation , rend l’économie riche en sucs nutritifs, mais diminue l’activité vitale, ainsi qu’il est facile de l’observer toutes les fois que l’on passe d’une nourriture animale à une alimentation composée uniquement de substances féculentes. Elle est peu propre à donner à l’homme les moyens de résister à des travaux excessifs.
A l’aide des substances féculentes , telles que la farine de froment , de seigle et d’orge,
HYGlÈME UF l’aPPAREIL DIGESTIF. 5t> de riz et de maïs, on fait plusieurs préparations d’un usage journalier, et qui font en quelque sorte la base de notre alimentation : telles sont le pain, le biscuit, la bouillie et les diverses espèces de pâtisserie. Chacune de ces substances offre les propriétés des alimens féculens; le pain et la bouillie surtout sont très-nourrissans et d’une digestion facile. Il n’en est pas de même des pâtisseries. Elles sont généralement malfaisantes, tantôt à cause de la rancidité du beurre qu’on emploie , et souvent en raison de la manière dont le mélange est fait. Aussi sont-elles de difficile digestion.
Alimens mucilagineux . La gomme forme la base de cette classe d’alimens. On la rencontre dans des proportions variées dans la plupart des légumes qui se servent sur nos tables, tels que la carotte, la betterave, les navets, les épinards, l’asperge, la laitue, la blette, la scarolle, l’articliaut, les cardons, le concombre, le melon, les choux, les chouxfleurs. Cette classe d’alimens a pour effet général de peu exciter la membrane muqueuse de l’estomac, de faire un court séjour dans le tube digestif, de fournir peu de ma-
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tières alibiles , et de donner un résidu plus considérable. Or* le résultat de cette alimentation est de 'nourrir peu, d’amener un grand relâchement dans tous les tissus, et de diminuer 'l’énergie de toutes les fonctions. Ceux auxquels une pareille alimentation convient spécialement sont les individus pléthoriques et irritables, ceux qui vivent sous l’empire de quelque affection chronique. Chez ces derniers, de même que chez les hommes qui sont doués d’un tempérament nerveux ou bilieux, elle contribue puissamment à modérer l’excès de vitalité des appareils gastro-hépatique et nerveux. Mais les individus affligés du tempérament lymphatique doivent rechercher des alimens plus substantiels.
Les fruits ont beaucoup d’analogie avec les alimens que nous venons de passer en revue. Comme eux ils contiennent du mucilage; mais on y rencontre en outre de la gelée végétale, du sucre, de l’eau, les acides malique, acétique, citrique, tartarique, oxalique et gallique. Us restent en général peu de temps dans l’estomac; ceux qui , comme les dattes, les figues, les raisins secs et les