LOTIONS
sert de l’eau simple soit froide soit cliaude, et d’autres fois on ajoute à l’eau diverses substances dont nous parlerons à l’article Cosmétiques.
.L’eau pure, soit froide, soit tiède, doit seule composer la matière des lotions dans l’état de santé; elles doivent être pratiquées sur les parties du corps qui sont le plus exi posées à l’action des corps extérieurs : tels que le visage, les mains, la tête, et sur celles où se trouvent beaucoup de glandes sébacées et de poils, comme les parties génitales, le périné, l’anus. Les pieds doivent aussi être souvent lotionnés , c’est-à-dire qu’on doit les laver au moins une fois par semaine.
Dans le jeune âge , les lotions doivent être tièdes, repétées tous les jours; et à mesure que l’on avance en âge, il convient de s’habituer graduellement à les supporter froides.
§ VI. — Pratiques accessoires des bains.
En France, aucune de ces pratiques n’est usitée comme moyen hygiénique ; néanmoins, comme quelquefois elles peuvent être avantageuses, il est bon d’en traiter ici. Ces
l/|2 FONCTIONS DE NUTRITION, pratiques consistent dans les affusions, V épilation, la flagellation , le massage, les frictions et les onctions.
A. Affusions. Pratiquées sur toute la sursace du corps après le bain chaud, ainsi que le font les Russes et les Finlandais , elles ne font que détruire l’irritation qu’avait amenée à la peau la chaleur du bain et les autres pratiques dont nous parlerons plus bas. On les fait avec de l’eau froide sur toute l’étendue du corps, mais ainsi elles ne sont d’aucune utilité; cependant on a vu des personnes faibles conquérir une santé florissante par la pratique bien ménagée d’affusions générales fréquemment répétées, mais sans au préalable s’être mises dans le bain cliaud : et pour que dans ce cas elles produisent l’effet désiré, il convient, aussitôt l’affusion terminée, de se mettre dans un lit très-chaud , afin d’établir vers la peau une vive réaction et même des sueurs abondantes. Les affusions froides sur la tête, le corps étant plongé dans un bain , sont souvent utiles chez les personnes sujettes aux congestions cérébrales.
B. Epilation. Cette pratique fort ancienne,
ÉPILATIOS. 143
et généralement abandonnée par les peuples occidentaux, consiste à débarrasser la peau des poils ou accrus ou surabondans, sur des parties qui en sont habituellement privées ; elle n’est jamais utile, et les moyens que l’on emploie à cet usage étant tous pris dans la classe des caustiques, ils ne sont jamais sans danger. Il y a cependant encore parmi nous quelques femmes coquettes qui réclament les avis du médecin pour les débarrasser de ce qu’elles regardent comme étant contraire à la beauté. C’est alors au médecin à leur donner les conseils qu’il croira être les moins nuisibles; mais dans un livre qui peut tomber dans les mains des gens du monde, nous ne devons pas faire connaître les moyens qui seraient évidemment nuisibles, si leur emploi n’était dirigé par un homme habile et surtout réservé.
C. Flagellation. Complètement abandonnée de nos jours , si ce n’est par les libertins qui vont chercher dans ce moyen de nouvelles forces pour se livrer à la brutalité de leurs sens , la flagellation n’est employée comme moyen hygiénique que par les Russes. En sortant de l’étuve humide et avant
de se faire laver à l’eau tiède et froide , ils se font fouetter avec des verges de bouleau assouplies dans l’eau. Cette pratique a pour effet d’irriter la peau au point de l’amener à un véritable état d’inflammation. Son utilité est donc plus que douteuse, tandis que ses inconvéniens sont nombreux; car une irritation aussi vive de la peau se répète surtout sur les organes génitaux, et porte singulièrement aux désirs vénériens. Elle doit donc être proscrite à tout âge et dans toutes les conditions de la vie : mais surtout chez les femmes, les enfans et les adolescens.
D. Massage. Beaucoup de peuples conservent encore cette pratique, qui consiste, au dire des voyageurs , dans le pétrissage de la peau, des muscles et des articulations; mais il faut que cet acte soit fait avec une certaine habileté. 11 paraît que le massage procure un grand bien-être à celui qui y est soumis, qu’il dissipe la fatigue et rend plus propre aux mouvemens. Comme moyen thérapeutique, cette pratique doit être précieuse dans les gonflemens chroniques de la peau , du tissu cellulaire , les fausses ankiloses les engorgemens lymphatiques : elle peut aussi
MASSaGSe. 145
être utile à la suite des fatigues musculaires poussées à l’excès.
E. Frictions. Elles consistent dans des frottemens exercés sur toutes les parties du corps avec la main , des brosses à poil fin ou de la flanelle. Beaucoup de peuples les ont employées et les emploient encore; elles ont pour effet d’achever le nettoiement de la peau , d’appeler le sang dans les capillaires de cette membrane, de titiller légèrement les houppes nerveuses, d’exciter les absorbans et de débarrasser les exbalans de tout ce qui peut s’opposer à leur action. Pratiquées après le bain froid , elles favorisent le développement de la réaction , et après le bain tiède, elles s’opposent au refroidissement. Elles sont utiles à ceux qui mènent une vie sédentaire, aux vieillards, aux lymphatiques; elles ont aussi l’avantage d’amortir certaines douleurs, de procurer le sommeil, et enfin de porter aux actes vénériens.
F. Onctions. Elles consistent dans l’application de substances grasses , telles que l’huile , la graisse, le beurre, sur des parties en même temps soumises aux frictions. Les anciens les employaient beaucoup ; mais de nos jours
HYGIÈNE
146 fonctions de nutrition.
elles sont complètement abandonnées. Les athlètes pensaient que les onctions rendaient leur corps plus souple, plus glissant , et qu’elles s’opposaient à la déperdition rapide de la sueur après le bain. Des expériences récentes permettent de révoquer en doute ce dernier point. On a remarqué que dans diverses pestes les marchands d’huile et les fabricans de chandelles n’étaient jamais atteints par la contagion ; d’où l’on a été conduit à employer l’huile extérieurement et intérieurement quand la peste est développée. Les onctions préviennent les gerçures delà peau, éloignent et font périr les insectes , dissipent les douleurs qu’occasionent, à certaines personnes, les vicissitudes atmosphériques. On s’en sert souvent et utilement en thérapeutique. Mais ceci sort de notre sujet.
§ VII. — Soins qu’exigent les productions épiderrnoïques. Cosmétiques.
Les cheveux, la barbe et les ongles, sont les productions dont nous devons actuellejneiit nous occuper. A leur histoire se rat-
PRODUCTIONS F.PÏDERM. COSMETIQUES. 1 ^
tachent incontestablement toutes les substances appelées cosmétiques , et dont le but est d’entretenir la fraîcheur de la peau , donner à certaines parties la tonicité qu’elles ont perdue, et revêtir l’extérieur du corps de l’apparence des charmes qui n’existent plus.
A. Cheveux. Les cheveux, mauvais conducteurs du calorique, ont pour usage de préserver la tête de l’action du chaud et du froid , et d’amortir les coups que l’on peut recevoir sur l’enveloppe crânienne. Ils exigent des soins particuliers auxquels certaines personnes croient pouvoir se soustraire sans inconvénient, tandis que d’autres les poussent à l’excès. La coupe des cheveux a pour effet constant d’augmenter la vitalité du bulbe, d’exciter légèrement la peau de la tête, et de faire pousser le cheveu plus vite. Cette coupe n’a pas d’inconvénient, toutes les fois qu’elle est pratiquée sur un individu sain , à des époques régulières et hors le temps des grands froids. Coupés trop fréquemment, chez les enfans, les cheveux s’épaississent, la force exhalante delà peau du crâne augmente, ce qui donne souvent
1 48 FONCTIONS DE KUTRITION.
lieu aux affections connues sous le nom de gourme, que le peuple a la sottise de croire nécessaire à l’entretien de la sanlé des enfans. Cet état d’excitation permanente du cuir chevelu amène la chute prématurée des cheveux; car, dans l’état de santé, les phénomènes qui accompagnent la chute des cheveux dénotent tous un excès de vitalité maladive du hulbe. Pendant les maladies et les convalescences , la coupe des cheveux peut avoir de graves inconvéniens. Dans ces circonstances, il conviendra donc de s’en abstenir. 11 en est de même de ceux qui ont contracté l’habitude de porter une longue chevelure et la suppriment brusquement.
Alors ils sont exposés à des maux de dents , . de gorge , d’yeux , et à des migraines.
Les soins que réclament les cheveux se réduisent donc à maintenir dans un juste équilibre les fonctions du cuir chevelu. Pour cela , il suffit de les peigner et de les brosser journellement, et quelquefois de les laver avec de l’eau pure ou de l’eau savonneuse, à une température assez élevée pour ne point ressentir ni l’action du froid ni celle du chaud. Quant aux cosmétiques, tels que
CHEVF.UX.
les pommades et les huiles dont on fait un usage si abusif, ils ne présenteraient pas de grands inconvéniens sans les arômes dont ils sont saturés, et qui , chez quelques personnes , amènent des incommodités plus ou moins graves, dont nous parlerons en traitant de l’odorat.
Chez l’enfant, et quelquefois chez l’adulte, les cheveux deviennent souvent le siège d’un insecte parasite appelé poux, que quelques personnes considèrent, à tort, comme un moyen de dépuration employé par la nature pour débarrasser les enfans des humeurs qu’elles supposent les obséder. Il n’en est rien. Les poux, par les démangeaisons qu’ils occasionent, deviennent une cause d’excitation , qui ne peut qu’être nuisible et amener les accidens que l’on redoute. Les gens du monde, et même quelques médecins, emploient , contre la multiplication de ces insectes, une foule de médicamens qui tous offrent des inconvéniens. Le seul moyen que l’on puisse mettre en usage sans danger, est de couper les cheveux s’ils sont trop longs, et de peigner l’enfant avec soin.
La perte des cheveux, en nous découvrant
l50 FOJVCTIOKS DE MUTRITtON.
la tête, nous expose à tous les aceidens que nous axons dit être la suite de l’action du froid sur la peau. La perruque est évidemment le meilleur moyen de se préserver de cette fâcheuse influence. Une perruque ne doit jamais être trop lourde, ni trop serrée. Le bon sens a fait justice de ce bizarre échafaudage qui, dans le siècle dernier, faisait l’une des parties essentielles de la parure de nos ancêtres. Ces énormes coiffures, en concentrant la chaleur sur la tête, par leur énorme poids, ne pouvaient que contribuer puissamment à tenir le cerveau dans un état de congestion permanente. Mais lorsqu’il n’y a qu’une partie du crâne de dénudée, , on fait usage d’un faux toupet, dont l’action préservatrice est exactement identique à celle des perruques.
Tous les cosmétiques qui ont été proposés à la confiance publique , dans le but de faciliter la pousse des cheveux , ne sont qu'un leurre toujours inutile et quelquefois dangereux. Si les cheveux sont tombés par suite d’un défaut de nutrition, rien au monde ne peut les faire renaître; et dans le cas contraire, ils repoussent d’eux-mémes. On a