DES VETEMENS
tissu lâche et velu conserve beaucoup mieux la chaleur que celui qui est trop serré et uni. De plus, il condense davantage la sueur. Ces propriétés lui viennent en partie de l’air qui se trouve logé dans ses interstices , et qui est mauvais conducteur du calorique.
Nous aurions beaucoup à nous étendre sur la meilleure forme à donner aux vétemens; car ici nous aurions beaucoup à blâmer et peu à approuver. Mais il nous suffira d’indiquer en peu de mots quelles formes sont préférables j>our le but qu’on se propose d’atteindre.
La tète étant le siège d’une transpiration plus ou moins abondante, il n’y a pas d’usage plus nuisible que de l’envelopper dans l’épais bonnet de l’Ecossais ou dans le turban du Turc et du Persan. Nos chapeaux ont moins d’inconvénient, mais il serait a désirer que les principes de la bienséance ne nous obligeassent pas à nous découvrir à tout propos, quelle que soit la fraîcheur du lieu où l’on se trouve. L’usage d’aller nutête est surtout favorable aux enfans, et cela » leur épargne bien des rhumes et d’autres inhygiène. y
i3o FONCTIONS DE NUTRITION, commodités. La nuit il faut peu couvrir la tête, surtout si on couche dans un appartement bien clos.
Il n’y a pas de mode plus funeste que celle qui consiste à porter des eravattes trop serrées. Dans ce cas, le sang lancé au cerveau par les carotides, ne peut revenir vers le cœur, et alors on est exposé aux congestions sanguines de la face, du cerveau, et même à des ophthalmies rebelles, à des céphalalgies, et, à la longue, aux apoplexies.
L’habitude contractée par les femmes de nos pays civilisés de porter des corsets , est la source d’une foule de maladies qui portent principalement leur action sur les organes de la respiration et delà circulation. Il faut avouer cependant que de nos jours la mode a fait des progrès qui sont tout à l’avantage des femmes, de telle sorte que la majorité des inconvéniens que présentaient les anciens corps ont disparu , et qu’anjourd’liui le corset n’est véritablement nuisible qu’à celles qui, par une coquetterie toujours mal entendue, se serrent outre mesure. Alors les mouvemens du cœur sont gênés, l’estomac et les intestins sont refou-
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lés; de là naissent la dypsnée, l’hémoptysie, la toux, les inflammations pulmonaires, la phtliysie, les anévrismes du cœur, le trouble des digestions, les engorgemens des viscères, les avortemens chez les femmes enceintes, et tous les accidens qu’ils traînent à leur suite. Les lois prescrivaient aux femmes romaines de quitter dès le Commencement de leur grossesse la ceinture qu’elles portaient habituellement (i).
S’il est une époque de la. vie où la compression des corsets soit funeste, c’est sans doute dans le jeune âge, où les organes, à peine développés, ne peuvent pas réagir avec assez de force contre les obstacles qu’on leur oppose. Il est vrai que, de nos jours, les médecins, de concert avec les philosophes, sont parvenus à faire entendre aux mères la voix de la raison pour le bien de leur enfant; mais elles ont été sourdes à leur propre intérêt. Pourquoi cela? C’est que l’amour maternel est un sentiment délicat qui remplit le cœur, tandis que la coquetterie est une passion qui le laisse vide
Il est encore une cause fréquente d’af-
(l) L'adjrclif enceinte signifie sans ceinture.
fections de poitrine ; c’est l’exiguité et la légèreté des manches que portent les femmes. Vu l’étroite sympathie qui existe entre les bras et les poumons , l’action du froid sur les membres thoraciques doit être rangée au nombre des causes déjà trop nombreuses des affections pulmonaires dont sont victimes un grand nombre de femmes. Encore si la mode était constante, le danger serait moindre et même presque nul ; car l’habitude, comme l’on dit communément, est une seconde nature; mais les modes changent, et il faut s’y soumettre.
11 est juste de reconnaître que les habits de l’homme sont plus favorables au maintien de la santé que ceux de la femme. Nos habits sont assez larges; on peut se mettre à l’aise dans son pantalon , des bretelles le soutiennent sur les épaules, et permettent de digérer en liberté. Cependant la compression qu exercent les culottes ou les bas aux jarrets, et les chemises aux poignets , peut être nuisible, en portant obstacle à la libre circulation des humeurs.
L’habitude de porter des chaussures trop étroites est nuisible, en ce que les pieds sont
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comprimés , d’où résultent des cors ou des durillons. Un soulier ne doit être ni trop grand ni trop étroit, être fabriqué avec un cuir doux et imperméable, car l’humidité des pieds peut porter atteinte à la santé. On doit porter des bas de fil, de coton ou de laine, selon les circonstances.
En hiver, les habits doivent être immédiatement appliqués sur le corps, afin d’empêcber la déperdition delà chaleur animale, tandis qu’en été ils doivent être larges et flottans.
§ Y. — Des bains.
Us consistent dans l’immersion et le séjour plus ou moins prolongé du corps dans l’eau. Us ont pour effet immédiat de nettoyer la peau ; et leur effet médiat consiste à faciliter la transpira' ion insensible et les i sécrétions folliculaires. Us forment autour du corps une atmosphère plus dense et plus pesa te que l’air, qui fait qu’à égale température, nous ressentons plus vivement les impressions du froid et du chaud. Us empêchent le contact de l’air sur la peau, et s’opposent par conséquent à la décomposition
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de ce fluide, ainsi que nous l’avons dit plus haut. Au moyen de l’absorption , ils fournissent à l’économie une quantité d’eau qui varie selon leur température. Ils imprègnent la peau d’eau par une sorte d’imbibition, l’assouplissent, l’adoucissent et la rendent plus impressionnable.
Le bain très-froid est au-dessous de io° R. On doit , avant de le prendre, faire un léger exercice, mais qui ne doit pas porter jusqu’à la sueur, s’en retirer au deuxième frisson, s’habiller promptement et marcher de nouveau. Ce bain ne convient qu’aux personnes qui jouissent d’une bonne santé, à moins qu’on ne le prenne pour remplir une indication thérapeutique. Son effet est de refouler les forces à l’intérieur. On sent alors une céphalalgie intense, une pression à l’estomac, des douleurs dans tous les membres ; les mouvemens du cœur sont précipités. La réaction s’opère plus ou moins long-temps après que l’on est sorti du bain, et toutes les fonctions reprennent leur type, mais elles ont augmenté d’énergie; on se sent alors léger et dispos.
Le bain froid, qui est de io à i5 ou 20°
R. , a les mêmes propriétés que le bain trèsfroid ; mais ses effets sont moins marqués. C’est la température du bain que l’on prend , en été, dans les rivières ; il est très-salutaire , augmente les forces et donne de l’énergie à tous les organes; de même que le bain très-froid, il faut le prendre après un léger exercice , qu’il convient de répéter après , surtout si on n’est pas très-fort. On doit en sortir après le deuxième frisson , ne pas le prendre pendant le travail de la digestion stomacale, c’est -à - dire, qu’il faut laisser s’écouler au moins quatre heures après avoir i mangé, et se mouiller la tête, afin d’éviter les congestions cérébrales.
Pour que les bains froids soient salutaires, il faut que les forces soient suffisantes pour opérer une réaction. On doit voir, d’après cela, qu’ils ne conviennent pas auxpersonnes faibles et valétudinaires, et encore moins aux enfans qui se trouvent dans cet état. On a argué de l’exemple des sauvages qui trempent leurs enfans dans l’eau glacée, et leur conservent par ce moyen une constitution vigoureuse ; mais les pratiques des sauvages ne conviennent pas toutes à l’homme
l36 FONCTIONS UF. NUTRITION, civilisé qui a déjà subi l’influence de nombreuses causes destructives. D’un autre côté, il ne faut pas même, lorsque la santé est disposée le plus favorablement possible, aller se jeter dans l’eau froide de prime-abord ; on doit s’y habituer par degrés ; sans cela il peut en résulter des accidens fâcheux : c’est ainsi qu’étant portées jusqu’à l’exagération, et employées sans discernement , les meilleures choses ont toujours des conséquences funestes.
Les bains de rivière ont un effet éminemment fortifiant : le cours de l’eau, en frappant continuellement les membres, leur imprime delà vigueur; de plus , l’exercice de la natation, à laquelle on se livre le plus souvent, ajoute encore à sa bonté. Nous y reviendrons à l’article de la Gymnastique.
Les bains d'eau de mer ont , avec les propriétés de ceux d’eau courante, l’avantage de stimuler un peu la peau par les sels que l’eau contient. Il en est de même à peu près des bains d’eau minérale. Il faut joindre à ces avantages ceux, non moins grands, du changement de climat, des habitudes, des distractions qui se rencontrent aux sources
BAINS DE MER. iZj
fréquentées, etc., etc. C’est pour cela qu’il est si difficile d’obtenir, par les eaux minérales factices, ce que produisent les eaux naturelles lorsqu’elles sont prises à la source.
Le bain tiède , ou de 20 à 25° R., n’a pas d’effet bien marqué; il serait plutôt débilitant que tonique. On ne l’emploie guère que comme moyen de propreté et pour nettoyer la peau du résidu de la sueur et de la poussière qui la salissaient. Il assouplit la peau,
. repose les membres , modère la circulation, tempère les sens et les fonctions du cerveau, augmente l’activité du sens du toucher en rendant la peau plus sensible ; aussi faut-il la garantir soigneusement du conjact de l’air, après le bain.
Le bain chaud, qui est de 2.5 à 3o 0 -f- o R. et au-dessus, a les mêmes effets immédiats que le bain très-froid , et pourrait en avoir les suites fâcheuses ; il n’est guère employé qu’en thérapeutique, Les Romains, au sortir du bain chaud, se jetaient dans l’eau froide ; les Russes se roulent dans la neige. Nous ne croyons pas cette pratique sans danger lorsqu’on n’y est pas habitué. On l’avait conseillée pour favoriser la coction
des alimens ; mais ce n’est que d’après des idées fausses sur le mécanisme de la digestion, que l’on a accordé celte propriété aux bains chauds.
Pour compléter tout ce que nous avons à dire des bains, il nous reste à parler des étuves , des bains partiels et des lotions.
A. Etuves. On les distingue en sèches et en humides. Les premières ne sont autre chose que des chambres fortement chauffées, où on se place dans l’intention de provoquer des sueurs abondantes. Employées chez nous avec succès, mais seulement comme moyen thérapeutique, les Turcs, les Finlandais et les Russes s’en servent dans un but hygiénique. Les étuves humides consistent également dans des appartemens trèséchauffés où l’on s’expose à l’action de la vapeur de l’eau ; elles consistent en ce que nous appelons bains de 'vapeur. Les effets de l’étuve sont analogues à ceux du bain , si ce n’est qu’il n’y a ni pression ni densité; et comme ce sont ces deux conditions qui font que le bain ne peut être supporté au-delà d’une température à peu près égale à celle du corps, il en résulte que du moment où
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elles ne se rencontrent point dans l’étuve, il est nécessaire, pour qu’elle produise l’effet désiré, qu’elle soit beaucoup plus chaude que le bain.
L’étuve sèclie n’humecte la peau qu’autant que son action est assez forte pour provoquer la sueur, tandis que dans l’étuve humide, la peau est presqu’ aussitôt humectée par la vapeur d’eau , qui vient se conden- I ser à la surface du corps.
Si on n’expose à l’action de l’étuve qu’une partie du corps, pour que ses effets ordinaires se manifestent, il devient indispensable ou d’y rester beaucoup plus long-temps, ou d’élever davantage la température.Lorsqu’il s’agit plutôt d’irriter la peau que de déterminer beaucoup de perte, il convient d’avoir recours à l’étuve sèche, tandis qu’on emploie l’étuve humide dans les>circonstances opposées.
B. Bains partiels. Par là on entend les bains où l’eau n’arrive que jusqu’à l’ombilic, ce sont les demi-bains ; ceux où le bassin et la partie supérieure des cuisses plongent seuls dans l’eau, ce sont les bains de siège; et enfin les pcdiluves et les manuluves, qui
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consistent dans l’immersion des pieds et des mains. Ces deux dernières espèces, mais surtout le manuluve, ne sont employées cpie comme moyen thérapeutique :
aussi n’en parlerons-nous pas. L’effet produit par le demi-bain et le bain de siège est le même que celui du bain entier, si ce n’est que son action se borne aux parties qui plongent dans l’eau. Toutes les fois qu’on veut activer les fonctions de la peau, chez des individus que le bain entier incommode, il convient d’avoir recours au demi-bain ; le bain de siège sera conseillé avec avantage aux femmes dont on voudra faciliter l'exhalation menstruelle, et chez celles qui sont en proie à des irritations chroniques des organes de la génération.
C. Lotions. Elles consistent dans l’acte de laver les différentes parties du corps, soit en les plongeant dans l’eau, soit en recevant sur elles l’affusion de ce liquide, et en exerçant sur la peau des frictions propres à la débarrasser des substances étrangères dont elle est couverte. On les pratique tantôt avec la main seule, ou avec la main munie d’un linge ou d’une éponge; quelquefois on se