DE L’AIR ATMOSPHÉRIQUE
tion physiologique de l’aii' sur les organes de la respiration et de la circulation; pour nous, nous n’avons à l’étudier que par rapportaux effets qu’il détermine, et auxmoyens de se prémunir contre leur influence quelj quefois fâcheuse.
I § II. — Effets déterminés sur V organisation par les propriétés physiques de l’air atmosphérique.
Ces propriétés sont : la pesanteur, la fluidité, l’état hygrométrique, et l’état élecli trique de l’air.
I. Pesanteur. La pesanteur de l’air à la [ température de 10 degrés au-dessus de o (thermomètre de Réaumur) , est 81 1 fois et demie moindre que celle de l’eau. A la température de la glace fondante, le rapport de la pesanteur spécifique de l’air est à celle de l’eau, comme i est à 760. Le poids delà colonne d’air supportée par la surface du corps d’un homme a été évaluée à 33, 600 livres ; et ce résultat diminue ou augmente, soit que l’on s’élève à une certaine hauteur au-dessus du niveau de la mer, soit que l’on descende
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dans des mines plus ou moins profondes. De même que tout le reste de l’économie, les poumons sont sensibles aux variations de la pesanteur de l’atmosphère. Lorsque le poids de la colonne d’air est considérable, la respiration est facile, pleine, une plus grande quantité de sang est soumise dans le même intervalle de temps à l’action de l’air atmosphérique et convertie en sang artériel. Alors toute l’économie acquiert une plus grande aptitude à supporter des exercices violens et continus, et tous les organes acquièrent une énergie remarquable.
Sous la pression d’une colonne d’air moins considérable que celle du niveau des mers , ce que l’on rencontre sur les montagnes de moyenne hauteur, la respiration devient plus fréquente , ainsi que la circulation ; les mouvemens sont plus vifs, le visage plus animé, l’appétit plus prononcé et la digestion plus facile. Mais l’habitation de ces lieux prédispose aux hémorragies et aux inflammations pulmonaires aiguës. Si on s’élève encore davantage au-dessus du niveau des mers, la respiration devient très-fréquente , pénible , haletante; le pouls s’accélère : on éprouve
PESANTEUR DE l’AIR. 8^
un malaise général et une grande débilité. On observe encore, dans ce cas, d’autres phénomènes qui doivent être soumis à la même cause ; telles sont de véritables hémorragies par le nez et les oreilles. Si enfin on passe sur des lieux encore plus élevés, alors la vie cesse , faute de trouver une assez grande quantité d’air respirable. En 1804, M. Gay-Lussac s’éleva, dans un aérostat, à une hauteur de 3, 600 toises au-dessus du nh'eau de la mer, et ne ressentit qu’une accé- . lération assez forte du pouls et de la respira- 1 tion. Mais alors il ne fit aucun effort musculaire; circonstance qui a dû singulièrement atténuer le danger de sa position. A cette hauteur, les végétaux ne peuvent plus vivre , et déjà, à 2000 toises, on ne rencontre plus qu’un gazon maigre et fin. Les habitans des plaines sont également exposés aux diverses variations de densité de l’atmosphère , et ces variations deviennent pour eux une cause incessante de maladies d’autant plus cruelles que nous possédons moins de moyens pour nous soustraire à leur influence. C’est ainsi que toutes les fois que le baromètre descend , nous éprouvons de la gêne dans la respira-
tion, de la fatigue, de rabattement, et que nous sommes peu propres au mouvement.
Les liquides animaux tendent à se dilater, font effort contre les parois des vaisseaux ; les veines se gonflent, et les sueurs s’établissent avec la plus grande facilité. Si l’abaissement du baromètre s’est opéré brusquement, alors tous les liquides du corps humain se dilatent avec rapidité et tendent à faire effervescence. C’est dans dépareilles conditions atmosphériques que l’on rencontre, ainsi que l’avait déjà observé Duhamel , un grand nombre d’apoplexies et d’hémorragies pulmonaires. Pour se mettre à l’abri d’une trop grande légèreté de l’air, il convient de changer d’habitation. Les tempéramens sanguin et bilieux, les individus disposés aux irritations des poumons et aux anévrismes du cœur, devront habiter les plaines et les vallées; tan* dis que les sujets scrofuleux, ceux qui sont d’un tempérament lymphatique, et tous ceux en un mot dont la peau jouit de peu d’activité, devront habiter préférablement des lieux assez élevés pour déterminer une accélération plus ou moins grande des mou* vemens respiratoires et circulatoires. Ceux
FLUIDITÉ DE l’aIR. 8g
au contraire chez qui le cerveau jouit d’une grande activité, et qui sont disposés aux congestions cérébrales , devront user de précautions toutes particulières lors des abaissemens barométriques considérables. Dans ces cas, ils devront éviter de trop surcharger l’estomac d’alimens excitans, de se livrer à i de trop grands efforts musculaires , et surtout de gêner la circulation eu portant des i vêtemens trop étroits.