‹ Traité élémentaire d'hygiène privée ... précédé d'une introduction historique, et suivi d'une biographie, d'une bibliographie, etcChapitre 18 sur 57 · II. Fluidité de L’air. C’est à cette pro · texte numérisé non relu

II. Fluidité de L’air. C’est à cette pro

Ipriété que l’air doit de pouvoir être déplacé à chaque instant , et de se renouveler avec la plus grande promptitude; et c’est encore à cette cause, ainsi qu’aux changemens de température , qu’il paraît que l’on doit attribuer ces mouvemens de l’air, que l’on a désignés sous le nom de vents. Mais , il faut en convenir, tout est encore obscur dans cette question importante.

Les effets des vents sur les poumons dépendent des modifications que ceux-ci impriment à la température , ainsi que nous i le dirons plus bas ; des changemens qu’ils apportent aux qualités hygrométriques de l’atmosphère ; de la fâcheuse influence

gb FONCTIONS DE NUTRITION.

qu’ils exercent sur l’économie, parce qu’ils deviennent le véhicule d’émanations délétères. Enfin les vents, lorsqu’ils sont violens, produisent des chocs sur les voies respiratoires, qui peuvent produire des angines, des laryngites, des bronchites, surtout lorsqu’ils sont denses et contiennent peu de calorique.

III. Effets des diverses températures atmosphériques et des qualités hygrométriques de l’air. Si les auteurs des Résumés de Physique et de Physiologie ne s’étaient pas déjà occupés , le premier des causes d’élévation ou d’abaissement de la température, et le second de l’importante question de la chaleur animale , ce serait ici le lieu de parler de ces deux points, qu’il faut bien connaître, au risque de ne pouvoir se rendre raison de l’action des diverses températures sur l’économie animale. Cette tâche ayant été remplie, nous nous renfermerons dans les limites assignées à l’hygiéniste.

A. Température chaude et sèche. L’air chaud est sec parce que l’eau qu’il renferme à l’état de vapeur n’a pas de tendance à se résoudre en liquide. L’air chaud et sec a pour premier

L Température chaude et sèche, gt ffet d’introduire dans les poumons un air plus rare , plus léger et moins pourvu en matériaux respirables que l’air froid qui possède les qualités opposées. Cependant ces effets varient selon les divers degrés de température. Ainsi l’air qui offre de i5 à 20° R. de température augmente l’activité de nos organes , et rend les fonctions plus libres et plus faciles ; à 20° R. ces éffets sont encore plus marqués, et à 25° R. il st des individus qui sont déjà incommodés par la chaleur, tandis que d’autres éprouvent à peine quelque stimulation. Cette différence s’explique par celle ides tempéramens. On conçoit en effet que les hommes d’un tempérament lymphatique supporteront mieux l’excessive chaleur que ceux qui vivent sous l’empire d’une constitution bilieuse et sanguine.

Toutes les fois que la température s’élève au-dessus de a5u R. , alors des incommodités plus ou moins grandes se manifestent. Les veines se gonflent, les congestions cérébrales deviennent imminentes, la respiration s’exécute péniblement , uue faiblesse générale se fait sentir ; les facultés

intellectuelles jouissent ,cle peu d’énergie , et la peau est le siège dame exhalation fort abondante. De l’excès de transpiration cutanée résulte le fréquent renouvellement de la soif, une préférence marquée pour l’usage des alimens végétaux, et surtout de ceux qui sont acides ; un moindre appétit , et une très-grande disposition à contracter des maladies gastro- intestinales et gastro- hépatiques. Si la température est continuellement élevee, ainsi que cela s’observe dans les pays méridionaux, tous les accidens que nous venons de relater s’observeront constamment, mais avec beaucoup plus d’intensité que dans nos contrées tempérées : aussi , dans ces pays , remarque-t-on que les maladies y revêtent un caractère d’extrême acuité , qu’elles marchent rapidement vers une terminaison fatale, et que le plus souvent elles se compliquent d’accidens cérébraux, complication toujours redoutable.

Les tempéramens lymphatiques, les scrofuleux, ceux qui sont affectés de douleurs rhumatismales et d’irritations chroniques plus ou moins anciennes, sont ceux auxquels il convient plus particulièrement de vivre

température chaude et sèche. g3.

dans une semblable ^température. Les temîéramens bilieux, les personnes irritables, ceux qui ont toujours habité des climats ’roids, se trouvent généralement fort mal de 'action australe d’une température chaude :t sèche.

Mais il n’est pas toujours donné à l’hom- >me de pouvoir choisir le climat qui contiendrait le mieux à sa santé. Il faut donc indiquer ici les précautions que doivent prendre ceux qui sont forcés de vivre sous une température trop élevée, alors qu’il est bien reconnu qu’ils se trouvent déjà dans des conditions défavorables, et que nous venons de faire connaître.

Le principal moyen d’atténuer l’effet • d’une trop forte chaleur consiste dans le régime. Il est d’observation que les habitans [ des pays chauds font un usage immodéré de café, liqueurs, en un mot de tous les êexcitans diffusibles; et que c’est à l’emploi . de semblables moyens qu’il faut rapporter un grand nombre des incommodités qu’ils éprouvent. Les sages précautions qu’ils devront prendre consistent i° à faire de fréquentes irrigations dans leurs habita-

lions; 2° à satisfaire le besoin de la soif par l’usage d’abondantes boissons rafraîchissantes; 3° à faire un léger exercice musculaire en plein jour, et à prendre fréquemment des bains, sinon froids, ce qui a de l’inconvénient pour certaines constitutions, au moins frais.

B. Température chaude et humide. L’air humide est celui qui approche le plus du iooe degré de l’hygromètre , c’est- à- dire d’une complète saturation (voyez Résumé de Physique . L’air chaud, toutes les fois qu’il est chargé d’humidité, a perdu de sa pesanteur, et ses effets sont le résultat de l’action combinée de la chaleur, de la vapeur et de la rareté de l’air. Cette température est de toutes la plus débilitante. Les organes exécutent avec peine leurs fonctions; tous les liquides du corps humain soumis à la double action du calorique et de la vapeur, tendent à faire effervescence, et se portent avec force à la périphérie; une sueur abondante inonde la surface du corps, ce qui ajoute encore à la faiblesse générale; l’appétit est faible, la soif presque nulle, la digestion lente et imparfaite; les déjections alvines abondantes et

TEMPERATURE CHAUDE ET HUMIDE. q5

humides; la circulation est faible et la respiration pénible; enfin la nutrition est peu active. Si cet état de l’atmosphère persiste pendant un certain temps, les hommes qui y sont soumis revêtent tous les caractères du tempérament lymphatique, c’est-à-dire que leurs chairs deviennent molles et boursoufflées, que leur teint se décolore et qu’ils s’affaiblissent. C’est sous l’empire d’une pareille constitution atmosphérique que l’on voit se développer les maladies contagieuses et épidémiques, et en particulier la fièvre jaune et la peste (voyez Résumé D’Hygiène publique). C’est alors aussi que l’on observe en très-grand nombre les phlegmasies des membranes muqueuses , et en particulier celles de l’appareil digestif, ainsi que les fièvres intermittentes simples ou pernicieuses, et le scorbut. Les femmes, les enfans , les individus lymphatiques , scrofuleux, rachitiques, se trouveront fort mal de cette température. Elle sera au contraire avantageuse aux individus bilieux et nerveux, à ceux qui sont affectés d’une maladie chronique des organes respiratoires.

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